• Vaiana, Elsa, Anna, Lerinda, les nouvelles rebelles Disney

     

                                                                   

    Je retire à Vaiana les préjugés malveillants que je lui avais collés sans l’avoir vu. La princesse des îles est un excellent Disney dans la lignée de la La reine des neiges. J’attendais le feu vert de mon fils, de son épouse et de leurs quatre petits enfants pour rejoindre les millions de spectateurs attirés par cette héroïne intrépide et aventurière. Nous étions neuf dans la salle à la séance de onze heures dimanche, cinq enfants et quatre adultes. Les enfants (entre quatre et sept ans) n’ont pas bronché, sauf le plus petit qui s’est réfugié dans les bras de maman quand le monstre crachait du feu. Une fillette métisse s’est trémoussée sur les tam-tams du générique final.

    Oui, les bleus sont criards à mon goût mais la palette de couleurs chatoyantes convient à la luxuriante nature polynésienne, berceau de Vaiana. Malgré l’attachement à sa terre et à son peuple, la fille du chef suit le bleu lumière de la chanson titre :

    « J’ai beau dire « je reste, je n’partirai pas »
    Chacun de mes gestes, chacun de mes pas
    Me ramène sans cesse, malgré les promesses
    Vers ce bleu lumière                                  

    L’horizon où la mer touche le ciel et m’appelle
    Cache un trésor que tous ignorent
    C’est le vent, doucement, qui se lève et me révèle
    Le bleu de l’eau
    Si je pars, j’irai plus loin et toujours plus haut…
    …Moi, je veux voir
    Derrière les nuages, de nouveaux rivages »    (Bleu lumière)

    Les chansons de Vaiana et d’Elsa dans La Reine des neiges sont à la fois agaçantes et enivrantes. Agaçantes parce que les enfants les chantent en boucle en les écoutant et les réécoutant ;  enivrantes, parce qu’elles sont coulées dans le même canevas. Bleu Lumière et Libérée Délivrée commencent moderato sur des paroles scandées que les héroïnes s’adressent à elles-mêmes, puis le refrain triomphal suit crescendo, clamé au monde entier. Les ritournelles populaires constituent une des branches de l’ADN Disney.

    " Libérée, Délivrée
    Je ne mentirai plus jamais
    Libérée, Délivrée
    C'est décidé, je m'en vais
    J'ai laissé mon enfance en été
    Perdue dans l'hiverLe froid est pour moi le prix de la liberté. 

    Quand on prend de la hauteur
    Tout semble insignifiant
    La tristesse, l'angoisse et la peur
    M'ont quittées depuis longtemps."     (Libérée Délivrée)

    Vaiana et Elsa se ressemblent. Elles ne courent pas après le prince charmant, à l’exemple de leur cousine Merida, princesse

    écossaise, qui refuse un mariage arrangé dans Rebelle. Ces héroïnes émancipées assument crânement leur destin au risque de connaître de grands moments  de solitude. Elsa l’orpheline quitte son royaume, Vaiana franchit la barrière de récifs, bravant l’interdit paternel. Heureusement, un acolyte – plus qu’un faire-valoir - les soutient dans leur exil volontaire. Le demi-dieu du vent et de la mer, Maui forme un duo cocasse avec Vaiana. Les tatouages animés sur le torse puissant de Maui signent la trouvaille du jour ; les pictogrammes mobiles sous-titrent les états d’âmes du complice bourru de Vaiana. La Reine des neiges peut compter, elle, sur Anna, sa sœur vaillante, accompagnée de Kristoff, le briseur de glaces et de son renne Sven. Ce dernier apparaît fugitivement ( oui, oui, c'est possible) dans Vaiana ; Disney, c’est une grande famille.

                                                                                           

    Ce qui séduit davantage, c’est l’animation de l’océan, en particulier, cette vague cristalline, tellement humaine, gardienne du fragile esquif de Vaiana. L’équipe d’animation a réalisé des merveilles. Plusieurs dessinateurs et les deux réalisateurs Ron Clements  et John Musker, ont parcouru le sud de l’Océanie et en sont revenus enivrés de couleurs et de traditions locales. En prime, le message écologique final, merveilleux, rallie les suffrages des indécrottables rétifs aux productions de l’oncle Walt.

                                                 

    J’ignore si Vaiana surfera sur les écrans jusqu’aux vacances de carnaval. Sorti le 30 novembre, il a dépassé les cinq millions d’entrées en France et devrait tourner autour des cinq cent mille en Belgique. Je publie donc cet article aujourd’hui, à l’attention de tous les grands-parents veilleurs d’enfants en panne d’inspiration en cette après-midi de relâche scolaire .

    Ce qui me réjouit également, c’est la forte augmentation de la diffusion en France (toujours absent en Belgique) de La jeune fille sans mains dont je vous parlais le 16 décembre dernier. Preuve s’il en est que les beaux films percent toujours, à condition de leur laisser le temps et de leur octroyer un bel éventail de salles.

     

     


  • Commentaires

    1
    Thierry
    Mardi 2 Mai à 16:21

    Mes enfants et moi avons passé un super moment à regarder « Vaiana, la légende du bout du monde ». Je trouve que ce film d’animation mêle habilement aventure et émotions.

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :