• Un brin menu

     

     

    Écrire le premier du mois parce que c’est un commencement.

     

                                                      Muguet, Blanc, Vert, Lumière, Soleil

    La fête du travail circulera sur Internet, via les réseaux sociaux. Nul rassemblement, nul calicot, mais bien des discours parfumés de virus et de déconfinement. Le parti, le syndicat et la mutuelle (socialistes) ressoudent le front commun. Hier, la formation à gauche (PTB) de la gauche molle a déjà suggéré d’imposer une taxe de 5% sur les fortunes supérieures à trois millions d’euros. Ce prélèvement exceptionnel rapporterait quinze milliards d’euros les doigts dans le nez.                                                                    

    J’écouterai ce soir la synthèse des allocutions enflammées, ritournelle rituelle du 1er de mai. Je reverrai peut-être Adalen 31, La loi du marché ou Daens, films mémoires de la lutte d’une classe en voie de disparition.

     

    Adalen 31 : Photo

                                                                            Mon souci, ce matin, était de respecter la tradition du brin de muguet offert à sa belle. J’ai donc déniché un patron sur Internet et j’ai colorié la tige et les clochettes virtuelles (imprimez  plutôt que colorier en ligne, dur, dur). L’honneur est sauf, l’amour perdure. 

    Lundi, on commence à déconfiner, phase 1A du plan de sortie fédéral. Les corps ont besoin de mouvement. Notre ossature exprime ce que nous refoulons. La douleur se niche dans les membres préférentiels inactifs de l’individu : le bras, l’épaule, les jambes, le dos… La pensée affecte la fluidité corporelle.

    « Nous avons l’habitude d’avoir un corps qui fonctionne sans que nous ayons à prendre conscience que ce que nous lui demandons peut en fait se dérégler du fait qu’il y a des pensées inconscientes qui affectent directement le corps. » (Le corps pris au mot, Hélène Bonnaud)

    Remède : mouvoir le corps sans surmenage ; terminer le désherbage du sentier entamé il y a trois jours, par ex. Calibrer ses efforts. Hier, j’ai effectué une course nécessaire qui m’a tenu un bon couple d’heures. Exclu du garage où mon véhicule était bichonné, je tourne dans le village avoisinant à la recherche d’un banc discret pour lire. Je trouve ma bonne heure dans la cour de récré déserte de l’école communale. J’ouvre l’étui à lunettes dans lequel j’ai rangé la clef de la boîte aux lettres à lever  quand je rentre. Et je n’y pense plus. Au retour, envolée la  clef du courrier.

                                                    toboggan, aire de jeux, compétition, zone, région, parc, lumière du jour, emplacement

    Mais il y a plus urgent. "Tu as perdu ton portefeuille", annonce mon épouse sur le seuil, une dame l’a retrouvé, elle est au téléphone." Quel bol ! Nous nous donnons rendez-vous chez le pharmacien du coin. Nous parlons un brin, à 1.50 m de distance. Nous sommes nés dans la même ville. Je connaissais bien le magasin de sa mère en plein centre. Son mari travaille dans le nucléaire comme le fit mon père. Je rentre content et vidé. Aïe, je repense à la clef. Et hop en voiture. Je récupère finalement le précieux sésame au garage. Là, je suis claqué. Le corps renâcle au surcroît de tension, CQFD. La tension accumulée surcharge le présent.

    Le soleil brille à nouveau après deux jours pluvieux. Plus vieux, je me demande au-delà du déconfinement, ce que nous retiendrons de cette période recluse. Allons-nous oublier, nous forger des souvenirs ou garder l’empreinte permanente d’une tranche d’histoire impensable ?

    C’est en effet, lorsqu’elle se dégage de la mémoire émotionnelle de son passé qu’une personne parvient à envisager l’avenir, à réengager de nouveaux projets, à se réinscrire dans une trajectoire temporelle. Littéralement, elle retrouve le sens de l’histoire. Celle-ci surgit de la mémoire  travaillée, délestée, épurée. Elle se forge dans ce qui est souvenu autant que dans ce qui est oublié  (L’homme de sable, CatherineTernynck).

    Laisser l’émotion retomber, penser l’à venir.

                                                         Cartouche : Photo Jean-Paul Belmondo

     

    L’immédiat : jardin, enregistrer le truculent et virevoltant Cartouche (sur France 2 à 13h55). Je préfère revoir Bébel que saturer avec De Funès. Son gendarme à New York est programmé deux fois en huit jours.

     

                                                                       À vous, je dédie Ce temps du muguet.

     


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