• Sic transit Gloria

     

     

     

    Me voici devant un abîme de perplexité après avoir vu Gloria Bell. Nos amis, mon épouse, deux spectatrices hélées dans la rue ont tous une perception différente et ont moyennement apprécié les joies et déboires d’une femme de cinquante ans à la croisée des chemins. Ils n’ont pas été émus comme j’ai pu l’être à certains moments qui me rappellent tellement une histoire connue, celle d’un proche parent. Les souvenirs d’une très ancienne époque chaotique ont conditionné mes sentiments à l’égard d’un portrait de femme ordinaire, me semblant en proie à une incommensurable solitude, là où la critique la voit comme une femme libre et épanouie, tandis que notre amie trouve la vie de Gloria d’un vide sidéral.

                                                    Gloria Bell : Photo Julianne Moore

    Une fois encore, nous avons regardé et pas vu le même film. Nous en taillons un personnel à l’aune de nos préoccupations du   moment, selon notre histoire individuelle. Au moins, étions-nous unanimes pour reconnaître à Julianne Moore un talent exceptionnel pour incarner littéralement cette américaine banale, qui enfants casés et divorce digéré, se risque à répondre aux avances d’une jeune divorcé de son âge.

    La musique à la fois apparente et en sourdine m’a paru judicieusement placée, pointant les mouvements intérieurs d’une femme qui consume sa vie comme si elle pouvait mourir demain. Sa mère, comme tous les dix ans, lui rappelle d’ailleurs que la vie file sur un claquement de doigts.

                                                  Gloria Bell : Photo John Turturro, Julianne Moore

    Hier soir, le cinéma nous a amenés une fois de plus à nous interroger sur le sens de la nôtre. La conversation animée autour de nos visions fut incontestablement le meilleur moment de la soirée.

     

                                  Le cinéma emprunte une part de moi-même et me la rend augmentée.

     

    P.S. Curieux ce réalisateur qui refait six ans après son propre film film tourné au Chili. La tonalité de la première version était plus légère. Plusieurs scènes sont identiques. L’actrice principale avait obtenu le prix d’interprétation au festival de Berlin.

     

                                            Gloria : Photo Paulina García

     


  • Commentaires

    1
    Coumarine
    Mercredi 15 Mai à 10:59

    entrer, le temps d'un film, dans la vie et la tête d'une femme plus âgée, qui entend vivre un nouvel épisode de sa vie (de préférence amoureux) ne me laisse jamais indifférente

    Tu as été touché par ce film, d'autres l'ont trouvé vide

    C'est curieux comme on peut vivre les choses différemment!

    curieux, mais intéressant!

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    2
    Jeudi 16 Mai à 07:03

    La tristesse de Gloria n'a été vue que par une seul critique professionnel, Hugues Dayez en l'occurrence. Les articles louent surtout le bel élan de vie qui anime encore une quinquagénaire libre de toutes attaches et d'obligations. Ils restent probablement sur l'impression de la première Gloria, réalisée par le même cinéaste. La version chilienne n'avait pas cet arrière-fond mélancolique.Et puis, c'est plus rassurant de souligner la pulsion de vie toujours alerte alors que l'on a glissé sur le deuxième versant de son passage ici-bas. Je te souhaite de beaux épisodes à vivre.

      • Coumarine
        Jeudi 16 Mai à 11:03

        c'est curieux que le cinéaste (un homme!) ait voulu refaire son propre film...

        a--t-il justement voulu compléter ce "portrait" de femme?

        bonne journée à toi!

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