• Un "BOND" dans le temps

                        

                                   Reprise de l'atelier Cinémouvance sur l'estime de soi  le 12 décembre 

     

     

     

                                                  ... of Author & Columnist Michael Thomas Barry: Dr. No Premieres in 1963

    L’affiche du premier James Bond avait aguiché mon père au point d’aller seul au cinéma. Je n’ai jamais su pourquoi il avait dérogé à la traditionnelle séance familiale du vendredi soir. Son commentaire du film fut laconique :

    Oh, c’est une histoire classique d’espions, un peu pimentée. Rien d’exceptionnel. C’était en 1962, j’allais sur mes huit ans.


    Le piment était assez relevé pour épicer encore l’appétit des foules cinquante-trois ans  après la sortie des eaux d’Ursula Andress en bikini sur un atoll désert. Les filles à James ont défilé, les génériques ont embelli, le rythme a décuplé.

    Il y avait toujours des enfants avec papa et maman dans la salle où j’ai vu le vingt-quatrième Bond.Une adolescente choisit un fauteuil quatre rangées plus haut que sa mère. Celle-ci s’endort et soupire d’ennui plusieurs fois à côté de nous.

    .
                          Je me rappelle précisément les cinémas qui projetaient Bons baisers de Russie et Goldfinger.

                         James Bond - Goldfinger 50th anniversary Affiche          http://www.jamesbond007.net/imagessite/animations/bbdr21.jpg

     

    J’allais sur mes neuf et dix ans. Bon baisers, c’était à Annecy. Nous vivions en Suisse à l’époque et les cinémas étaient généralement enfants non admis. Nous faisions des incursions en France, moins stricte. Ce jour-là, un ami prêtre de mes parents a relevé son col pour passer inaperçu. Quant à Goldfinger, c’était un samedi, au Rex, à Louvain, avec mes parents, la mère d’un de mes copains et le copain. Il n’avait pas aimé, JP. Moi, la scène avec James qui allonge violemment Pussy Galore dans la litière d’une écurie m’avait

    impressionné.Goldfinger : Photo Guy Hamilton, Honor Blackman, Ian Fleming Ma mère trouvait que j’étais trop jeune pour fréquenter Bond.         Mon père a donc longuement hésité avant de m’emmener voir Thunderball, le quatrième de la saga. Les combats sous-marins m’ont fasciné.Souvenirs, souvenirs…

                                                                         http://oblikon.net/wp-content/uploads/affiche_Operation_Tonnerre.jpg

    Dans son dernier ouvrage, Emmanuel Ethis raconte comment il est entré dans «la cour des grands». Ses parents lui ont offert une première séance de cinéma le jour de ses sept ans. C’était Dumbo, l’éléphant volant. Il perçoit déjà au-delà des images.

                                                http://www.programme.tv/media/cache/relative_max_355x272/upload/epgs/2013/01/dumbo-l-elephant-volant_20292_1.jpgJe comprends que Dumbo est comme moi. Petit. Comme moi, il a une maman qui prend soin de lui et le protège. Plus jamais je ne regarderais ma mère de la même manière après avoir ce film, car je saisis vraiment ce que signifie protéger son fils (p.24).


    Je suis toujours content de lire des témoignages similaires à mon expérience du cinéma. L’empreinte indélébile marque dès l’enfance et se mue en souvenir reconstitué à l’âge adulte, porteur d’une émotion intacte, la joie et l’émoi d’une sortie en famille.


    Seule mon épouse a tenu l’œil ouvert les 2h 27 de projection de 007 Spectre. Belle-maman et moi avons piqué du nez à des moments différents. J’ai l’impression d’avoir assisté à la fin d’une époque.

    FIRST LOOK AT SPECTRE Fini les gadgets, l’humour, l’irrésistible pouvoir de séduction de James.                                                                                                    L’immeuble abandonné du MI6 explose. Monica Bellucci froisse fugitivement les draps.  Léa Seydoux (Madeleine Swann, clin d’œil à Proust) est bien résolue à ferrer l’espion qui aime pour toujours.

                                                                         Léa Seydoux et Monica Bellucci : duo glamour à l'avant-première de ...


    Daniel Craig jetterait l’éponge après son quatrième en dix ans. On va peut-être vers un Bond moins solo.Les rôles de Miss

    Moneypenny 007 Spectre : Photo Naomie Harris - AlloCiné et du nouveau M 007 Spectre : Photo Ralph Fiennes - AlloCiné ont été étoffés.

     

          Le jeune Q aussi est déterminant. http://hqnews.org/wp-content/gallery/007-spectre/spectre-22jul15-05.jpg


    Sam Mendes a voulu faire évoluer l’histoire, et

    nettement, nettement plus développer leurs personnages, Dans ce film, ils vont – chacun à leur manière – l’aider et risquer leurs carrières tout comme leur peau.

    Ce qui plaît toujours ? Le générique somptueux, le dépaysement (Mexico, Rome, Tanger, les cimes autrichiennes et Londres) et le prologue, condensé de l’ADN Bond : tension, violence, invincibilité.

    La méthode est simple, expliquait Albert Broccoli, un des anciens producteurs de la série : "nous écrivons l'impossible. Ensuite, nous filmons l'impossible."

                                            SPECTRE DAY OF THE DEAD PROPS AT BRITISH MUSEUM

    En entame, Bond file sa proie parmi les mille cinq cents célébrants du jour des morts dans la capitale mexicaine. Un régal pour les yeux. Ce spectre étiré m’a rappelé furieusement Bons baisers de Russie, avec la poursuite entre un hors-bord et un hélicoptère, une scène de séduction dans un train (une bagarre aussi, je dormais ?).

    Le faciès du méchant costaud  007 Spectre : les fantômes du passé m’a branché sur                                                                                                          l'impavide Oddjob de Goldfinger.


    Quoi qu’il en soit, Double zéro sept figure définitivement au panthéon du cinéma d’action. Le mythe vivra plus de deux fois nimbé de ma bande originale préférée, celle de L'espion qui m'aimait.


    P.S. Séquelle du niveau d’alerte 4, les deux visions de presse prévues aujourd’hui à Bruxelles ont été annulées.

                Je suis un soldat sort aujourd'hui sur les écrans belges une semaine après la France. A voir.


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :