• Reprise en douceur

     

     

    Un mois confiné, temps raffiné.

    Pas encore à se projeter dans le futur, les reclus apprécient au moins le changement de cadence au présent.

    "C'est beaucoup plus calme, on le sent."  "On a le temps et il fait beau." 

    "J'ai décidé d'utiliser la voiture le moins possible, me dit une commerçante. Je vais à pied, chez le boulanger, chez l'épicier. Ça fait du bien de marcher." Une père de famille me confie sa résolution de privilégier désormais les circuits courts, de faire plus lui-même. La famille a commencé un potager.

     

                                              https://www.lesoir.be/sites/default/files/dpistyles_v2/ena_16_9_extra_big/2020/03/20/node_288810/27475209/public/2020/03/20/B9722993079Z.1_20200320154202_000+GLCFORORS.1-0.jpg?itok=ZJuIHPq41584716295

    L'air circule comme apaisé. Les confinés comparent avec la frénésie d'avant où ils couraient à gauche, à droite, rarement au centre. Très mauvais pour la santé, ça, nous dit la neuroscience. En empilant les tâches en un temps record, nous mettons perpétuellement en alerte la partie émotionnelle du cerveau, le moteur de notre organisme. C'est comme si, biologiquement, la personne hyperactive fuyait constamment un prédateur. C'est tuant à la longue. Syndrome d'effondrement physique assuré ; les burn out  se ramassaient  à la pelle.

    Beaucoup appréhendent la reprise. Repartiront-ils sur les chapeaux de roue ou "ralentis" par de bonnes dispositions élues en mode confiné ? Je rappelle l'existence d'une aide à l'introspection partagée sur les conditions d'une vie nouvelle présentée dans un article précédent. La note circule bien, les réflexions mûrissent, je suppose. Rien ne presse, il y a encore quinze jours de suspension.

     

    Forte : Affiche

                                                           J'en reviens au cinéma, vocation première de ce blog. La lettre d'information quotidienne Cineuropa commence invariablement depuis un mois par le même titre : "la crise du coronavirus frappe le cinéma européen." Je passe. Je lis ensuite que le producteur et le distributeur de la comédie de l'été ont vendu exclusivement leur poulain à l'écurie d'une plateforme de vidéo à la demande. Une décision exceptionnelle, disent-ils. "Forte" devait sortir le 18 mars sur 300 écrans français.

    Les chaînes payantes de cinéma et de séries cherchent du contenu pour se positionner dans un paysage d'offre abondante. Un nouvelle-venue casse les prix. La France, à défaut de l'Europe prépare la réplique. TF1, M6, France Télévisions et peut-être Arte lancent Salto à la rentrée. Le public va-t-il garder l'habitude de regarder le cinéma à domicile, alléché par la facilité et l'offre pléthorique ?  J'espère que NON. Une inconnue de plus, qui angoisse le monde du grand écran.

     

                                           Wallimage

    En tout cas, la société de production Wallimage prend le taureau par les cornes. Elle annonce un  financement record de onze projets de tournage. L'entreprise publique répond ainsi à l'inquiétude des producteurs, des techniciens, artistes et prestataires wallons tétanisés par la crise sanitaire. Je salue un soutien bienvenu qui tranche avec le repli frileux sur le cinéma en ligne et à la demande.

                                                       Non, non, Eddy, ce n'est pas La dernière séance

     

     

    Hélène aimerait prendre des photos mais la règle de l'instant et de l'abandon de tout appareil au début du séjour, la ramènent à admirer en silence pour garder la splendeur de ce spectacle comme un souvenir et non comme une image.

    (Sankhara, Frédérique Deghelt, Actes Sud)


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