• Surprises

    J'ai sauté deux paragraphes  sur trois au final du Nabab, premier roman de Sophie Dacbert
                            L’ancienne rédactrice en chef du Film français a publié juste avant Cannes un album de famille aigre-doux du cinéma hexagonal. L’ouvrage vaut uniquement pour ses informations de première main sur les acteurs de l’univers impitoyable de l’industrie du grand écran où quelques décideurs font et défont des films, en échangeant de multiples coups fourrés avec le sourire. Sophie Dacbert pousse le chic jusqu’à s’inclure dans le texte et vante au passage l’excellence de son ancien magazine.


    Les éditions Laffont font preuve habituellement d’une plus grande qualité littéraire. A l’instar des producteurs de films à l’affût de projets qui correspondent aux attentes du public, le grand éditeur a-t-il voulu profiter de l’impact du Festival cannois et capter ainsi des lecteurs friands de potins et d’anecdotes croustillantes. J’ai acheté ce livre en deux temps. Je l’ai feuilleté puis laissé, rebuté par la pauvreté du style. Puis je l’ai repris, aguiché à l’idée de pénétrer dans les coulisses du cinéma français. Une fois mais pas deux.

                                                                      Suite Française
    En revanche, je n’ai pas hésité à voir une Suite française malgré des critiques mitigées (j’ai vu le film en version française, ce qui réglait le choc des accents). Le plaisir était cette fois au rendez-vous. Images léchées, reconstitution soignée, sentiments contenus, communion dans la musique entre une femme juive de soldat français et un officier allemands en 1940. Je percevais une alchimie particulière dans la pellicule 35mm préférée au numérique. Je sentais une nostalgie sous-jacente, assez inexplicable au vu de l’histoire, somme toute banale, excepté son caractère scandaleux. Lucile reprend d’ailleurs ses esprits en détournant le regard (mais pas son cœur) de son lieutenant occupant. « C’est impossible maintenant.» Soit dit au passage,

    Matthias Schoenaerts m’épate de plus en plus, que ce soit en uniforme, Résultat de recherche d'images pour "suite française"

    en Lenôtre Les Jardins du Roi : Photo Matthias Schoenaerts ou en berger anglais. Loin de la foule déchaînée : Photo Matthias Schoenaerts


    Le générique final a expliqué partiellement le parfum de nostalgie errant dans la salle. Denise, la fille de la romancière adaptée au cinéma, adressait un message à sa mère décédée en déportation en 1942. L’héritière ignorait qu’elle détenait

     

    cinq romans écrits de la main de sa mère, Irène Némirovsky.Résultat de recherche d'images pour "denise epstein" Les cahiers dormaient dans une valise confiée par le père. Denise croyait que c’étaient des journaux intimes et ne les avaient pas ouverts. 50 ans après, les

    deux tomes composant la Suite française ont été publiés.Acheter le livre d'occasion Suite française sur livrenpoche.com ( disponible en Folio).Denise remerciait le cinéma d’avoir permis de donner nouvelle chair à l’oeuvre de l’écrivain défunte. Hélas, Denise n’a pu voir le film achevé, elle est décédée deux mois avant la sortie.


    Je me plais à imaginer que le courant est passé entre Denise et le réalisateur et que les atomes de cette rencontre ont imbibé la pellicule. Le spectateur sensible a probablement été touché comme je l’ai été. Une fois encore la magie du cinéma a opéré.

     Magie  Trois souvenirs de ma jeunesse : Photo Quentin Dolmaire  inopérante pour   Trois souvenirs de ma jeunesse vu hier en avant-soirée. Les acteurs sont excellents, les thèmes accrocheurs et la mise en scène inventive mais je suis resté en-deça du film.    

     

                                                              Les dialogues parfois ampoulés, le ton à la Charles Denner de Dédalus jeune 

    Trois souvenirs de ma jeunesse : Photo Quentin Dolmaire et  François Truffaut François Truffaut en filigrane dans ma tête ont parasité l’implication du spectateur bien disposé que pourtant j’étais. Une fois encore, le cinéma déconcerte et intrigue.


    Peut-être parlerais-je de mes états d’âme variables et variés au cours de ma première entrevue avec les lecteurs de mon livre que je rencontre ce midi pour la première fois dans la librairie d’art Chapitre XII. Je pars guilleret. J’adore ces moments d’échange passionnés.


    Et en plus, j’ai déjà deux inscrits à l'  atelier de ciné-thérapie du 6 juin prochain. Hâtez-vous, ne manquez plus cette surprenante en-quête d’une nouvelle version de votre histoire personnelle. La vie est belle.


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