• Six ans après

     

     

    C’était l’après-midi du 26 juin 2014. Ce jour-là, Cinémoitheque publiait sa première page. Je ne prévoyais pas de tenir aussi longtemps une chronique consacrée aux histoires de films et de spectateurs. J’ai cru devoir jeter l’éponge au début mars, à la fermeture des cinémas. Pourtant, une trentaine d’articles ont vu le jour sur le cinéma confiné, les répercussions du virus sur le septième Art, les perspectives de reprise et quelques réflexions globales sur le monde de demain. Le simple spectateur s’est effacé derrière le citoyen de la planète.

    Il y a évidemment une vie en dehors des salles obscures et je suis heureux d’avoir pu en parler aussi. Ce qui pose la question de l’orientation de ce journal en ligne en âge d’école primaire. Je reporte la réponse à cette interrogation qui n’est épineuse que pour moi. Je devrais me concentrer sur la reprise des projections mercredi prochain en Belgique. Le programme mi-figue, mi raisin, la frilosité des distributeurs, la disposition en quinconce des spectateurs, la réservation souhaitée (en ligne), le masque dans les espaces communs, freinent l’élan vers le grand écran. Je crois que je me contenterai de séances ciblées, un tri sélectif centré sur la qualité et l’originalité.

    Donc certainement Tenet (vendredi 31 juillet) parce que Christopher Nolan, toujours intéressant, même nébuleux (Inception ressort dix ans après) et Police, curieux de voir le couple Virginie Efira et Omar Sy  (le 2 septembre, ce sera déjà la rentrée). Dans l’immédiat, Les parfums me font de l’œil.

     

     

                                                     

    Peut-être aussi un classique ou une œuvre culte en plein air, à la citadelle de Namur, du 1er au 19 juillet. 25 € la voiture (maximum 5 passagers), écran de cent mètres carrés, trois mètres entre chaque véhicule, son via l’autoradio. Mais pas un pied dehors, sauf pour satisfaire (avec masque) un besoin pressant. Boissons et friandises sur demande, servies masqués.

    Pour les claustrophobes, Bruxelles fait son cinéma dans une dizaine de communes (trois déjà complètes). Réservation obligatoire, distance physique et masque de rigueur. C’est gratuit, Les projections débutent à la nuit tombante, vers 22h10, À Namur, séance à 20h et 22h30, l’écran Led permet de commencer avant le dodo du soleil. Des séances familiales sont prévues le mercredi, samedi et dimanche à 16h00. Les films musicaux sont déjà complets, les organisateurs envisagent des séances supplémentaires l’après-midi. Ne manquez pas La La Land le 6 juillet à 22h30, en version originale comme il se doit. 

    Je me rends compte que je n’ai pas encore raconté d’histoire digne de ce billet anniversaire. En voici une curieuse, celle d'un film inachevé, évoqué dans un roman de Julie Wolkenstein. Les vacances parle de cinéma, de châteaux normands (lieux de tournages) et de la rencontre fortuite d’une professeure de lettres à la retraite et d’un jeune doctorant en histoire du cinéma. Les deux universitaires croisent leurs connaissances respectives pour retracer l’aventure du film de Rohmer inabouti en 1952, Les petites filles modèles.

     

    Bella Darvi

    Bella Darvi

                                                                           Michèle Girardon Picture                       http://php88.free.fr/bdff/film/2000/0082/06i.jpg                                                                          Michèle Girardon                                                          Marie-Georges Pascal

    Leurs recherches exhument une autre version du roman de la comtesse, tourné en 1971, avec une kyrielle d’actrices dénudées. Parmi elles, trois interprètes au destin tragique, toutes suicidées avant quarante ans (leurs biographies sont de véritables mélos). Elles ont joué des bouts de rôles dans des films célèbres, n’ont jamais percé et ont connu des déboires amoureux. Me voilà plongé dans la petite histoire du grand art avec deux détectives érudits. Quelle belle surprise que ce Folio 6648 pêché par-dessus une rangée de livres de poche.

     

     

                                                Je croyais être à court d'inspiration. Il y a toujours une histoire qui traîne au coin d'une page, d'une salle ou d'une mémoire. J'ai assuré le court terme du blog : j'ai deux places pour Les parfums le 3 juillet et pour notre voiture le 6 juillet. Ma compagne est partante, reste à déterminer qui nous accompagnera lors de ces vraies fausses premières.

     

     


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