• Regain

     

     

     

    La bonne nouvelle du jour, c’est le sourire de la libraire, sur un visage fatigué :

    Nous avons eu une semaine pareille à celle d’avant Noël, je ne sais pas pourquoi. Des nouvelles têtes aussi, des gens qui ne veulent plus d’Amazon. C’est rassurant.

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    Aujourd’hui, chez Point-Virgule, c’est la fête des librairies indépendantes. Le lecteur reçoit une rose et un livre. Cette année, « À plus d’un titre » réunit les accroches des ouvrages parus chez Folio sur un an. J’ai inséré un signet au hasard, entre Le liseur et Millefeuille, deux titres d’actualité. Sur chaque page, un résumé du roman et une notice sur l’auteur, parfois l’illustration de couverture.

     

    Gaston Gallimard écrivait en 1916 : « J’aime les catalogues, c’est presque aussi beau qu’un indicateur de chemin de fer, on y voyage. » Merci aux livres de m’avoir été des guides discrests, toujours disponibles ; merci aux libraires de servir avec un enthousiasme renouvelé.

     Je continue à égrener les bonnes nouvelles. Notre premier petit déjeuner en terrasse depuis trois mois au centre ville. La patronne amie nous explique le calvaire du masque, surtout qu’elle porte des lunettes. Mais elle sourit, heureuse de revoir les fidèles, juste devant le parvis de l’église. Seul bémol, nos amis du samedi matin avaient déjà terminé. Une grenouille bavarde les avait tirés du lit.

     Point de cinéma aujourd’hui, la vie en trois dimensions, sous un soleil déjà chaud à dix heures. Le bonheur continue chez le disquaire, trente-cinq ans de présence dans le piétonnier cette année. Il sort le CD de Renaud Capuçon, interprète de dix-huit musiques de films, de Cinema Paradiso au Grand blond avec une chaussure noire en passant par Le cercle des poètes disparus et Légendes d’automne. Plaisir immédiat, je m’attendais à devoir commander.

    Comment revivre ensemble ?

    Une vitrine sombre attire notre attention dans la rue piétonne. Le fils du boulanger est décédé inopinément. Sa photo, un article de journal et un étal vide, nous voilà ramenés les pieds sous terre. Une voile de tristesse nous enveloppe et se dissipe dans la marche vers l’avenir. Comment revivre ensemble ?, questionne Le 1, numéro 300. Un pari éditorial gagné sur six ans. Un collègue de Libération (quotidien français) définit ainsi la publication : une feuille magique, qui porte le dépliant au rang d’une œuvre esthétique, qu’on lit en trois formats successifs comme on déploie une tente qui devient, en trois gestes, l’abri du savoir. L’hebdomadaire m’a toujours instruit et étonné. Il nous offre un poster où un couple s’enlace sur fond de pages esquissées à l’encre bleue de stylo..

    Retour en arrière, à la terrasse. Derrière moi, deux amies devisent, comme si c’était la veille. Histoires de familles, coup de fil tonitruant, potins de la comète. Je pense, et si rien n’avait changé ? Et si rien ne changeait ? Je me dis, il faudra dire haut et fort notre vision du monde de demain. Arte montre la voie en proposant un questionnaire sur la société maintenant et ensuite. Les suggestions, idées et réflexions feront l’objet de trois émissions en novembre. « Il est temps ». Merci aussi à Arte. (à l’heure où j’écris, déjà 146.544 contributeurs et 16.249.354 réponses).

                                             Les gens assis et avoir déjeuner à Amsterdam, Pays-Bas : Photo

    Demain, c’est la fête des pères en Belgique. Enfants et petits enfants seront réunis, trois générations, quatre avec une arrière-grand-mère. On attend du beau temps. Temps mieux, temps meilleurs, et même s’il pleut, le soleil sera dans les cœurs. Nous avons le choix de rire ou de pleurer, de chanter ou de nous plaindre, d’espérer ou de craindre. Tel est le propre des moments de crise, observe Delphine Horvilleur, rabbin du mouvement juif libéral de France :

    Surgit en nous la possibilité d’être plus grand ou plus petit, la promesse de grandir ou le tassement moral. Le temps du pendant ne permet pas encore de dire laquelle de ces forces de croissance ou d'amoindrissement de soi l’emportera. »

     

    À suivre…

    Je garde la note joyeuse du jour en pensant aux lendemains. En avant la musique !

     


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