• Que d'histoires !

     

     

    Une fois n’est pas coutume - la fois précédente c’était il y a trois ans- je vous parle d’une production maison, la publication de mon troisième livre consacré à la ciné-narration, prolongation de Le cinéma, une douce thérapie.

    En trois ans, les ateliers Cinémouvance ont pris leur vitesse de croisière au gré de mes inspirations et de la volonté des participants d’éclaircir une part d’eux-mêmes. Un film raconte une histoire qui nous parle et nous avons envie d’en parler. Les ciné-clubs sur le pouce sont nés avec La La land et ont repris cette année avec Le brio, réunissant neuf personnes autour d’une joyeuse tablée. Ciné-narration, une façon d’être relate ces événements et détaille également le noyau vibratoire d’un film, les postures du spectateur, les effets de la projection, la temporalité particulière d’une séance de cinéma, les mémoires activées lors du voyage dans la pénombre lumineuse. C’est un livre d’histoires, de récits,de saynètes. Le réel considéré, c’est le regard sur un film et ses prolongements, traduit en mots adressés à d’autres spectateurs réunis en une communauté éphémère de ciné-narrateurs, en ville ou dans les ateliers d’une journée autour d’une thématique.

     

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                                   De la sensation à la perception, de l’émotion au sentiment, de l’expérience à l’action.

    Ces récits en tous sens, individuels et augmentés ensemble enrichissent notre identité narrative, pilier de notre personnalité.

    Nous commençons très tôt notre vie commune avec les histoires et celles-ci nous accompagnent tout au long de notre vie. (Jerome Bruner, Pourquoi nous racontons-nous des histoires?, Retz).

    Le récit de film, essence de ce que nous vu, ressenti, retenu, donne une impulsion vers le renouveau. Le ciné-narrateur tire du film une version innovante, reflet de sa nature profonde et de ses valeurs. De même, les ateliers de ciné-narration, adossés aux thérapies narratives, amplifient les récits de films sur une journée. Ils créent les conditions d’un nouveau regard sur soi. Ils creusent et explorent le mouvement intérieur initié durant la vision du film. Les récits multiples dérivant de ce que chacun a vu ou a cru voir remodèlent les perceptions au cours d’une journée fertile en dévoilements et en surprises. Le groupe s’empare des histoires soumises aux compétences de narrateurs unis dans un même objectif : voir jusqu’où un film les emmène.

    Ces trois dernières années aussi, Cinémoitheque a engrangé deux cents douze récits d’émois variés après une projection. Je continuerai à vous narrer mes voyages en cinéphilie tant que l’envie perdure de dire ce qu’un film m’a apporté ou peut apporter au spectateur décidé à chatouiller les zones grises de son identité narrative.

    « Je n’aurais jamais cru qu’on pouvait passer une journée à parler d’un film. C’est fou les résonances vécues avec son histoire personnelle», commentait une participante à un atelier sur la sortie d’indécision."

    En continuant à écrire sur les films,

    - à les revivre en ciné-club sur le pouce

    - à les promouvoir en supports d’un nouvel élan personnel au cours des ateliers,

    j’ambitionne simplement de raviver un lien social éreinté dans une société soumise à l’accélération tous azimuts. Le cinéma continue à fasciner les foules. Des millions de gens acceptent d’être en retrait du monde, dans l’obscurité, parmi des inconnus. Ils parviennent à se concentrer sur une seule activité, où le corps et la pensée ne sont pas divisés. C’est cet entretemps salutaire que je vous invite à expérimenter en lisant Ciné-narration, une façon, d’être

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    J’en ai terminé avec l’auto promotion, place à une brève impression après avoir feuilleté l’histoire de France en suivant L'échange des princesses, somptueuse et minutieuse reconstitution picturale (27 décembre) à contempler plutôt qu’à vivre. En 1721, régent de Louis XV et roi d’Espagne dotent leurs couronnes respectives d’une reine en puissance. Mademoiselle de  Montpensier, douze ans est promise à l’héritier du trône d’Espagne et Ana Maria Victoria, quatre ans, doit épouser Louis XV quand celui-ci aura treize ans. La politique exige  des alliances dénuées d’amour, peu importe l’âge et le désir des intéressés. La monarchie de droit divin sombre dans la décadence. Les rituels déployés avec minutie défient l’entendement. Ces enfants ne sont que marionnettes sur l’échiquier des adultes, soumis à une charge trop lourde pour leurs frêles épaules. Chantal Thomas signe avec Marc Dugain l’adaptation de son livre éponyme. Beau et prenant si l’on est féru d’histoire officielle; endormant si l’histoire commence pour vous à la révolution française. À cette représentation très académique, j'ai préféré Les adieux à la reine, récit enlevé des trois derniers jours du règne de Marie-Antoinette en 1789.

     

     L'Echange des princesses au Etoile Cinémas                Horaire des séances - : L'Echange des Princesses | film ...

     


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