• Un faible guerrier

     

     

     

                                        Horse Soldiers : Affiche

    - Comment peut-on dire à sa famille qu’on l’aime et partir à la guerre ?

    C’est pourtant l’attitude du capitaine Nelson au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Il est largué en Afghanistan avec onze des ses hommes. Il a une mission impossible. L’officier inexpérimenté doit entrer dans les bonnes grâces d’un commandant de L'Alliance du nord, anti talibans.  

    - Vous avez le ciel, nous avons la terre. Nous savons que la guerre se gagne dans la poussière.

    Ce sont les paroles du général Dostum. Le chef de guerre compte sur les tapis de bombe américains. Les frappes terminées, les forces spéciales ne font pas le poids. Exit le manuel, il s’écrit sur le tas, sur un terrain piégé à chaque recoin de montagne.

    -Tu penses avec la tête, pour cela tu es un soldat. Nous, nous combattons avec le cœur. Quand tu seras dans le cœur et plus dans la tête, tu seras un guerrier.

    Le guerrier est un archétype qui rassemble sur lui la vaillance, le courage et l’engagement. Il émane de lui une énergie qu’il matérialise par l’action au service d’une cause. Le guerrier sait qu’il ne fera pas l’impasse d’un travail sur lui et que c’est par cette voie qu’il peut espérer la victoire (Dan Millman, Le guerrier pacifique, J’ai Lu poche).

                                                Horse Soldiers : Photo Chris Hemsworth, Michael Peña, Michael Shannon                                                                                                                            

    Le général et le capitaine manient la dialectique à qui mieux mieux. Chaque jour, Nelson prend une leçon, il a tellement à apprendre, sauf en matière de courage. Sa charge à cheval  à l'assaut d’un lanceur de missiles galvanise les locaux. Non, ce n’est pas du cinéma, c’est une histoire vraie, tirée d’un livre retraçant l’incroyable fait d’armes (Task Force Dagger) d’une douzaine de bérets verts incorporés à une fraction de résistants  à l’emprise des fondamentalistes. Là où les stratèges militaires prédisaient deux ans de combat, une ville clef (Mazar-e-Sharif) tombe en trois semaines. Il a fallu concilier illico des cultures et des méthodes de combat antagonistes. Dostum et Nelson sont devenus amis. Ils continuent à se voir depuis l’accession du  général afghan à la vice-présidence de son pays en 2014,  malgré l’avertissement de Dostum après la victoire.

    - Vous les Américains, si vous quittez le pays, vous serez considérés comme des lâches. Si vous restez, vous serez nos ennemis. C’est cela l’Afghanistan, la situation d’aujourd’hui n’est pas celle de demain.

                                                       Résultat de recherche d'images pour "12 strong photos du film"

    Plusieurs grandes puissances en ont fait l’amère expérience. Les USA ont encore 12.400 soldats sur place après seize ans d’affrontement avec les talibans. 12 Strong ou Horse Soldiers en France témoigne d'un réalisme impressionnant. C’est le premier long-métrage de Nicolai Fuglsig, un ancien photojournaliste qui a couvert la guerre du Kossovo. Je n’ai aucune sympathie particulière pour les récits de guerre, mais celui-ci m’a sidéré. Le ton tranche un peu avec le couplet triomphaliste américain habituel. Ce quasi reportage de guerre relate l’union sacrée d’une internationale de soldats déterminés à lutter contre le fondamentalisme islamiste super-armé.

    Une séquence inutilement longue souligne d’ailleurs la cruauté d’un leader taliban à l’égard d’enfants bravant l’interdiction d’aller à l’école. Est-ce à cause de cela que le film sort à la sauvette (14 février) afin de « désamorcer tout affrontement avec l’islam politique, à l’exemple de nombreuses expressions à portée très générale, comme –ne faisons pas d’amalgames entre musulmans et terroristes-, ou encore en censurant le terme islamiste.» Michel Erman (Au bout de la colère, Plon essai) y décèle une forme de déni de la réalité du djihadisme, une forme de passivité envers un mouvement nihiliste et mortifère. En tout cas, le capitaine et le général  démontrent sur le terrain l’intérêt d’ajuster des points de vue dissemblables lorsque les circonstances le requièrent.

    Je devrais couvrir de louanges La forme de l'eauLa Forme de l'eau - The Shape of Water : Photo Lion d’or à Venise qui sort aujourd’hui en France (depuis le 31 janvier en Belgique). J’ai hélas baigné dans l’indifférence totale en dépit d’une esthétique surréaliste luxuriante, nimbée d'une symbolique chromatique. Seule la créature aquatique m’a séduit comme il subjugue Elisa en manque d’amour et de parole. Ce monstre est réellement fascinant, beaucoup plus humain que les hommes qui prétendent l’asservir. Guillermo del Toro rend hommage à l’expressionnisme et aux films noirs des années 50. La densité de son propos cumule la critique de l’Amérique intolérante en 1962, la solitude des exilés de la société (handicapés, noirs, homosexuels, espion russe) et le conte poétique. Dommage, jamais je ne fus touché. Le soin apporté à une forme esthétisante et à des éléments sur-signifiants ont noyé à mes yeux la moindre émotion. Lisez ici  et des appréciations élogieuses.

     

    Le Labyrinthe : le remède mortel : Photo Dexter Darden, Dylan O'Brien, Nathalie Emmanuel, Rosa Salazar, Thomas Brodie-Sangster Fidèle à un des rares séries qui ont mes faveurs,

    j’ai vu le troisième et dernier épisode du Labyrinthe (Le remède mortel). Je pourrais reprendre les termes des articles précédents. Ce qui me plaît, c’est l’héroïsme et la solidarité déployés par une bande d’amis luttant contre des méchants mégalomanes. Les scènes d’action se bonifient au fil des ans. Image récurrente au cinéma et dans la réalité, un mur gigantesque sépare la cité des riches et les taudis des pauvres. La vision du post réchauffement climatique s’affine. Des jours meilleurs s’annoncent à condition de se serrer les coudes. La salle était remplie de jeunes spectateurs. Oui, oui, il m'arrive d'être bon public.

     

     

     


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