• Tueurs mous

                          

     

     

                 Tueurs : Photo Natacha Régnier, Olivier Gourmet

    Tueurs commence sur un rappel de la vague de raids sanglants survenus entre 1982 et 1985 dans plusieurs grandes surfaces du brabant wallon. Le dossier des tueurs fous est toujours pendant. L'enquête connaît sporadiquement des rebondissements, comme l’identification récente d’un membre de la bande de Nivelles, qui s‘est confessé à son frère avant de rendre son dernier souffle. Hélas, l’aveu tardif n’a débouché sur aucune nouvelle piste. Le procureur général en charge de l’enquête est lucide. Il espère que des gens détenant des informations finiront par parler. Il n’escompte plus la découverte d’éléments matériels.

    Le  premier film de Francois Troukens et Jean-Francois Hensgens situe l’action dans l’orbite des tueurs trente après les faits. Une juge d’instruction attend un informateur dans le parking souterrain d’un supermarché. Elle assiste à la fuite de braqueurs armés et masqués. Elle sort de sa voiture, d’autres personnes quittent leur cachette, elles sont exécutées sur le champ. Deux membres du commando semblent avoir traîné en arrière-garde pour supprimer les témoins.

                                                                  Tueurs : Photo Kevin Janssens, Olivier Gourmet

    Les apparences sont trompeuses. L’histoire des tueurs fous passe au second plan. Elle sert de toile de fond à un polar label belge, nourri de l'expérience du cinéaste débutant, gangster repenti formé à la littérature et au cinéma durant son séjour derrière les barreaux. Ça explose, ça mitraille, ça tue au cours de séquences d’action réalistes, curieusement dénuées de tension, tant le montage est paresseux. Je trouve l’attaque d’un fourgon blindé bien plus nerveuse dans Le fidèle, autre production belge sortie récemment.

    Bruxelles, Marchienne, Liège, défilent, joliment photographiées la nuit et au petit matin. Belgique encore, dans une cellule de prison vétuste, indigne d’un truand dangereux, même pas surveillé par une caméra. C’est invraisemblable dans un film, probablement conforme à l’état de certaines geôles belges.

    Tueurs : Photo Bouli Lanners, Lubna Azabal Flic ripou, fliquette intègre, bandit loyal s’affrontent virilement, seul tonus d’un  scénario mollasson. Le dossier judiciaire qui tient la Belgique en haleine depuis trente ans réapparaît sur le tard, accréditant la thèse de l’extrême-droite, fomenteuse de troubles pour durcir le pouvoir. Le duo derrière la caméra a choisi la facilité, renonçant à donner un angle politique à une intrigue connectée à l’actualité. La brièveté de ce film d'honnête facture (1h26) ne permet aucun développement, à part le casse et une prise d'otages. Nous est surtout montré l’envers du grand banditisme d’un œil bienveillant, au contraire de forces de l’ordre inquiétantes.Tueurs (6 décembre) ne sort qu’à Bruxelles, en Wallonie et en France, malgré la présence d’un  jeune acteur flamand célèbre au nord du plat pays

     


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