• Tissu social

    J’ai revu Another Year de Mike Leigh hier soir sur Arte 

    Another Year                          
          « C’est bon d’avoir quelqu’un à qui parler. Tout le monde devrait avoir quelqu’un qui l’écoute.»


    Mary pleure doucement dans les bras de son amie Geri. Elle est seule à 40 ans, paumée dans la vie, avide d’affection au point de multiplier les liaisons foireuses et d’envier les couples solides et heureux. Elle avait des vues sur le fils de Geri, sacrément plus jeune, mais le trentenaire a enfin ramené une fille à marier. Ouf, souffle maman.


    Mary encaisse et crache son venin. La réaction égoïste de Mary déçoit Geri. C’est le début d’un grand froid de plusieurs mois entre le couple accueillant et la femme perdue. D’autres âmes en perdition frappent à la porte de Tom et Geri au fil des saisons. Ken, l’ami veuf inconsolable, qui grossit de chagrin à s’empiffrer de victuailles diverses, de vin et de bière. Il y a aussi le frère taiseux venu passer quelques jours après le décès de sa femme. Tom cède souvent le relais à Geri, psychologue de profession et douée d’une grande capacité d’écoute. Geri tient bon même si elle réalise qu’écouter ne suffit pas à réconforter durablement des êtres profondément abîmés.

    Le couple, phare d’affection et de stabilité, cultive l’humanité ouverte et tolérante, avec une constance bonhomme. Geri et Tom, Tom et Geri, Geri, Tom, en duo ou en solo, remaillent un tissu social passablement troué.
    A l’ère d’Internet et des communications virtuelles, il est vital de conserver une vie associative et des lieux pour l’épanouir, où les gens se rencontrent, se parlent, se soutiennent. Dimanche dernier, j’ai écouté un concert de fanfare sur le coup de 11 heures, dans une station balnéaire. 70 musiciens, de 10 à 63 ans, ont régalé un public de plus en plus fourni. La fanfare a été fondée en 1927, dans un petit village flamand. 50 jeunes sont prêts à prendre la relève. Ils font leurs gammes dans une formation junior.

                                                           Les Virtuoses


    Sous un pâle soleil, je me suis souvenu de mon beau-père, ému jusqu'aux larmes, en écoutant une fanfare jouer un morceau de son enfance. Un film aussi m’est venu à l’esprit : Les virtuoses, histoire d’une fanfare résiliente de mineurs anglais menacés de perdre leur emploi. La veine du cinéma social britannique est loin d’être épuisée.


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