• Tresser la Terre nouvelle

    A.S. Il est probable que la gratuité de certaines chaînes payantes n'ira pas au-delà du 31 mars. Les détenteurs de droits sur les films protestent : la chronologie des médias n'est pas respectée, celle-ci prévoyant un délai de quatre mois entre la sortie du film en salles et sa diffusion en VOD (posté ce 21 mars). 

     

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                                                          Sérigraphie originale signée de  : Split reality

    J’ai vu gratuitement Tanguy, le retour, sur une chaîne payante. Des diffuseurs de cinéma et de vidéos à la demande ouvrent les vannes en France, en Belgique, en Italie... J’ai ri un quart d’heure au début et un quart d’heure à la fin. L’entre deux n’est que doublon du premier Tanguy, sorti en 2001. Une demi-heure de rire, c’est toujours ça de pris.

    Des documentaires, des courts-métrages sont désormais visibles en ligne aux yeux du monde confiné, qui ainsi élargit son horizon. Des festivals également sont numérisés, la pandémie frappe durement le septième Art. Les salles ferment, les tournages sont suspendus, la liste est longue des perturbations dans le monde du cinéma, incroyablement actif. Déjà, une importante association de producteurs, l'European Producers Club  propose un plan de sauvetage en dix points pour l'industrie de l'audiovisuel.

    Puisque nous avons le « loisir » de regarder la télé et de glaner des films sur Internet, voici deux suggestions.

    *  Le journal Le Monde a sélectionné cinq classiques hollywoodiens pour se changer les idées.

     

                                                     Cluny Brown (La Folle ingénue) : Photo Jennifer Jones

     * Arte propose l’intégrale de plusieurs séries. J’ai retenu Jordskott, la forêt des disparus, mélange de polar et de fantastique, en conflit avec les esprits de la forêt, en colère contre un gros pollueur (vu deux épisodes).

                                                    Photo Sigrid Johnson

    Cinq films, dix épisodes d’une heure, nous en avons pour quelques jours si nous évitons la boulimie.                                               

    Pensons au télétravail qui a besoin de bande passante ; la communication à distance aussi. Ces occupations ont augmenté le trafic sur le Web de 60%. L’Europe (Thierry Breton, commissaire européen en charge du numérique) a donc réduit la qualité vidéo des plateformes de contenus comme Netflix (qui représente 20% du trafic Internet français). Il est probable que notre temps de connections aux médias va exploser. Une récente enquête auprès de trois mille Belges révèle que mes compatriotes consacrent 8h54 par jour à consulter TV, radio, presse, réseaux sociaux, sites internet (La libre Belgique du 18 mars 2020). La vidéo mange la moitié de notre temps de connections.

    Cependant, maintenir le lien avec les proches, les amis, le monde, est vital en ces temps de disette relationnelle. Un ami blogueur m’a envoyé une superbe vidéo sur l’indispensable Troisième Révolution. Lui, comme moi, comme d’autres (voir infra) pensons à l’après. Un des bénéfices collatéraux de la  pandémie, c’est la réduction spectaculaire des émissions de CO2. Les terriens souffrent de dépression respiratoire, du coup la planète souffle. Un répit bienvenu pour le reste du monde vivant.

     Mireille Delmas-Marty 20100329 Salon du livre de Paris 2.jpg

                                                                             « Profitons de la pandémie, pour faire la paix avec la Terre, implore Mireille Delmas-Marty. Serrons-nous les coudes. « Aucun État ne peut rester durablement solitaire, le moment est venu pour que la souveraineté devienne solidaire. Chacun doit prendre en charge sa part des biens communs mondiaux, qu’il s’agisse du climat ou de la santé  (Le Monde du 18 mars 2020). La juriste prône une gouvernance SVP, associant Savoir scientifique, Vouloir citoyen et Pouvoirs publics et privés.

     

                                   Le sociologue presque centenaire Edgar Morin abonde dans son sens : 

     

                                                        Edgar Morin, Chronique d'un regard : Photo

    Les périls planétaires – écologie, armes nucléaires, économie déréglée – ont créé une communauté de destin pour les humains, mais ceux-ci n’en ont pas pris conscience. Le virus éclaire aujourd’hui de manière immédiate et tragique cette communauté de destin. En prendrons-nous enfin conscience ? Faute de solidarité internationale et d’organismes communs pour prendre des mesures à l’échelle de la pandémie, on assiste à la fermeture égoïste des nations sur elles-mêmes.

     

    * Le même ami blogueur  m’a aussi adressé un texte de sa composition, détourné de la chanson de Claude Nougaro, Y avait une ville. Il écrit : Y avait une vie, il n’y a plus rien.

       L’imparfait me gênait.

    L'imparfait n'a qu'un temps. Au présent, la vie est toujours là, autrement. Le plus difficile est de conjuguer le futur. Je souhaite ardemment qu'il soit différent du passé. Fini le conditionnel, voici l'impératif... présent de changer nos manières d'être vivant.

     

    À mon tour, l’Ami, les Amis, chers Frères et Sœurs confinés, je vous offre une chanson,  

    Danses-y, danses-y, danses-y, danse...
    Les jours de peine où tu t'ennuies
    Il se fera un pont-levis
    Il lèvera tous tes ennuis
    Enjambera tous tes jours gris
    Mais danses-y

                                            

    Chaque matin, le jour se lève sur un nouveau monde sans que nous nous en soyons rendu compte.

    Si vous en doutez, regardez Les forces de la Terre, rediffusé dimanche prochain, à 14h40 sur France 5. La France peut déjà voir le documentaire ici.    

     

                                      Portez-vous le mieux possible.

     


  • Commentaires

    1
    JM
    Vendredi 20 Mars à 10:41

    Merci pour les conseils de confinement. Effectivement ARTE a tout pour plaire: une image HD bien supérieure aux autres chaînes, des documentaires qu'on ne trouve sur aucun autre réseau, l'absence de publicité commerciale... Cela dit je préfère visionner les films et séries en version originale. La plupart des films et séries en VF deviennent indigestes.

    Par ailleurs: sur le début de changement de paradigme sociétal: https://theconversation.com/avec-le-covid-19-une-decrue-historique-des-emissions-mondiales-de-co-est-amorcee-133975

     

      • Vendredi 20 Mars à 11:21

        Merci. oui, évidemment la VO et le grand écran nous manquent. 

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