• Quatre à la suite

     

    Il est rare qu’une suite détrône le premier de la série. Sans un bruit 2 déroge à la règle. Il y a trois ans, je disais déjà mon enthousiasme à propos d’un film de genre portant le courage d’une famille au pinacle.

    L’épouvante cède le pas à une tension permanente générée par des créatures hideuses, prédatrices des humains. Elles surgissent au moindre bruit. Heureusement, ces monstres sont aveugles ; leurs proies ont une chance de survivre à condition de rivaliser de cran et d’ingéniosité.

     

                                                Sans un bruit 2: Emily Blunt, Noah Jupe

    La famille Abbot a perdu le père, les enfants prennent le relais, surtout Regan, l’aînée sourde-muette ( à la ville comme à l'écran). Elle part chercher du secours, laissant sa mère et son frère avec le nouveau-né, terrés dans une fonderie. Un vieil ami la seconde. Regan est résolue à témoigner d’un courage égal à celui du père disparu.

    C’est du cinéma pur, du son et des images, montés superbement, alternant les péripéties en trois lieux différents. Les Aliens puissance 10 apparaissent à bon escient, ni trop, ni trop peu.Ce deuxième épisode élargit le champ d’action à une île de survivants. Il soumet aussi les membres de la petite famille à des choix cornéliens. Le cumul des tensions psychologiques et factuelles, sur un e mode sobre, tient en haleine, jusqu’à l’émouvante séquence finale où sœur et frère affrontent le même péril, reliés à distance dans la volonté de survivre.

                                                  Sans un bruit 2

    Je comptais marquer une pause après Villa Caprice jeudi. Sans un bruit 2 figurait bien sur ma liste de rentrée. Je n’ai pas hésité une seconde en le voyant programmé en VO dans un complexe à Louvain-la-Neuve, ma ville de cœur. L’occasion fait le larron, vendredi pas au balcon. Quatre longs-métrages depuis la reprise (9 juin), je m’étonne. L’attraction du grand écran renaît en multipliant les prises.

    Pourtant Villa Caprice m’avait déçu. J’attendais trop peut-être, espérant que le scénario serait à la hauteur de la distribution royale ; Niels Arestrup, Michel Bouquet (94 ans), Patrick Bruel et Irène Jacob. Les acteurs sont parfaits. P.Bruel est surprenant dans un rôle antipathique de grand patron. N. Arestrup donne une profondeur énigmatique à un avocat. Maître G. vit et travaille solitaire dans un hôtel particulier parisien. Il héberge son père dans une partie privée. Il sonne à la porte avant la permission d’entrer. Son père le traite mal, le fils prend sur lui.

     

                                          Villa Caprice: Niels Arestrup

    L’avocat et l’homme d’affaires véreux ont des points communs. Ils n’ont pas d’amis, aiment le pouvoir et habitent des demeures somptueuses. L’amitié serait-elle possible entre deux êtres si discordants ? Le film tourne sonde cette relation empoisonnée, avec en fond, les liens douteux entre justice, politique et milieux d’affaires (des gros poissons). Bernard Stora est très pessimiste sur la marche du monde, ce qui ne l’empêche pas de saluer un homme  de principe, avide d’amitié, pas au point cependant de renier ses valeurs.C’est le moment de relire Les manipulateurs sont parmi nous.

     

     

    Passé composé par Sinclair

    Mon carnet de projections est vide. J’ai rendez-vous avec Anne Sinclair pour conjuguer le passé composé. Le prologue  est un petit bijou d’élégance lucide et d’indulgence envers celle qui se trouve « piégée dans ce paradoxe : écrire comme tout le monde, en espérant intéresser tout le monde à une vie qui ne serait pas celle de tout le monde. »

    La journaliste a longtemps refusé de livrer ses mémoires avant de changer d’avis. C’est comme moi : j’avais dit que je ne me précipiterais pas à la réouverture des salles et voilà déjà quatre roses à mon bouquet.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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