• Secondes chances

     

     

    Premier jour de vacances : pluie ! Premier jour après la fin de mon troisième livre : vide ! La pluie cessera ; le livre paraîtra en octobre. Je suis en « vacance ». Espace infini, liberté et occupations diverses.

    Le 30 mars, j’ai repris Dune de David Lynch, trente-quatre ans jour pour jour après le début d’un tournage chaotique qui allait durer six mois. Le plateau installé dans les sables mexicains accumule les déboires.Trente-cinq mille figurants arrivent trop tôt. Les décors

    et les costumes sont bloqués à la frontière. Une épidémie frappe l’équipe. Un charnier d’animaux est découvert dans le désert colonisé. Lynch tempête. Il échoue à imposer son style à une méga production mise en chantier en 1973. Ridley Scott et Jodorowsky avaient jeté l’éponge avant lui. Mais le film existe au contraire du Don Quichotte de Terry Gilliam, projet maudit dont le tournage a sombré au début de ce siècle. A septante-sept ans, le réalisateur britannique espère décrocher le Graal tant convoité. Le tournage de The Man Who Killed Don Quixote a enfin commencé le mois dernier, point d’orgue à cinq projets inaboutis. Quelle persévérance !

    Peut-être certaines œuvres sont-elles inadaptables à l’écran. Condenser Dune en un seul long-métrage relève de l’impossible. Cela n’effraie pas Denis Villeneuve, entré en science-fiction avec Premier contact et Blade Runner 2049, la suite du film culte de Ridley Scott (Harrison Ford reprend le rôle titre de 1982 à septante-cinq ans). Le cinéaste canadien relève donc un deuxième défi en  acceptant d’adapter la saga foisonnante de Frank Herbert étalée sur dix-neuf volumes. Il envisage plusieurs épisodes et une version pour le petit écran. Quel boulot !

    J’avais pensé comparer les époques de Dune et de Ghost In The Shell (29 mars). Raté ! Je n’ai vu qu’un quart d’heure du film inspiré d’un manga de 1989. Je m’étais résigné à subir une séance en 3D, le film n’étant disponible que dans ce format à lunettes. Hélas, le projecteur était mal réglé. Dès que le champ s’élargissait, l’arrière-plan devenait flou. Le sort

    du Major Johansson est scellé.  Je ne renouvellerai pas l’expérience.

    Je me suis consolé le soir en regardant un très beau téléfilm sur Arte, encore visible cinq jours sur Arte+ 7 et sur la chaîne le 11 avril à 13h35. La bête curieuse suit la réinsertion difficile d’une meurtrière dans la société. Céline purge la fin de sa peine en liberté conditionnelle. Elle doit porter un bracelet électronique pendant trois mois. Sa mère remariée lui offre le gîte et le couvert. Une chaîne hôtelière accepte de l’embaucher. N’empêche, Céline, alias Héloïse (elle a demandé officiellement de changer son nom) rase les murs. Elle a peur d’être reconnue.                                                     

                                         Laura Smet.                                 

    Laura Smet est parfaite dans ce personnage sur le fil de la liberté, fragile et sous tension permanente. Céline apprend péniblement à retrouver ses marques dans un environnement qui tient du piège grandeur nature. Elle demande à travailler de nuit. Le médecin avec qui elle covoiture est prêt à changer ses horaires pour continuer à la voir. Pourtant, il sait… Céline ne sait pas comment accueillir cette sollicitude dont elle a oublié la saveur. Nous sommes dans le réel, loin de la science-fiction, proche d’une femme condamnée à réussir son retour dans le monde « libre ». Pudique, juste et touchant.

    Allez, extinction des feux et demain, Premier jour de vacance : pluie… La vie est une histoire sans fin.  

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Coumarine
    Dimanche 2 Avril 2017 à 19:19

    j'ai  aussi regardé ce téléfilm... et je l'ai trouvé juste magnifique!

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