• Racines

    J’ai simplement envie de parler d’un beau film, aux valeurs universelles et de facture limpide, sorti cette semaine en Belgique, le 22 octobre en France.

                                                                    Le Juge


    La mort de sa mère ramène Hank dans sa ville natale, un trou perdu de l’Indiana. L’avocat d’affaires à la grande ville a coupé les ponts après ses études. En froid polaire avec son père juge depuis 42 ans dans la petite bourgade, le brillant juriste s’est constitué une carapace, mélange de cynisme et d’insensibilité afin d’oublier le rejet paternel. La famille, mère, deux frères et patriarche inflexible, il

     

    a fait une croix dessus. Mais Hank   a néanmoins perpétué quelques rituels familiaux :

     

    la culture des hortensias chers à maman et des caramels mous en pagaille dans les poches comme son père en distribuait aux enfants.


    On naît quelque part, on grandit quelque part, on est toujours de quelque part. Hank reste après l’enterrement de sa mère. Il assume

     

    la défense de son père à son corps défendant. Le vieux juge malade Le Juge : Photo Robert Duvall

    est accusé de meurtre avec délit de fuite. Que s’est-il passé cette nuit de tempête ? Quel a été le point de rupture entre le fils exilé et son père ? Réponses après 2H21 minutes de cinéma classique, solide et carré.


    Le patriarche perd la mémoire, le fils déterre la sienne. Le souvenir de moments heureux vécus avec un père affectueux le motive. C’était il y a longtemps. Ça suffit pour essayer une dernière fois de renouer une relation détestée depuis 20 ans. Hank s’accroche, défend l’honneur familial au tribunal, aide le vieux juge à juguler son cancer. Le fils paterne, le père maugrée.


    Les masques tombent, les cœurs saignent et cicatrisent. La densité des caractères éclipse une mise en scène au service de personnages bien campés. Robert Downey Jr et Robert Duvall vont au charbon, entourés d’acteurs habitués aux seconds rôles consistants.

    Vincent d’Onofrio, Le Juge : Photo Vincent D'Onofrio     Vera Farmiga Le Juge : Photo Vera Farmiga    Bill Bob Thornton Le Juge : Photo Billy Bob Thornton

     

     

                                                                                     Un régal.

     


    Une fois encore, marqué par mon histoire familiale, j’ai suivi intensément l’évolution de rapports houleux entre un père et son fils. Mon cœur se serre quand les parents ennemis font mine de se rapprocher, quand chacun accomplit un pas vers l'apaisement.

     

     

    Salles obscures d'audiences


    Les spectateurs plus intéressés par le cinéma de prétoire, un genre dans lequel les Américains excellent, liront un ouvrage très

    intéressant écrit par un juriste belge, Bruno Dayez préfacé par son frère Hugues, critique de cinéma. reprend

    40 films, prétextes à méditation sur la justice. Cette tournée cinématographique des tribunaux souligne l’emballement médiatique, le sectarisme des cours et la fragilité d’un jugement. Car, finalement, un procès n’est jamais que la confrontation de points de vue sur des faits, chaque partie prétendant détenir la vérité. C’est à qui racontera le mieux son histoire.
    Le cinéma de prétoire, ancré dans la réalité, continue à passionner les foules, conviées à pénétrer les coulisses d’un théâtre judiciaire souvent tragique. Le juge marie procès et remous familiaux, une association gagnante et convaincante.

     


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