• Vignette aixoise

    Je vous livre avec peu de liens hypertexte et illustrations, étant limité dans mes ressorts informatiques, une ambiance d'Aix-en-Provence où je réside en formation aux thérapies narratives.

    J'ai calé hier soir au seuil du Mazarine, salle d'art et essai locale qui diffusait Victoria. Des spectateurs au sortir de la projection,ont renforcé mes réticences à voir un film pour sa seule prouesse technique, tourné en une seule prise de 140 minutes. En fait, il y aurait trois prises. Qu'importe, c'est un réel tour de force. C'est insuffisant pour créer une réelle envie. Ou devrais-je dire que je ne suis pas d'humeur à voir ce film maintenant.

    Un lecteur enthousiaste de mon livre, Le cinéma, une douce thérapie, me disait ne plus aimer La Terrasse, d'Ettore Scola qu'il avait adoré en 1980 et repoussé après l'avoir vu récemment. La Terrasse

    Rien d'étonnant. Ce bilan existentiel pessimiste n'était pas en phase avec l'état d'esprit de mon interlocuteur, en pleine reconversion professionnelle, débordant d'énergie et passionné.

    Un peu dans le même état d'esprit, je fuis un cinéma qui pourrait altérer un moral au beau fixe. Donc, je reporte Victoria.

    Nous avons nos visions intimes, dominées par notre histoire personnelle, notre milieu social, notre tempérament, nos préoccupations de l'heure. Nous attribuons un objectif particulier à la séance, déterminé par l'humeur du moment. Nous montons ou descendons la gamme des émotions à notre guise.

    Si vous n'y avez jamais prêté attention, observez la façon dont vous vivez un film au cinéma :

    Regardez-vous passivement un film ou y a-t-il interaction entre l’écran et vous?

    Etes–vous en immersion immédiate ou progressive ?

    Perdez-vous le fil ou restez-vous concentré? Ruptures ou contact continu ?

    Ressentez-vous des sensations corporelles (agitation, maux de tête, tension, détente, assoupissement…) ?

    Sur quoi ou sur qui êtes-vous centré(personnages, décor, musique...)

    Ces questions, je les poserai probablement aux lecteurs de la Librairie Goulard où je signe mon livre aujourd'hui. La rencontre avec les lecteurs est la récompense incommensurable de l'essayiste solitaire. Je ne m'en lasse pas.

     

     

     

     

     

     


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