• Relance

     

                                                                                 Affiche Vendeur - la critique du film

     

     Étrange journée hier. Une modification de mise en pages sauvage m’a enclin à dissoudre Cinémoitheque. Le format rétréci, les photos en colonnes, le texte en gris ne me représentaient plus. J’étais bien résolu à cesser d’écrire en ligne et à sortir de la ligne imposée. Cette cessation virtuelle a jaugé mon attachement à l’exercice auquel je m’astreins depuis bientôt deux ans. Au départ, Cinémoitheque était destiné à préparer la parution de mon livre, Le cinéma, une douce thérapie. Je me suis pris au jeu et j’ai continué après la publication de l’ouvrage il y a juste un an.

    Ces derniers temps, je sentais l’inspiration s’essouffler. Je m’efforçais de respecter la cadence de deux articles par semaine. L’incident d’hier a signé que je pouvais arrêter sur le champ. J’ai néanmoins cherché à comprendre ce qui s’était passé techniquement. J’ai pris contact avec Eklablog, l’hébergeur du site. En fin de journée, l’ancienne formule  a été rétablie et j’ignore encore la raison de ce changement de présentation subit et subi.

    Cette coupure m’a amené à prendre la résolution suivante : j’écrirai quand bon me chante, quand j’ai quelque chose d’intéressant à partager et d’utile à transmettre. Tant pis pour les statistiques de fréquentation (que j’avais tendance à suivre de trop près). J’ai envie de conserver un lien avec les onze mille visiteurs qui ont parcouru la cinémoitheque depuis ses débuts.

    Rita Charon raconte l’histoire d’un patient persuadé d’être atteint d’un cancer du pancréas comme son oncle mort du même mal. Cet homme est très étonné de voir qu’il se sent prêt et même impatient  de mourir. En fait, il souffre d’une affection bénigne et curable.

    Cependant, cet épisode fait de lui un autre homme, explique le médecin narratif. Il doit en effet se confronter à la facilité relative avec laquelle il était disposé à mourir. «Reconnaissant ces sensations comme un suicide passif, il doit regarder attentivement les émotions qui l’ont submergé jusqu’au point d’être lassé de sa vie » (Médecine narrative, p.151, Sipayat).

    Le suicide virtuel de mon blog  a bouleversé le rapport à mon exposition en ligne. Je poursuis pour parler de bons films, d’histoires singulières nées durant les projections et pour continuer à populariser les thérapies narratives.

     

                                                                                   Donc, aujourd’hui, un excellent premier film, Vendeur, (11 mai en Belgique,            4 mai en France) sur le monde méconnu des représentants de commerce, les VRP, comme disent les Français.

    Serge  est un maître vendeur de cuisines équipées. Il ne sait pas faire autre chose et c’est pour cela qu’il le fait bien. Il emballe le client, surtout les femmes.

    «Il faut qu’elles t’aiment, et si elles t’aiment, elles ont envie de te faire plaisir», apprend-il à son fils qui veut épouser temporairement la carrière, même si c’est pas son monde. « Je prends l’argent là où il est, dit Gerald, et puis je monte mon restaurant». Le fils finit par suivre les conseils du père, Gerald était bon en théâtre à l’école. La vente, c’est pure comédie pour entuber les gens.

               J’entube personne, réplique Serge, je vends quelque chose à quelqu’un qui en a besoin.

                                              Vendeur : Photo Gilbert Melki, Pio Marmai

    Après vingt-cinq ans sur les routes, dans les centres commerciaux et les zones industrielles, Serge fatigue carrément. La coke, le whisky et l’amour tarifé ne comblent plus le manque affectif. La réapparition du fils dans une vie vouée aux affaires incite Serge à envisager une autre version de lui-même.

    Gilbert Melki est complètement crédible en grande gueule, muré dans sa solitude, lassé des folles nuits  blanches de libations, échappatoire à une vie merdique. Sylvain Desclous réussit parfaitement à donner de la chair à un métier soumis au diktat de la performance et du chiffre. Il voulait montrer « une sorte d’insatisfaction personnelle et/ou existentielle, planquée sous le masque de la réussite... »

    Clap fin pour Cinémoitheque 230ième. Je suis content et vous remercie de votre fidélité.

      

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Jean-Louis
    Mercredi 11 Mai 2016 à 10:35
    Jean-Louis

    Ouf ! :)

    Et je salue ta décision "d'écrire quand bon te chante". 

    Longue vie à la cinémoithèque. 

      • Jeudi 12 Mai 2016 à 06:42

        Merci pour le "bon" à tirer.

      • Jeudi 12 Mai 2016 à 06:42

        Cela est juste, bien et bon. Amen

    2
    Mercredi 11 Mai 2016 à 11:20

    écrire en se libérant de la tyrannie des stats...écrire bien, écrire juste

    je te remercie pour ces deux ans d'articles qui m'ont beaucoup appris  

    3
    madmich
    Jeudi 2 Juin 2016 à 21:08

    Bien contente que cette épreuve ne t'aie pas découragé à continuer de nous régaler de tes commentaires et associations psy.

    J'espère que ton inspiration sera longtemps aussi florissante afin que je continue à te lire avec toujours autant de plaisir.

    Comme tu le sais, il n'y a pas de hasard, mais des synchronicités...

    Comme me l'enseigne le Qi Gong, j'apprécie et je te remercie pour ton activité.

      • Vendredi 3 Juin 2016 à 01:57

        Merci. A ce vendredi probablement dans la belle ville de Nantes pour de belles expériences narratives

    4
    madmich
    Vendredi 3 Juin 2016 à 21:48

    Non ce n'est pas prévu. Je ne me sentais pas l'âme assez narrative. Le corps lui m'en raconte de belles...

    Bonne conférence !

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