• Troisième temps

     

     

                                                                Still Alice : Affiche

    « Je ne souffre pas, je me bats pour rester connectée à ce que j’étais. J’apprends l’art de perdre.» En l’occurrence, la mémoire. Alice est atteinte d’une forme rare de la maladie d’Alzheimer. A 50 ans, elle doit renoncer à sa chaire  de linguistique à l’université de Columbia. Les mots lui échappent. « Ils sont devant moi mais je ne peux pas les atteindre.»


    Alice a néanmoins accepté de témoigner sur son combat. Still Alice : Photo Julianne Moore Elle surligne sa conférence au fur et à mesure de l'énoncé de son texte. Alice a un cran admirable. Elle déploie mille stratagèmes pour garder le fil. Elle enregistre des consignes sur son PC. Elle stimule ses neurones en jouant à des jeux d’esprit. Elle continue à lire. Julianne Moore a bien mérité son Oscar. Elle porte son personnage avec dignité et courage. Elle évite le piège du pathos et de l’interprétation tire-larmes même au cours de scènes émouvantes comme celle où elle craque dans les bras de son mari. Elle regrette de ne pas avoir un cancer, handicap beaucoup plus "social".


    Cette maladie neuro-dégénérative est terrible. Quoi de pire que de perdre ses souvenirs, de devenir un poids pour l’entourage, de ne plus reconnaître les siens. J’ai regardé Still Alice  (sortie le 18 mars) sur les les yeux rivés sur Julianne Moore. Je relevais aussi au passage les symptômes d’Alzheimer ; je suis rassuré, je n’en présente aucun.


    Après le film, j’étais pensif et stimulé par l’énergie qu’AliceStill Alice : Photo Julianne Moore déployait pour enrayer ses troubles. Je n’ai pas éprouvé de fortes émotions. Quelques scènes de solidarité familiale m’ont ému. Cette auto- observation intervient dans le troisième temps de la perception des retombées d’un film sur le psychisme.Comme annoncé, voici les questions que l’on peut se poser après une projection pour évaluer l’impact du film.

     

    A la fin du film
    Je me lève dès le mot fin ; je reste assis jusqu’à la dernière ligne du générique ; je suis toujours assis une fois la lumière rallumée…

    Etat d’esprit
    Joyeux, calme, serein, triste, irrité…

    Réactions
    Commentaires séance tenante ; retenue ; les mots manquent ; envie d’en parler à la terre entière

    Empreintes

    Quelles sont les scènes, les séquences marquantes,
    Me suis-je identifié à un ou plusieurs personnages… En ai-je repoussé
    Me suis-je projeté dans un personnage, dans une situation (j’aimerais que cela m’arrive à moi)…
    Me suis-je libéré d’une grosse émotion rentrée
    Ai-je été présent tout au long du film ou ai-je souvent décroché
    Similitudes avec ma situation personnelle, proximité avec mes soucis du moment
    Réveil d’émotions ou de pensées liées à un film vu dans le passé

    Stimulation
    Clarification d’une situation, d’un sentiment, prise de recul
    Révélation d’une peur, d’un désir, d’une évidence
    Identification de ressources pour résoudre un problème,
    Pulsion d’action.
    Soutien au changement (synchronicité)


    A long terme

    Chercher les intentions du réalisateur, envie de m’informer sur l’époque du film, en savoir plus sur la pathologie évoquée…

    Le questionnaire jalonne l’inventaire des effets et des retombées de la séance. Il prépare une décantation film à court et à long terme. La maturation consciente et latente ratisse le fond de l’être et démultiplie la portée du film.

     


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