• Vers la clarté

     

     

     

    J’ai vu le dixième et dernier épisode de la série Jordskott, la forêt des disparus. J’ai appris entretemps qu’une deuxième saison avait vu le jour, après le succès de la première. Un flop. Normal. C’est trop noir, trop long, trop (é) tiré par les cheveux. J’ai regardé un épisode par jour, puis les quatre derniers sur deux jours. L’instinct maternel est montré à son paroxysme, dément, démesuré, meurtrier. C’est l’axe principal de cette mi-saga qui puise abondamment dans la mythologie suédoise.

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    Je retiens aussi quelques thèmes, en écho de la pandémie actuelle.

     « Nous devons affronter une maladie jamais vue auparavant.» La nature blessée châtie l’homme : les esprits de la forêt meurtrie reprennent une vie pour une vie.

    La fin justifie les moyens. Les protecteurs des créatures de la forêt utilisent des méthodes peu recommandables de même que les âpres au gain. Nos dirigeants sont très soucieux de rassurer, d’assurer l’après. Les citoyens ont peur de la maladie, du chômage, de la faillite.  Les gouvernements s’apprêtent à inonder l’économie et l’hôpital sous une pluie de milliards.

    Bruno Cautrès, chercheur en sciences politiques observe que "La gestion de la peur est devenue une donnée presque permanente de l'action politique…

    … La légitimité du pouvoir, les mécanismes de sa légitimation, le consentement à l'autorité sont d'ailleurs parmi les domaines de l'analyse politique les plus essentiels ; ils concernent à un titre ou à un autre la gestion de la peur et de la crainte.  (JDD en ligne du 28 mars 2020)

     

                                                                                   Les débats s’annoncent houleux entre les partisans de l’orthodoxie budgétaire et les défenseurs de l'assouplissement des normes. L’échec  des négociations entre la grande distribution et ses employés sur les conditions de travail en période de pandémie prouve que chacun continue à défendre ses propres intérêts. Des arrêts de travail sont prévisibles dans les supermarchés en Belgique.  

    La CGT services publics en France a déposé un préavis de grève pour avril.

    Les ambulants attaquent l’État français sur sa décision de supprimer les marchés en plein air. Çà promet. Nous devrons attendre l’amortissement de la crise pour poser les jalons d’un changement de consommation et de production. C’est le moment de revoir La crise et La belle verte de Coline Serreau. L'industrie numérique profite des circonstances pour pousser ses pions : traçage des individus, récolte de données médicales via smartphone, sous couvert de santé publique. Confidentialité assurée. À vérifier.

     

    Les télés adaptent leurs programmes. Elles les saupoudrent d’humour et de légèreté. La trilogie La septième compagnie envahit les cases. De Funès a rejoint la troupe, Bébel, aussi. J’ai enregistré Nous irons tous au paradis. Et si je regardais plutôt Alexandre le bienheureux,  une valeur sûre, un message clair. Tiens, ce sont deux films d’Yves Robert. Des émissions de variété long format nous ramène aux années 70 ou aux années disco. Si on s’endort devant le poste, on appuie sur la touche enregistrer.

     

            Nous irons tous au paradis : affiche                    La belle verte : Affiche Coline Serreau                         Alexandre le Bienheureux : Affiche

     

    De toute façon, on a le temps de regarder après. Le silence a colonisé la voirie. Moins de bruits, place aux sensations et aux perceptions réanimées. La tension derrière le sourire de la boulangère, l’ambiance pesante d’un magasin désert, l’humour du maraîcher, l’envie de parler dans une file espacée. Le regard fuyant de certains, le bonjour joyeux de mines sereines.

    Le ralentissement gagne du terrain. Il était nécessaire, mais que c’est cher payé.

    « Le virus s'impose à une vitesse exactement proportionnée à l'intensité des échanges et circulations auxquels nous nous sommes désormais habitués. Le philosophe Laurent  Bibard ajoute : nos croyances les plus enracinées en les vertus et l'inévitabilité de la mondialisation sont battues en brèche » (JDD en ligne du 28 mars 2020).

    Il nous faudra digérer la potion ingurgitée de force. Des universités et des cinéastes recueillent le témoignage de volontaires. Gabriele Salvatores tourne un documentaire collectif  Viaggio in Italia, en coproduction avec la RAI, télévision de service public italienne. L’idée est de dresser un tableau polyphonique de l'expérience que nous sommes en train de vivre

    Forza Italia !

     

    La chanson du jour, en deux moutures,      Elton John - Elton John.jpg

     

    My gift is my song and this one's for you. (Mon cadeau est ma chanson et celle-ci est pour toi).

    une douce

    une entraînante .

    Choisissez ou alternez.

    Difficile de connaître la joie si on n’a pas éprouvé la tristesse

     

     

     


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