• Treize aux amourettes

     

     

                                                    Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait: Vincent Macaigne, Camélia Jordana

     

    Les 13 nominations aux César pour Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait ont piqué ma curiosité. J’ai loué le film sur la plateforme de mon opérateur télécom. J’ai tiré les rideaux sur la neige rutilante sous un soleil généreux ; j’ai renoué avec la période de ma vie où j’étais critique de film professionnel, les années où je visionnais deux ou trois longs-métrages, tôt matin, quel que soit la météo. Nous sortions souvent  hébétés, à deux ou trois heures de l’après-midi, décalés par rapport à la vie courante en dehors de notre bulle cinéphile.

    Aujourd’hui, il est midi quand j’éteins le petit écran ouvert sur le grand. Je regarde dehors les traînées laissées par les luges de nos petits-enfants. Trois heures de glisse derrière chez nous, des rires en cascade, un bonheur intégral, pur et joyeux. Une liesse aux antipodes des tourments affectifs exposés dans le favori des César, un vrai film français, qui discourt sur le sentiment amoureux, trituré par une bande de trentenaires indécis.

     

                                                      Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait: Guillaume Gouix

    Quel méli-mélo ponctué de ruptures, de tromperies, de démissions, de culpabilité. Ainsi dit, c’est réducteur, car les circonvolutions de cœurs confus sont troussées dans un élégant langage. Je devine É.Rohmer et Woody A. en arrière-plan. J’ai vite renoncé à noter les perles égrenées à chaque virgule. Je me suis concentré sur la tonalité des propos et la gestuelle énamourée des prétendants au désir, au plaisir, à l’union, cochez votre préféré.

    Je garde néanmoins cette phrase magnifique d’un philosophe, énoncée à la télévision, sous les yeux du personnage le plus noble de ce marivaudage moderne.

    Le véritable amour ne s’intéresse qu’au bonheur de l’autre. Il ne se soucie pas de posséder, il ne possède rien.

    J’ai pris en pleine figure ces  quelques mots alignés à la suite qui changent le regard sur l’amour. La femme réceptrice soudaine attentive, épouse trompée, y puise une liberté insoupçonnée, celle de choisir de quel amour elle aime le mari volage.

     

                                                         Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait: Vincent Macaigne, Emilie Dequenne

    Emmanuel Mouret écrit et réalise à la manière d’ un entomologiste subtil de l’art du tendre. Ses  personnages ondoient entre liberté et attachement, engagement et légèreté. J’apprécie comme je regarde un bel objet, en sachant qu’il ne sera jamais mien. Les amoureux évoluent dans des décors réglés sur l’harmonie parfaite des tons, accords inaccessibles dans la vie de tous les jours. Les nominations aux César des meilleurs costumes, décors et meilleure photo sont amplement méritées.

    Ces deux heures m’ont plu, ne m’ont pas séduit. J’étais en bonne compagnie, mais point d’attirance. Le plaisir ne mène pas nécessairement  à l’amour.

    Je salue Louise (Émilie Dequenne) bien bas.

    J’emporte deux conseils : se fier à ce qu’on ressent et prendre le risque de vivre ses rêves.

     

    Belgaimage

                                                                                       Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait a drainé 250.000 spectateurs entre le 16 septembre et le 9 octobre 2020. Il chapeaute une cohorte de bons films français sortis entre deux fermetures. Verdict le 12 mars, remise des César sous la nouvelle présidence, une femme/ un homme, Véronique Cayla et Éric Toledano, en charge après la bronca 2020, avec Polanski en bouc émissaire.

     

    Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait: Jenna Thiam, Julia Piaton, Niels Schneider  P.S. N'oubliez pas votre Valentine ou Valentin dimanche


  • Commentaires

    1
    Jeudi 11 Février à 17:58

    J'ai également beaucoup apprécié ce film visionné très récemment !

    Merci donc pour cet article "valentin" qui donne à penser... et à panser, les maux du coeur étant légion, et non vaccinables...! ;)

    Souvent, l'Amour (se) fait et se dit mal. Il reste alors vital d'en faire l'éloge ! (cf Alain Badiou)

    Aussi, je veux comme vous retenir de ce film cette philosophie aimante et aimable :

    Sous toutes ses formes (eros, philia, agape...), l'amour ne devrait posséder rien ni personne...

    Chose plus facile à dire qu'à faire ?!


    Et je trouve heureux de voir en cette scène un clin d'oeil cinéthérapeutique : le personnage en question se trouve chamboulé, puis inspiré, par une interview à la télé ! :)

    2
    Vendredi 12 Février à 07:38

    Bien vu Julie. Je pense aussi que cette bluette "très parlante" pourrait servir de support à un atelier de ciné-thérapie.Bon, c'est un sujet délicat, j'en conviens. Mais prendre le risque de vivre ses...

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