• Un grand enthousiaste

     

     

     

                                    Jardins de pierre

    Jardins de pierre (1987) sort en Blu-ray. C’est un des meilleurs films (aucune bande-annonce disponible) de Francis Ford Coppola. L’ombre de son fils décédé imprègne ce retour à la guerre du Vietnam après Apocalypse Now (1979). L’emphase a cédé à la sobriété. Juste un lieu, le cimetière d’Arlington ; juste deux sergents et une jeune recrue affectée à la garde d’honneur qui rend les derniers hommages aux boys tombés au front. Les morts d’une guerre contestée et contestable  sont honorés en grande pompe, histoire de donner une image positive à un conflit honni.

    Je me souviens aussi d’Angelica Huston, en journaliste intriguée par James Caan, sergent impatient de retourner là-bas. La vie de garnison égrène ses jours monotones, entrecoupés de cérémonies devant les tombes blanches. On a le temps de tester ses convictions et de croire à un amour sur le tard.

    Le spectateur est forcément touché dès qu’il ressent l’émotion d’un réalisateur aux prises avec son histoire personnelle. Coppola tourne un film sur la symbolisation de la mort et la transmission entre un fils et un père de substitution alors qu’il vient d’inhumer son aîné Gian-Carlo.

    Le temps d’un film, cinéastes, scénaristes et acteurs racontent des histoires supplétives, vivent des vies par procuration, s’affranchissent de la pesanteur de leurs manques, noient des blessures à vif (Le cinéma, une façon d’être, Ed. Chronique sociale). 

     

    Peggy Sue s'est mariée

    Les jardins de pierre est une commande, de même que Peggy Sue s'est mariée, également en Blu-ray ce mois-ci, édité dans un coffret très attrayant. Ce doublé a été tourné pour apurer les dettes de Coppola ruiné après la faillite de ses studios Zootrope. N’empêche, le cinéaste des Parrain a y mis tout son cœur et son talent.

    À 81 ans, Francis Ford Coppola planche sur Megalopolis, une méga production, enlisée dans la Covid. Le film parle d’une cité idéale construite après un cataclysme, un film d’époque en quelque sorte. Coppola n'a tourné que trois films ces vingt dernières années. Il a également remanié le montage du Parrain 3è partie en quatre mois à la fin de l’année dernière pour le livrer à Noël. La nouvelle version se présente comme un épilogue à la célèbre trilogie, avec des renvois aux deux premiers épisodes.

     

    Les Cahiers du cinéma consacrent leur numéro (773) de février au réalisateur mythique. La photo de couverture est émouvante. La revue publie son interview, obtenue  par visioconférence le 14 janvier dernier ainsi que des entretiens avec Dean Tavoularis, son directeur artistique (art director) sur six films, et de Tom Waits, auteur de la musique de Coup de cœur (premier film des studios Coppola, un flop). Le numéro approfondit aussi l’approche de plusieurs films méconnus du créateur.

    Cette introspection dans l’univers  d’un véritable auteur du septième Art révèle un Coppola intime, très soucieux de la marche caduque du monde. Il puise son éternel enthousiasme dans une volonté de donner à chaque film sa forme particulière.

    «J’ai toujours considéré que je recommençais depuis le début à chaque fois, sans bien savoir où je m’aventurais. Je n’aurais jamais voulu me répéter, explorer un même style, un même genre. » (Cahiers du cinéma, 773, p.13).

    J’espère que Mégalopolis verra le jour.

    Mes préférés dans le désordre et l'ordre des photos Tucker (1988), Jardins de Pierre, Tetro (2009), Le Parrain 2è partie (1974), L'idéaliste (1997), Twixt (2012) …

     

     Tucker : L'homme et son rêve   James Earl Jones, D.B. Sweeney et James Caan  Vincent Gallo

     

      John Cazale et Al Pacino Matt Damon Twixt 

     

     

     


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