• Spécial guerre

    J’ai regardé Forces spéciales.    Forces spéciales hier à la télé. Cela vous étonne, non?

     

    J’avais envie de voir comment les Français se débrouillaient pour réaliser un film de guerre crédible après Démineurs ou Platoon ou encore La ligne rouge, (sur Arte le 26 juillet) une référence dans le genre.

     

    Démineurs                       Platoon                            La Ligne rouge


    Forces spéciales relate une mission d’infiltration à la frontière pakistano-afghane. L’expédition ponctuelle d’une dizaine de jours serre de près les sept membres de l’escouade d’élite. Stéphane Rybojad a réalisé plusieurs documentaires sur l’armée française. Il réussit très bien les scènes de combat, à la gloire évidemment de la force terrestre. Il a bénéficié d’un budget égal à celui de Démineurs,

    consacré, lui, au quotidien de la guerre en Irak.


    La critique a massacré le film, le public a apprécié le réalisme de l’action (l’armée était partie prenante), la bravoure et l’esprit de corps de soldats vrillés à la réussite de leur mission : exfiltrer une journaliste prise en otage.Je suis toujours étonné des divergences de vue entre le public et les professionnels. Peut-être parce que les approches sont différentes. Le critique décrit et analyse, le public apprécie et interprète. J’émets en lisant la distinction faite par Laurent Jullier entre quatre attitudes, illustrée dans l’exemple suivant, extrait de Analyser un film, de l’émotion à l’interprétation.


    Appréciation : le somptueux travelling avant du plan 14 m’a bouleversé.
    Description : un travelling avant court au long du plan 14
    Analyse : le travelling du plan 14 vise probablement à nous faire ressentir le désir qui pousse le héros vers l’héroïne…
    Interprétation : Le plan 14 exemplifie la domination masculine, soulignant l’activité du héros face à une héroïne paralysée.
    Et de préciser que la séparation entre ces quatre attitudes n’est pas toujours aussi nette.


    Ce qui m’a surtout attiré dans ce film guerrier, c’est la montagne impitoyable, les vastes zones désertiques, une nature hostile. J’ai pensé à un proche qui fut affecté six mois en Afghanistan. A son retour, ce jeune capitaine nous parla peu du danger sur place et beaucoup plus des contacts qu’il essayait de nouer avec la population coincée entre les talibans et les forces alliées.

                                                                               
    J’ai repensé aussi à ce reportage sur l’équipe nationale de pentathlon militaire réalisé au début de ma carrière de journaliste. J’ai suivi le championnat mondial de la discipline en 1979. Les membres de l’équipe provenaient tous des unités d’élite de l’armée belge. Ils n’avaient rien du casse-cou ou de la tête brûlée. J’ai pu leur arracher quelques confidences sur leurs interventions à l’étranger. Ils en revenaient éprouvés par l’horreur des situations vécues.


    Voilà ce qui m’animait en regardant un film anodin. Une fois encore, j’ai pu vérifier l’influence de l’histoire personnelle sur le degré de réceptivité et la façon de percevoir les images. J’ai regardé jusqu’au bout malgré quelques séquences manichéistes et des dialogues téléphonés. J’y vois probablement une forme de reconnaissance du courage d’unités anti-terroristes de plus en plus en sollicitées.

     

    P.S. A noter, la sortie le 30 septembre prochain, de Ni le ciel, ni la terre, un premier film tourné dans la même région.                          La revue Positif l'a vu au festival de Cannes et l'a trouvé "surprenant et envoûtant de bout en bout." Ni le ciel ni la terre                Ça, c'est une appréciation de critique.


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