• Un grand nous manque déjà.

     

     

    Bande-annonce Voyage à travers le cinéma français

     

    Un de mes réalisateurs préférés a rejoint les étoiles. J’ai vu une vingtaine de Bertrand Tavernier, à commencer par L’horloger de Saint-Paul (1974) et hier, à la télé, - raté sur grand écran – La  princesse de Montpensier (2010). France Télévisions et même C8 reprogramment quatre films ces dimanche et lundi soir après Le juge et l’assassin jeudi le jour de sa mort.

                        Ce lundi : Coup de torchon et L'horloger de Saint-Paul sur France 5 et C8.

    En 2015, le résident de Sainte Maxime souffrait déjà de la pancréatite qui l’a emporté. Thierry Frémaux se rappelle de leur rencontre peu avant une première opération.

    « Il a l’air préoccupé, on le serait à moins, et il parvient à le cacher tant il est toujours joyeux et énergique. Mais je sens une inquiétude, palpable – peut-être parce que c’est la mienne aussi. J’accompagne Bertrand depuis si longtemps, je l’ai connu dans tant de situations que je le vois comme un grand rocher insensible aux houles et aux tempêtes. La maladie a surgi dans l’existence de ce viveur qui n’a jamais connu de ralentissement depuis que Melville et Sautet sont allés plaider sa cause près de ses parents afin qu’ils le laissent entrer dans le cinéma. » (Sélection Officielle, p.83, Grasset).

                                                        Thierry Frémaux et Bertrand Tavernier à la cérémonie d'ouverture du 8ème festival Lumière de Lyon, le 8 octobre 2016. © Dominique Jacovides/Bestimage

    Bertrand Tavernier était cinéaste, cinéphile, militant, père de Nils et Tiffany. Il a tourné et écrit avec ses enfants, gagnés par le virus paternel. Le fils joue et réalise, la fille est romancière. Tiffany apparaît dès l’enfance dans les films de papa ; celui-ci l’emmène sur les tournages après le départ de sa première femme. Tiffany s’en souvient dans un livre touchant. Un autre de ses écrits débouchera sur Holy Lola (2004 retraçant l’adoption d’un enfant cambodgien. Avec Nils, il tourne un documentaire sur une cité à Montreuil.

    Bertrand Tavernier a toujours eu un œil sur la jeune génération. Il engage Marie Gillain débutante dans L'appât (1995), Ours d’or à Berlin.Il dirige un quatuor éblouissant dans La princesse de Montpensier , emmené par Mélanie Thierry, qui envoûte Grégoire Leprince-Ringuet, Gaspard Ulliel et Raphaël Personnaz , sans oublier le vétéran Lambert Wilson. Les dialogues ciselés de ce grand film historique ont édités chez Flammarion, augmentés d’un avant-propos du réalisateur et du texte de la nouvelle de Madame de La Fayette.

              L'appât

    Le cinéaste lyonnais a toujours réuni de grands acteurs autour de lui, tels Noiret, Rochefort, Galabru et une fois l’inoubliable Romy Schneider dans La mort en direct (1980), prémonitoire sur  les dérives de la télé réalité. Bertrand Tavernier n’avait plus tourné depuis 2012, avec Quai d’Orsay, tiré d’une bande dessinée  éponyme. Il s’était encore attelé en 2016 à un Voyage à travers le cinéma français. Le cinéaste le cède à l’historien, comme ce fut le cas en compilant deux ouvrages de référence sur le cinéma américain et un troisième d’interviews de grands noms d'Hollywood et Sundance.

     

                                           https://fr.web.img2.acsta.net/r_1920_1080/medias/nmedia/18/65/14/26/19051704.jpg            Autour de minuit                  

    J’ai revu récemment Dans la brume électrique (2009), tourné en Louisiane juste après l’ouragan Katrina. Ce grand amoureux du cinéma US raconte le tournage et ses impressions de voyage  dans un livre passionnant. Il a rarement tourné outre-Atlantique, mais des auteurs américains l'ont inspiré. Il a exprimé sa passion pour le blues dans le magnifique Around Midnight (1986), hommage à trois grands saxophonistes de jazz, sur une bande originale de Herbie Hancock.

     

     

    Une semaine de vacances

                                          Autour de minuit, Une semaine de vacances, La vie et rien d’autre, Dans la brume électrique et La princesse de Montpensier sont des souvenirs vivaces dans ma cinémathèque personnelle. J’admire surtout un grand amoureux du cinéma, enthousiaste impénitent et fidèle au cinéma d’auteur auquel il prédisait un bel avenir.

    Désormais, il n’y a plus guère que Costa-Gavras pour incarner une lignée de cinéastes engagés et talentueux.

                                   Mélanie Thierry La princesse de Montpensier

     

     

     

     


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