• Un grand classique

                            dernières photos Le Pont des espions

                       C’est juste un type pressé de rentrer chez lui parce qu’il a un gros rhume et qu’il a envie de dormir.
                                    C’est un simple citoyen commis à l’échange d’un espion russe contre un américain.

     

    Il est logé dans un taudis tandis que ses conseillers de la CIA prennent leurs quartiers à l’Hilton. James se rend seul à l’ambassade soviétique en Allemagne de l’est au péril de son intégrité physique. Il rase le mur de Berlin fraîchement érigé. Nous sommes en 1960 au cœur de la guerre froide.

                                 Le Pont des Espions : Photo Tom Hanks


    L’avocat spécialisé en assurances ne perd jamais la sienne pour négocier à hauteur d’homme la liberté de ses semblables. Roué, James double la mise. Il inclut dans la négociation un étudiant américain récemment incarcéré dans les geôles de la Stasi. Cette initiative personnelle déplaît fortement à ses mandants, tapis dans l’ombre, focalisés sur le pilote espion US tombé en lignes ennemies.


    Un marchandage indigne de marchands de tapis commence. Jeu de dupes, partie d’échecs, poker menteur, géopolitique sur le tas, la joute psychologique captive de bout en bout. James pourrait être vous et moi, il n’est censé représenter que lui-même au théâtre de

    l’hypocrisie diplomatique.Le Pont des Espions - la critique du nouveau Spielberg Le juriste de Brooklyn ignore tout des codes des espions.     Mais il est déterminé, soucieux de défendre les valeurs en vogue au pays de la statue de la liberté : justice équitable, droits de l’homme, honneur.

    En se rendant à Berlin, James poursuit sa mission entamée avec la défense du colonel Abel, promis à la chaise électrique au terme d’un procès expéditif. L’avocat commis d’office récuse son rôle de potiche. Il soulève des vices de procédure. Il ébranle même la Cour suprême qui rejette de justesse sa requête en annulation d’un procès indigne des pères fondateurs de la Constitution.


    Le cran et la volonté de son défenseur étonne le colonel Abel. Le Pont des Espions - la critique du nouveau Spielberg

    Client et avocat se vouent un respect et une estime mutuelle. Ce sont des «hommes debout». Le russe refuse de trahir, l’américain refuse un simulacre de justice. L’espion met l’avocat en garde : soyez prudent ! James essuie en effet  des coups de feu, subit la réprobation de ses compatriotes, indignés que l’on puisse défendre un dangereux communiste.L’homme n’en a cure. Il entre dans la grande histoire par la petite porte. Il déjoue les appareils d’état et les coups fourrés. Il force l’admiration. J’étais complètement retourné à la fin du film, ému par le courage et les convictions de James.


    Une grande leçon de cinéma sur un grand sujet servi par deux grands acteurs. Tom Hanks a des allures de James Stewart.

    Mark Rylance impressionne en espion impavide, manifestant de fugaces signes d’émotivité.

                                                                 Le Pont des Espions" démarre en tête des premières séances ...

    Spielberg mérite définitivement sa place au panthéon d’un cinéma classique et brillant. Sa mise en scène est limpide, sobre, élégante, minutieuse dans la reconstitution d’une époque sous haute tension que les plus jeunes peinent à imaginer.


    Le grand réalisateur rend justice à un homme ordinaire qui prend pied crânement dans une histoire qui le dépasse. Spielberg enrichit

    sa galerie de portraits de gabarits exceptionnels

    après Schindler, And So it Begins...: The Best Looking Films of All Time (B&W)  Lincoln http://screencrave.com/wp-content/uploads/2012/10/lincoln.jpg et Frank Photo Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux, photo 6

     

    (Arrête-moi si tu peux). Ces films sont tous tirés de faits réels et de roublards inspirés. L’histoire comme un livre d’images animées. Un régal ! Moi qui cherchait des films à voir en famille durant les fêtes, Le pont des espions  (sur les écrans actuellement) vaut d’être franchi en compagnie des grands parents, voire arrière-grands parents, contemporains de la guerre froide et de l’escalade cubaine. J’avais sept ans à l’époque et je voyais parents inquiets de la tournure des événements.

    A ce propos, James Donovan reprendra du service à la demande du président Kennedy. Il obtiendra de Fidel Castro la libération de

    milliers de ressortissants américains prisonniers à Cuba.

     


    P.S. Vu hier soir sur France 2 2 Claude Lelouch et Elsa Zylberstein présenter avec émotion Un + Une, (sortie le  9 décembre) cinquante ans après Un homme et une femme.

                                                                                   Un + une

    Leur enthousiasme, mon faible assumé pour Lelouch et l’Inde me portent naturellement vers cette histoire d’amour et d’envie. Jean Dujardin et Elsa à bord du même avion échangent sur leur désir de tourner avec ce fabuleux directeur d’acteurs. Ils ont beaucoup aimé Un homme qui me plaît.

    Dès le pied sur la terre ferme, ils téléphonent à Lelouch et déclarent leur désir commun. Banco, il marche. Il est comme ça Claude, toujours prêt à prendre la caméra et à saisir la grâce de ses interprètes. Je vous dirai s si c’est une bonne toile de fin d’année. Il en est une magnifique dont je vous parle prochainement : Au-delà des montagnes, (sortie le 23 décembre) du grand cinéaste chinois Jia Zhangke. Le cinéma abolit les frontières et réjouit les cœurs. Que la fête commence !

     

                           Reprise de l'atelier Cinémouvance sur l'estime de soi  le 12 décembre 


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