• Un fol espoir

     

     

                                    Même les âmes les plus meurtries ont droit à une part d’espoir.

     

                                                                

    Chester interné dans un asile psychiatrique anglais en 1872 est désespéré. Il a tué un innocent ; il  a fait veuve la mère de six enfants. En proie à des hallucinations, il a cru occire l’homme qui le poursuit surtout la nuit. L’ex-capitaine de l’armée nordiste vit un stress post-traumatique intense, rongé par la culpabilité et l’effroi. Nulle lumière dans la nuit de sa démence, mais néanmoins une lueur le tient, celle des livres lus, osmose avec les mots qui lui donne des ailes et chasse ses tourments.

    L’espoir grandit lorsque Chester décide de contribuer à l’œuvre folle du professeur Murray, écossais autodidacte, déterminé à couler tous les mots de la langue anglaise dans un dictionnaire exhaustif, suivant l’évolution du sens à travers les âges. Ce projet dément tutoie l’impossible, car la langue jaillit de la vie et la vie ne peut être figée.

    Mel Gibson in The Professor and the Madman (2019)

                                                                                Définir le mot en termes simples relève de la gageure tout comme définir un homme selon son trouble psychique réduit l’identité à une seule facette. Sortir du traumatisme et extraire le suc des mots constituent des défis insurmontables à première vue.

    Chester et James risquent l’amitié et l’estime réciproque. Les âmes sœurs s’épaulent et appareillent sur un océan de mots. Chester fournit plus de dix mille entrées au recensement linguistique. Le langage donne sens à deux êtres, marque un nouveau départ vers l’accomplissement et la grâce. L’amour y met du sien, se glisse entre les maux, panse de terribles blessures.

    Natalie Dormer in The Professor and the Madman (2019)                                                                                                 

                                                                                                 Deux femmes admirables portent des hommes au meilleur d'eux-mêmes.   

    Jennifer Ehle in The Professor and the Madman (2019)                                                               

    L'évolution de l'Oxford English Dictionary n’a rien d’académique, sinon l’amidon des règles compassées de la vénérable institution, commanditaire d’un ouvrage toujours consulté et cité en parangon de la langue anglaise aujourd’hui.

    L’histoire passionne, les caractères de deux hommes d'exception intéressent jusqu’au bout. Définir l’identité d’un homme dément est plus complexe que d’aligner les significations multiples d’un mot.

    Sean Penn in The Professor and the Madman (2019)

    Le livre documenté Le Fou et le Professeur (The Surgeon of Crowthorne1) de Simon Winchester fournit une assise bienvenue à l'adaptation cinématographique. Toutefois, c'est l’émotion qui émerge souvent, preuve s’il fallait que les animations psychiques l’emportent sur les réflexes cognitifs. Les sciences de l'esprit poussent à donner un sens logique à la moindre de nos pensées ou de nos actes alors que chacun porte en lui un brin de folie. L’admettre, c’est accepter d’essuyer un grain de temps en temps et considérer que la démence (sortir de l’esprit) n’est pas aussi folle qu’elle en a l’air.

     

         The professor and the Madman est sorti récemment en Belgique, attend encore d'être à la page en France


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