• Reprises

     

                                          Prochain atelier de ciné-narration le samedi 16 décembre.                                                  Résultat de recherche d'images pour "photos du film la villa"

    Dans La Cerisaie de Tchekhov, une actrice revient dans la maison où elle a vécu des  jours heureux. Elle devrait vendre la propriété, mais…

    Dans La villa de Guédiguian (29 novembre), Angèle retourne sur les lieux de son enfance, veiller le père mourant. Elle n’a plus vu ses deux frères, Armand et Joseph, depuis vingt ans.Un drame les a séparés. Armand est resté dans la calanque, à tenir le restaurant ouvrier ouvert par son père. Il prépare du bon à bon prix. Seulement là, il ne va plus pouvoir, la faillite guette. Joseph est venu avec sa « trop jeune »  fiancée, il est sur le point de la perdre ainsi que ses dernières illusions. Angèle doit tirer un trait sur le passé pour envisager l’avenir. Benjamin lui tend un rouget et déclare sans rougir sa flamme à l’actrice qui l’a bouleversé adolescent dans une pièce de Brecht.

                                                La Villa : Photo Ariane Ascaride

    Comment être juste, dans un monde qui ne l’est plus ? Cette question, Robert Guédiguian la pose avec ses amis de trente ans de cinéma, une vingtaine de films tournés avec Ariane Ascaride (sa compagne), Jean-Pierre Darroussin et le semi-professionnel Gérard Meylan (souvent avec le même directeur photo et ingénieur du son aussi). Ils entonnent le couplet obsédant de la mélancolie nostalgique du temps qui passe dans un monde qui change. Au moment où la langueur du huis clos autour du père assigné au silence et à la paralysie commence à peser, trois enfants réfugiés éclaircissent le ciel plombé de Méjean.

    Résultat de recherche d'images pour "photos film la villa" Les anciens réflexes de solidarité prennent le dessus                                                                                         sur la morosité personnelle. Laver, nourrir, loger ces trois petits, les gestes compensent la parole impossible, ils redonnent sens à un avenir possible. De nouveaux chemins couvent sous la broussaille. Armand et Joseph défrichent la garrigue avoisinant La villa. « Un travail que tu dois faire l’hiver, parce qu’en été, c’est trop chaud. »

    Geste encore de la pêche au petit matin. Les poissons frétillent dans les filets, vous glissent des mains. Toucher, éprouver, ressentir, sortir des prisons mentales, voilà ce que sous-titre la bande à Robert. La caméra s’attarde plus que d’habitude sur les paysages, la mer gorgée de soleil, la villa au balcon majestueux narguant une marina désormais livrée aux nouveaux riches. Mémoire et souvenirs peuplent ces retrouvailles fraternelles. La mémoire nous joue des tours, les souvenirs nous ramènent  à la réalité d’un récit actualisé du passé.

                                                  La Villa : Photo

    L’utopie communiste chère à Guédiguian a sombré, au contraire des valeurs à transmettre telles que le goût de l’entraide, la critique du discours dominant, la fierté d’appartenance à une classe sociale, en l’occurrence, la classe ouvrière en voie d’extinction. Au début du film, le père assis devant un panorama somptueux, marmonne « tant pis », allume une cigarette, serre le poing et s’écroule. L’attaque est foudroyante. Une époque disparaît, Angèle réapparaît, l’histoire bégaie, puis continue. « Shukraan », finit par dire la sœur aînée des deux enfants réfugiés. La confiance a chassé la peur. Les flots de la calanque clapotent doucement…

     

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :