• J'ai donc vu Magic In The Moonlight. Plaisant, bien interprété, superbement éclairé par Darius Khondji, qui a déjà travaillé quatre fois avec Woody Allen. Dans une interview parue dans le dernier Positif (juillet-août, n°641-642, dossier sur les chefs-op et les couleurs. Les cahiers du Cinéma ont choisi le même thème dans leur dernière livraison, n°702)), il explique que Woody a une vraie demande de couleurs depuis Midnight in Paris et To Rome with Love. La lumière chaude de la Provence enjolive gaiement un propos pas si léger qu'il en a l'air.

     

    photo 2                     Magic in the Moonlight : Photo Colin Firth, Emma Stone, Woody Allen                               Magic in the Moonlight : Photo

     

     

    Magic in the Moonlight : Photo Emma Stone

     

    A 80 ans, Woody convoque l'irrationnel et l'au-delà et se ménage une porte de sortie vers une croyance plus douce que le néant après la mort. Il questionne matérialisme et spiritualité, science dure et magie. Il ne tranche pas vraiment, même si l'idée d'un contact a minima avec les esprits des défunts  lui paraît séduisante. Finalement, la seule magie à laquelle l'intello juif new-yorkais croit dur comme fer, c'est celle de l'alchimie imprévisible de l'amour, délectable  pour cet amoureux devant l'éternel.

    Le plaisir est là, pas la jubilation. Le discours sous-jacent sur l'après-vie a supplanté l'amusement d'une aimable comédie.

     

       Woody Allen disait à Eric Lax en 1988 qu'il prenait des acteurs sérieux dans ses films  sérieux, qui n'auront jamais le côté approximatif qui est le sien quand il joue. (Entretiens avec Woody Allen, Plon, 2007). Colin Firth et Emma Stone badinent et philosophent sur un texte millimétré, énoncé avec un impeccable accent british. Ils jouent sérieusement le faux détachement d'êtres face à des choix cruciaux. Woody ignore toujours s'il y a une vie après la mort, mais il s'agrippe à la certitude qu'un film en appelle un autre. Depuis  1978, il tourne au rythme d'un film par an. Cela vaut toutes les thérapies.

                                                                                                                                          

                                          Magie au clair de lune sort le 22 octobre en France.


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    New York Melody : Photo Keira Knightley, Mark Ruffalo

    C'est la grande idée de Begin Again que j'ai vu hier attiré par l'affiche : enregistrer un disque en plein air dans les rues de la Grosse Pomme. La musique dans le plus simple appareil, amplifiée par l'énergie de New York et l'envie de déjouer un sort funeste. La musique panse les peines de coeur de Gretta (Keira Knightley) et soigne la déprime de Dan (Mark Ruffalo).

    Le film commence vraiment après une pesante mise en place. Cette longue intro donne des fourmis dans les jambes. J'étais mûr pour taper du pied en cadence sur de chouettes compositions jouées sur une terrasse en face de l'Empire State Building ou dans une barque sur l'Hudson. Gretta déploie ses états d'âme dans des chansons doucement mélancoliques. Dan, producteur de disque au génie assoupi, réveille sa pêche et mitonne des orchestrations géniales.

    John Carney a écrit les paroles des chansons à la dernière minute. Le réalisateur a modifié sa partition durant les repérages. La musique a pris le dessus sur le pied de nez à l'industrie du disque, les pièges du star system, les relations père/fille et les aléas de la vie de couple. Tous ces thèmes sont abordés, l'air de rien, avec une note majeure aux déboires sentimentaux, transcendés par la création hors format d'un disque dans la plus grande liberté. 

    J'ai passé un bon moment, certes pas inoubliable, mais agréable détente dans ce monde chaotique, livré à la violence et à la cupidité. C'est aussi l'histoire d'une belle amitié, nouée au hasard la vie.

     

    New York Melody : Photo Keira Knightley, Mark Ruffalo

    Les bonnes comédies musicales (et romantiques) sont rares, je ne boude pas mon plaisir. Et si j'allais voir le dernier Woody, juste pour voir...

    Magic in the Moonlight   Bon, l'affiche ne m'inspire guère, mais la bande-annonce est aguichante.

                                               Et j'ai un grand appétit de légèreté.

     


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  • Il est 6H30. e sors du sommeil. Le livre mis entre parenthèses reprend sa place dans mon esprit. Ecrire une conclusion retient l'attention un bon moment. Les idées sont là, les mots se bousculent pour occuper les premières lignes du générique final.

    Puis vient le blog, cette minuscule parcelle d'expression sur l'immense réseau mondial. L'envie vient d'écrire un petit mot. Pour dire une envie de cinéma. Je me lève comme un balle. Je note les premières phrases tandis que l'ordinateur chauffe.

    Parfois, un film m'attire sans que je sache pourquoi.  Begin again, New York Melody (en France) me fait de l'oeil.

     

         La séance du jour est prévue à 18H10. Je vous raconte demain.

     

    Il m'est arrivé de suivre un film à la trace, peu diffusé dans les salles. J'ai fait 40 km pour écouter et voir Quatuor juste séduit par l'affiche. Je sentais une belle connivence entre les musiciens.

     

                                                                          Le Quatuor

     

    "Le quatuor est composé de quatre musiciens, dont un couple. Le fondateur du groupe est gravement malade. Il annonce son dernier concert. La question est posée de sa succession et de la continuation de l’ensemble. Des conflits larvés éclatent. L’émotion surgit devant l’inattendu, une révélation. Quelque chose m’émeut, je ne sais quoi. Des caractères m’intéressent se détachent : la fille rebelle et cynique ; la seule musicienne du groupe (Juliette, Catherine Keener) conciliante et conciliatrice ; le chef noble et digne (Peter, Christopher Walken).

    J’admire la patience avec laquelle Juliette essaie de sauver l’ensemble. Sa bonté est payante. Le final me suggère une idée sur la façon de transmettre une œuvre, d’assurer la continuité après la mort." (extrait de "Le cinéma, une thérapie douce, parution en février 2015)

    Un livre, un blog, fétus de paille voletant dans l'éternité avec la seule ambition de laisser une trace...

    A demain.


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  •                                                                      

     

    Hélène Gallez et Joseph Drese sont symbolistes, Gestalt-thérapeutes, formateurs et cinéphiles éclairés. Ils co-animent depuis vingt ans des ateliers du processus imaginal qui stimulent l’aspect «animant et animé » de l’être.Ils utilisent le cinéma comme support de création d'images vives au service de la connaissance de soi, de la rencontre de l'autre et d'un regard éveillé sur le monde.

     

    Jusqu'au bout du rêve : Affiche                                     Jusqu'au bout du rêve : Photo Burt Lancaster, Kevin Costner, Phil Alden Robinson                         Jusqu'au bout du rêve : Photo Amy Madigan, Kevin Costner, Phil Alden Robinson       

            

    Ray, fermier dans l'Iowa, entend une voix par un soir d'orage une voix "Si tu le construis, il viendra...".  Ray va suivre sa voix et réaliser au moins un rêve dans sa vie, ce que son père n'a jamais réussi.Il va construire un terrain de base-ball au milieu de nulle part. Un film merveilleux, avec un des dernières apparitions(courte) de Burt Lancaster à l'écran.

     

    Les 16 et 17 août prochains, Hélène et Joseph animent un atelier imaginal (dans la région liégeoise, en Belgique) bâti autour du film de Phil Alden Robinson, Jusqu'au bout du rêve (Field of dreams). Ce conte magnifique, au titre prédestiné, sera l'occasion de retrouver un sens à l'existence et à réaliser concrètement un projet de vie.  Ils évoquent leur cheminement de 20 ans d'expériences.

    Le voyage imaginal propose des lectures de vécus, des chemins de vie et des tâches à accomplir, un avenir à réaliser (ensemble !) L’intention est de soutenir la conscience de soi, le déploiement de la personnalité, la valorisation de ressources personnelles. Ce que je vis ouvre un autre possible. On sort du repli sur soi, on rejette la fatalité et ré-enchante le monde. C’est un travail existentiel basé sur la subjectivité accompli collectivement.- (extrait de "Le cinéma, un douce thérapie", à paraître en février 2015)

     

    Chaque voyage a sa feuille de route. Joseph explicite l'itinéraire.

