• Vas-y, fonce

     

                                                                              http://www.legenoudeclaire.com/wp-content/uploads/2016/03/medecin-de-campagne-affiche.jpg

    Stop ! Arrêt sur images. Jean-Pierre visite les écrans belges et français dès demain. J’ai adoré cette chronique d‘un médecin de campagne. François Cluzet parle avec feu de son rôle, de la désertification médicale en région rurale, de ces personnages incarnés qui l’aident à «devenir un homme bon».                                                                                                                                                                                                                   

    Les personnes isolées apprécient le passage de leur médecin, c’est souvent le seul moment où elles trouvent à qui parler. Le film a été tourné à Chaussy, dans le Val d’Oise, à une heure de Paris. Une projection spéciale a eu lieu sur place en présence du cinéaste, du médecin local et de ses patients.  Ceux-ci étaient fiers d’être à l’honneur. "Tous ces patients occupent notre esprit et c'est avec eux qu'on s'endort le soir" raconte le  généraliste de Chaussy.

    Arrêt sur clavier. J’augmente le son de la radio. Flash spécial. Double explosion à l’aéroport de Zaventem. Plusieurs blessés. Évacuation générale. Attentat ou accident ? Je coupe. Silence. Une chape sur mes épaules. Ça ne finira donc jamais…

                    Je reprends mes notes. François Cluzet me relance.

     "Il y a des salauds et des cons un peu partout, en attendant il y a des gens magnifiques et je pense que la vertu principale de ce film est la fraternité."

     

    Eddie Edwards, dit The Eagle Eddie the Eagle Edwards may perform stunts in biopic — Gloucester ...

                                                                          Eddie the Eagle: Hugh Jackman nella nuova featurette  Taron Egerton , Eddie à l'écran.

    Mon antidote du jour, parler de films fraternels. Je vois un lien entre médecin de campagne et Eddie The Eagle (30 mars en Belgique, 4 mai en France) : une passion obsessionnelle  au péril de son intégrité physique.

    Médecin de campagne, c’est jour et nuit, ça s’apprend sur le tas, explique Jean-Pierre à Nathalie, venue donner un coup de main au titulaire malade.

    -Moi, je veux être olympien, décrète Eddie, à la face de  ses parents.

    -Tu n’es pas un athlète, réplique le père plâtrier.

    Effectivement, Eddie est malingre, pataud, faible des genoux. Qu’importe. Dès sa prime enfance, il rêve de participer aux Jeux Olympiques. Il exerce son souffle en apnée dans la baignoire, il saute en hauteur, en longueur, trois fois en longueur sur des sautoirs bricolés et se prend des gamelles impressionnantes. Le père tonne, la mère soigne.

    Eddie Edwards Fou mais pas dément, Eddie réajuste ses ambitions, il ira aux JO d’hiver, en saut à ski.     La dernière participation de la Grande-Bretagne dans cette discipline remonte à 1929. Eddie vise les jeux de Calgary 1988, il a un an devant lui là où les professionnels ont commencé à quatre ans. Il part franc-battant à Garmisch-Partenkirchen, la Mecque du saut. Il emprunte la camionnette de papa, lesté du compte-épargne familial que maman a vidé, en soutien compréhensif de son  formidable fiston. Le père fulmine.

    Michael «Eddie» Edwards réussit un saut au tremplin de quinze mètres, se dit que ce n’est pas aussi difficile que ça en a l’air et tente quarante mètres aussitôt. Une chute plutôt douloureuse l’incite à prendre un entraîneur. Ce sera Bronson, un talent fou, qui s’est brûlé les ailes, en étant dilettante aux yeux du sélectionneur olympique. Bronson cuve sa déception dans l’alcool et le cynisme.     

    Deux solitudes se rencontrent et s’épaulent. 

    Eddie réussit le minimum olympique malgré les critères revus à la hausse. La fédération britannique le rejette : « Pas de pitre dans la délégation. Vous êtes une honte pour ce sport, les JO, ce n’est pas pour les amateurs.» Pierre de Coubertin s’est retourné dans sa tombe, lui qui proclamait

    "L’essentiel n’est pas de gagner mais de participer, car l’important dans la vie ce n’est point le triomphe mais le combat ; l’essentiel n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu".

    Eddie se bat jusqu’à l'impensable, force son destin, gagne les faveurs du public et termine bon dernier aux tremplins à septante et nonante mètres. Il bat les records olympiques nationaux. Il tient sa revanche, détrompe tous ses détracteurs;  il a saisi son momentum,

    comme disent les Anglais. C’était maintenant ou jamais.  Athlètes olympiques juristes, acte II - LegalWorld - Jura - Kluwer

    La caméra subjective rend bien le vertige éprouvé à contempler la terre à cent mètres de hauteur, le tremplin démesurément large et long, le public paraissant une colonie de fourmis au pied de la piste. Quel cran, quel culot, quelle inconscience pour s’élancer dans le vide quand on n’a jamais sauté ou presque. Inimaginable.

     

                                       

    Bon, ça c’est du cinéma. Oui et non. Eddie The Eagle a réellement existé, pas l’entraîneur dans le film. Hugh Jackman s’est coulé facilement dans le personnage, il admirait Eddie et rêvait également d’aller aux Jeux. Cette aventure improbable transposée sur grand écran soulève l’enthousiasme tellement la détermination et la foi d’Eddie épatent le commun des mortels dont il fait partie.  

    «Tu y crois plus que les autres, dit Bronson. Vas-y,  saute à nonante mètres, ce n’est jamais que vingt mètres de plus, les gestes sont les mêmes". Et le gosse de Cheltenham y va.

    Les salles françaises sortent d’abord une autre épopée olympique surprenante. Good Luck Algeria (30 mars en France et 13 avril en Belgique) brasse plus large en abordant la bi-nationalité, la petite entreprise, le dépassement de soi. Profitez des vacances de Pâques pour faire le plein de bonnes sensations avec deux médecins et deux élites olympiques battant dur comme fer sur leurs vocations.

              Mon épouse rentre.

    ... tu sais pour Bruxelles, dans le métro...

        Je rallume la radio...  Il est 11h07.

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :