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      Le 7 septembre, inédit en France Confessions                       Frantz : Affiche Le 7 septembre

     

                                     Secret. Mensonge. Silence. Illusions. Espoir. Confession. Pardon. Guerre. Lâcheté. Mystère.

    Les mots venus à l’esprit dans cet ordre signent indifféremment Le confessioni et Frantz, deux œuvres d’une élégance froide et distanciée.

    Que ce soit au 21ème ou au début du 20ème siècle, les époques respectives des films de  Roberto Andò  et de François Ozon, un homme et une femme se tournent vers un guide spirituel à un moment crucial de leur vie.

    La confession est le cri de l’âme. Jusqu’à quelle hauteur veut aller votre cri, demande le confesseur au directeur du Fonds Monétaire international. La démarche de l’ordonnateur de l’économie mondiale est intéressée. Daniel Roché quémande le pardon divin pour avoir perpétué un système inégalitaire fondé sur l’exploitation des plus pauvres. Le financier prétend acheter la collaboration de Roberto Salus, le moine chartreux convié au sommet économique. En associant des personnalités de la société civile aux travaux du G8, le gourou des dirigeants caresse l’espoir de conférer une touche d’humanité à une réunion qui en manque cruellement.

                                                                                                                                                           Je n’ai rien à vendre, je n’ai que ma chasuble, mes sandales et mon silence, réplique l’énigmatique ecclésiastique.

    Votre mensonge part d’une intention pure, mon enfant. Dire la vérité serait gâcher le bonheur renaissant  de braves gens. Nous sommes en 1919, dans une bourgade allemande qui pleure ses fils tombés dans les tranchées.

    Anna ne cherche pas l’absolution, elle sollicite un conseil sur la conduite à suivre, en proie à un dilemme cornélien. La fiancée de Frantz croise Adrien au cimetière.Tous deux se recueillent sur la sépulture du jeune amoureux mort dans les tranchées. Anna invite Adrien à évoquer l’amant et le fils défunts. Anna vit chez ses beaux-parents une existence triste et terne.

    Le père de Frantz ravale son hostilité à l’égard de l’ennemi honni, au contraire de la population locale. Adrien ressemble tellement à Frantz, au caractère timide et tourmenté. La compagnie du Français réjouit les cœurs meurtris. Le trio scelle un pacte franco-allemand avant la lettre. Anna s’autorise à envisager un nouvel amour.

    Nous leur avons volé leurs rêves, laissons-les au moins garder leurs illusions, dit le patron du FMI, en guise de préface au G8. L’illusion d’une économie redistributrice de richesses, repensée en vase clos, selon les critères des nantis. La velléité de congédier

     la lâcheté du pouvoir, entretenue par le secret et les compromissions. slide_le_confessioni_06

    Anna nourrit l’illusion de lendemains pacifiés, érigés sur l'intimité secrète d’êtres pudiques. Anna s'ébroue, Adrien s’enlise, incapable de se défaire des rets de la culpabilité et du conformisme.

                                                                   Frantz : Photo Paula Beer, Pierre Niney

    Les deux cinéastes cultivent le mystère jusqu’au terme d’histoires intrigantes, entourées d’un glacis émotionnel, compréhensible dans la description du pouvoir mondial, agaçant dans le mélodrame post 14-18. Frantz aurait gagné en empathie si l’entomologiste Ozon avait laissé sa caméra pleurer un peu. Paula Beer illumine Anna, une vraie révélation; Toni Servillo confirme en deus ex machina.

    J’absous facilement Roberto Andò ; je confesse un faible pour le cinéma politique italien en timide renouveau, même quand il pêche par excès démonstratif.  

                                                                                           

    Les citations du jour:

                                                                       Le silence est d'or... et endort. (Proverbe remanié)

                            Chacune de ces amours  est le début oublié d'une histoire qui n'est jamais racontée. (Jens Christian Grøndahl)


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