    Connaissez-vous cette logique imaginale, sa vie propre, la puissance qu'elle insuffle ?

    Comment pouvez-vous faire confiance aux signes qu'elle vous propose de suivre ?

    Pouvez-vous accepter qu'elle vous étonne, pouvez-vous retrouver l'innocence de la surprise

    et la curiosité d'explorer sans comprendre, sans savoir, sans connaître et maîtriser tous les paramètres ?

    Nous vivons dans un monde où une forme désabusée de "réalisme" nous fait dire et affirmer:

    « Attention, je ne m'investirai que si je suis sûr que cela en vaut la peine. Je gère… »

    Les mots-clés de ce prêt-à-penser sont : sécurité, contrôle, résultat garanti, succès.

    Hélène complète la carte.

     

    Et si les maîtres mots de la vraie vie étaient plutôt : Rêve - Risque – Liberté d’agir – Réalisation de Soi ?

    Allier imagination et efficacité rationnelle.

    Quelque chose se présente, fait signe : un mot, un geste, une image, une émotion, une sensation.

    Accepter de suivre où elle nous mène jusqu'au bout, au travers des chemins étranges, sinueux, imprévus, incompréhensibles, soutenus par la seule force de cette image vive, c'est se soumettre à ce qui est demandé

    et non plus à ce que nous exigeons. Nous nous ouvrons à la nouveauté, à la création, au vivant.

    Les ateliers d'Hélène et Joseph sont ludiques, joyeux et optimistes. J'ai participé à la session Pleasantville, pour voir la vie en couleurs vives. Ce furent deux belles journées chaleureuses, amicales et dynamisantes. Si vous voulez en savoir plus sur les journées des 16 et 17 août, écrivez à helenegallez@gmail.com ou joignez la au  0473.79.18.69.

    Jusqu'au bout du rêve m'a fait penser à une autre beau film sur les secondes chances dans la vie, Le meilleur,  que j'ai beaucoup aimé aussi.

     

                                                                Le Meilleur

     

    Nouveau départ, rêve de gosse, le cinéma stimule l'imagination et embellit l'existence.

    Je laisse le dernier mot au grand Jacques (Brel) avant de passer 5 jours pleins avec nos petits-enfants.

     

                     Je vous souhaite des rêves à n'en plus finir et l'envie furieuse d'en réaliser quelques uns.


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  • Je suis sorti une demi-heure avant la fin du dernier Cronenberg, Maps to the stars  J’aurais bien quitté plus tôt, mais mon côté voyeur a retardé l’échéance. Les histoires de famille tordues ont toujours un côté captivant et j’avais envie de voir comment la jeune fille bien sous tous rapports allait régler le compte de ses parents incestueux et de sa patronne égocentrique. Mais les personnages étaient tellement veules, cyniques, cruels et narcissiques que je n’ai pas tenu le coup. Tant pis pour la peinture au vitriol d’Hollywood, l’interprétation impeccable des acteurs et la patte intacte du réalisateur septuagénaire.

    J’attends du cinéma qu’il me nourrisse sur les plans émotionnel et intellectuel, j’étais loin du compte. En fait, je n’ai pas envie, ni besoin de cinéma actuellement. Je suis plongé dans l’affinage de mon livre, Le cinéma, une douce thérapie, dont la mouture améliorée sera remise en septembre à l’éditeur. J’ai la tête dans les mots et les idées, je n’étais pas disposé à scruter la carte des stars, même ponctuée à répétition de Liberté chère à Eluard.

    J’aurai certainement retrouvé mes esprits cinéphiles pour savourer Le conte de la princesse Kaguya  dont on dit monts et merveilles (sortie le 13 août en Belgique). Je serai encore plus frais et dispos pour la 29ème édition du Festival International du Film Francophone de Namur (Belgique) du 3 au 10 octobre 2014. Le FIFF  a dévoilé le nom du film qui fera l’ouverture. Il s’agit de Tokyo fiancée, troisième film de Stefan Liberski, adapté d’un roman d’Amélie Nothomb.

     

    Pauline Etienne est la fiancée de Tokyo

     

     Voilà qui clôt ma modeste contribution du jour, dans l’attente de jours plus inspirés.

     

     

     

     

     

     

     

     


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