• Touché

     

                                                                                             Hippocrate

     

    Hippocrate prescrit une dose massive d’humanité dans les hôpitaux. Le réalisateur, médecin et fils de médecin, dénonce la gestion entrepreneuriale d’un établissement de soins où le vocable rentabilité devrait être banni des feuilles de patients. Thomas Hilti épingle aussi le sous-équipement, les sous-effectifs et le surmenage qui en découle, augmentant le risque d’erreur médicale. Le quotidien de deux médecins, débutant et aguerri, est décrit avec réalisme et mansuétude envers des soignants qui font ce qu’ils peuvent avec les contraintes du bord et dans les limites d’une discipline qui n’est jamais qu’un art de guérir.

    « Ce n’est pas un métier, c’est une malédiction, dit un carabin.

    Le trait est parfois un peu lourd et un peu noir, mais il rend bien les ambiances d’un hôpital, véritable fourmilière active jour et nuit, mélange de tension et d’humour, de drames et d’espoir. Le tournage a eu lieu dans l'hôpital, ex-employeur de Thomas Hilti. Le décor unique n’est pas uniforme, modelé par la diversité de malades, de situations et de cas de conscience. Ce film émouvant et presque documentaire ravive les piqûres au moral vécues lors d’un passage en clinique, pour une consultation ou une intervention. Ce monde vit en vase clos, avec ses castes, ses codes et ses rites. La déshumanisation guette au bout du couloir et l’on est très heureux lorsqu’un médecin ou une infirmière prend le temps de vous écouter et vous considère comme un être humain.

    Le cinéma ne s’intéresse sporadiquement à l’univers des blouses blanches. En fouillant ma mémoire, un titre m’est revenu instantanément à l’esprit : 7 morts sur ordonnance, inspiré d’un fait réel et d’un roman de Georges Conchon. L’écrivain avait enquêté sur un double suicide de médecin à 15 ans d’intervalle dans le même hôpital. C’était les débuts de Gérard Depardieu et un des derniers rôles de Charles Vanel.

    Plus récents, Ma vie pour la tienne et La guerre st déclarée.

     

    Ma vie pour la tienne : photo Abigail Breslin, Jason Patric, Nick Cassavetes, Sofia Vassilieva Le premier raconte l’acharnement d’une mère qui conçoit un enfant médicament pour sauver une de ses filles, atteinte d’une maladie incurable.

     

    La Guerre est déclarée : photo Valérie Donzelli Le second suit le combat de jeunes parents en soutien de leur petit garçon cancéreux.

    Dans ces deux films, le corps médical rayonne d'une grande chaleur humaine.

    Me revient également du tréfonds de ma mémoire filmique, un film poignant avec Sandrine Bonnaire et Jacques Dutronc. Nous ne sommes plus à l’hôpital, nous entrons à pas feutrés dans l’intimité d’une maison de soins palliatifs. Dimitri a 49 ans et n’a plus rien à espérer, sinon une rencontre vitale avec la lumineuse Suzanne, accompagnatrice bénévole. C’est la vie a imprégné ma conscience et mon esprit.

    Le cinéma touche encore et toujours.

     

                                                                      C'est la vie

                         


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