• Sens à sillons

             http://fr.web.img5.acsta.net/r_640_600/b_1_d6d6d6/pictures/15/07/16/16/16/188342.jpg Marguerite chante faux avec grandeur et beauté.

     

     

    Sa vie entière est vouée à la musique. La baronne collectionne décors, accessoires, costumes et partitions d’opéra. Sa voix, trop particulière, ne sort que devant un cercle d’intimes. Marguerite attend toujours son mari avant de commencer son récital  "divinement, sublimement, sauvagement faux.»


    Ces derniers temps, Georges arrive souvent en retard. Il n’en peut plus d’une vie dissonante, honteux des pitoyables représentations

    de sa moitié. ... Films / France 3 Cinéma / Sirena Film / Scope Pictures Marguerite - Qu’est-ce qui lui prend de beugler ainsi, confie-t-il à                      sa maîtresse.


    Que leur prend-il, à ces spectateurs effarés et ricaneurs de conforter la fausse cantatrice dans l’illusion d’un talent « travaillé » cinq heures par jour. Les milieux huppés dans lesquels Marguerite évolue érigent l’hypocrisie et la couardise en vertus cardinales. D’ailleurs si la diva excentrique n’était fortunée, son rêve serait mort-né.


    Marguerite peut également compter sur le soutien indéfectible et discret de son majordome. L’ange noir orchestre le destin de sa patronne dans les moindres détails. Il brûle les montagnes de roses blanches (achetées par Monsieur et prétendument offertes par des admirateurs) et accumule les clichés de Madame. Il fixe la beauté et dissout le mensonge.


    Marguerite est-elle vraiment dupe ? Ne se ment-elle pas à elle-même pour supporter le vide affectif d’un mariage bancal ?
    - Elle m’a épousé pour mon titre, pense le baron désargenté.

    Marguerite entend lui prouver le contraire. Elle chante son amour avec générosité, pureté et incroyablement faux. Elle va jusqu’au bout de son rêve –ses moyens le permettent-et rêve d’un accord parfait qui tarde à se faire entendre.


    Marguerite compose son roman existentiel, note après note, comme certains se composent un roman familial. La musique emplit sa vie, la rend estimable et supportable. La femme amoureuse chante de tout son être pour exister dans le regard de son homme. Les grands airs du répertoire dressent un rempart contre son désespoir d’être si peu aimée, d’être une épouse potiche dans le Paris des années vingt. Un vent de liberté et de folie souffle sur l’après-guerre. Marguerite enjouée veut changer sa vie et pousse ses amis à accomplir leurs rêves.


    Ce film trop long, trop ambitieux m’a tenu par la personnalité étrange d’une femme qui a réellement existé.   

    Florence Foster Jenkins Florence Foster Jenkins picture a sévi entre 1920 et 1940 aux Etats-Unis.

    Catherine Frot  ... Films / France 3 Cinéma / Sirena Film / Scope Pictures Marguerite renaît après trois ans d’absence dans le rôle marquant d’un personnage pathétique et insondable. Pour elle, pour la mise en scène d’époque et pour l’énigme d’une vie surjouée, je donne ma voix à Marguerite. (Sur les écrans le 16 septembre)


    Knight of cups
    Très ambitieux aussi et largement improvisé, le dernier Malick déçoit fameusement. Un scénariste à Hollywood s’interroge sur le sens d’une vie qui n’est pas la sienne. Des images  étourdissantes camouflent la panne d’inspiration, le vide d’une pensée sur tapis après une vingtaine de minutes.

                        Knight of Cups Le cinéaste septuagénaire promène le public à sa guise. Je n’ai absolument rien ressenti (au contraire d’un ("fan" du film) sinon de l’agacement face à une virtuosité gratuite et creuse. Depuis Tree Of Life, Malick semble pris d’une frénésie de tournages, pressé de livrer sa vision de l’existence avant de faire le grand saut. (Sortie en Belgique le 16/9 et le 25.11 en France).


    Une famille à louer
    En finale de cette chronique en quête de sens, un mot gentil sur le sympathique tandem belge

    Une famille à louer : Photo Benoît Poelvoorde, Virginie Efira d’un conte sentimental écrit par des amoureux. Murielle Magellan Murielle Magellan et Jean-Pierre Améris ont eu l’idée de raconter leur rencontre (sur les écrans depuis le 19 août). Probablement euphoriques, ils désamorcent rapidement les embûches posées sur la route d’une romance irrépressible : différence sociale, d’âge, de tempérament. Mais bon, les spectateurs présents dans la salle étaient satisfaits. Benoît et Virginie ont convaincu (presque jusqu’au bout) et on a ri plusieurs fois. Et puis, Poelvoorde (pardon Paul-André) est tellement émouvant lorsqu’il montre ses failles. Le personnage déprimé et anxieux ressemble à l’acteur et au

    réalisateur, comme l’explique Jean-Pierre Améris .


    « Paul-André nous ressemble à tous les deux : la maniaquerie, le fait d’arriver à la cinquantaine sans avoir d’enfants à soi, et ce double mouvement entre la peur et l’envie de se lier aux autres. Benoît fait passer tout cela par la comédie, par la tendresse, et je l’admire pour cela. C’est dur d’être léger. La légèreté n’est pas ma tendance naturelle, mais j’y travaille, autant dans la vie que dans mes films !"


                                                                          Allez, allégeons, allégeons…

                                                                        Allegrissimo.

     


  • Commentaires

    1
    Mardi 25 Août 2015 à 17:55

    J'ai entendu Jean-Pierre Améris parler de son film à la radio et j'ai bien envie d'aller le voir et ce que j'en lis ici me conforte  dans ma première impression..Merci !

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    2
    Mardi 25 Août 2015 à 17:58

    Bonjour.

    Ne manquez pas de dire vos impressions.

    Bonne vision

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