• Tire ton plan.

     

     

     

                                                                   Parasite : Affiche

     

    Il est long le chemin de Cannes à la Belgique. La palme du dernier Festival s'est laissée désirer. En France, Parasite draine encore les foules trois bons mois après sa sortie (1,7 million de spectateurs). Public et presse se rejoignent dans un même éloge. À juste titre, même si ce n'est pas mon sirop de prune.

     

                                               Parasite : Photo Woo-sik Choi

     

    Bong Joon Ho jongle avec les métaphores et se joue de nous jusqu'au plan final.Il se glisse dans le gouffre infranchissable entre les classes sociales.

    L'argent n'a pas d'odeur, le pauvre sent mauvais. Une senteur indéfinissable comme dans le métro ou celle de torchons bouillis.

    Le riche crédule et trouillard engage du personnel à tour de bras, sur recommandation. "On ne peut se fier qu'au réseau." Réseau Wi-Fi qui joue les fils de l'air dans l'entresol pourri où vit une famille soudée et sans sou. Parents, frère et sœur sont juste en-dessous du niveau de la rue. Ils rêvent de s'élever. L'occasion leur en est donnée par un ami étudiant. L'instruction montre la voie, la tricherie défriche le terrain. Les enfants ont un mauvais plan. Le père est subjugué. La mère intègre l'engrenage enclenché.

    Le fils, premier embauché dans une famille richissime, foule timidement le carrelage lisse d'une immense demeure conçue et habitée jadis par une architecte renommé.

                                    Parasite : Photo Cho Yeo-jeong, So-Dam Park

    Quel luxe, quelle espace, quelle classe!. Le palais est sis sur une colline.Prière de montrer patte blanche et de gravir les marches avec aisance. La haute société vous tolère à condition de la servir et de ne pas franchir la ligne invisible qui délimite le territoire de chacun, réduit à la portion congrue pour les moins nantis.

    La vie n'est qu'une question de point de vue. Les riches saluent les pluies torrentielles nettoyant la pollution. Les pauvres écopent l'eau qui emporte leur taudis. Le fils du riche dresse son tipi sous la drache et communique avec ses parents par émetteur-récepteur. Les sinistrés de la ville basse sont casés dans un gymnase.

     

                                                             Parasite : Photo Kang-Ho Song

    Le luxe insolent des richards de l'industrie digitale est indécent. La cupidité des démunis met mal à l'aise. Personne n'est vraiment sympa dans ce manga à tiroirs. Le spectateur jugera.

    "Ah, cette odeur est vraiment désagréable. Sinon, ils sont très bien." Du moins, tant qu'ils tiennent leur rang.

    Une certitude, la mixité sociale, c'est de la vaste blague, en tout cas en Corée du Sud.

     

     

     

     

     


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