• Prise de conscience

    Les participants au deuxième atelier   de ciné-thérapie étaient pensifs à la fin de la journée, encore marqués par la projection matinale de Disconnect.


    « J’étais contente de pouvoir parler du film après l’avoir vu, la parole libère d’une émotion trop forte. »


    « Ça ne me suffit pas d’être seule avec ça. J’ai envie de revoir le film avec mon mari et de discuter avec lui des usages d’internet et des réseaux sociaux. Nos enfants sont grands, mais pour nos petits-enfants… C’est un sujet que nous avions rarement abordé auparavant. »


    « Ce film a éveillé des peurs. J’ignorais les dangers auxquels des adolescents s’exposent en dévoilant leur intimité sur les écrans

                     d’ordinateur ou de téléphone.»                                                                            

     


    Les adultes sont également des proies faciles pour des esprits malveillants. Le film montre aussi la détresse d’un couple piégé par un escroc, prédateur de la misère affective dans une société d’opulence. La technologie numérique submerge un océan de solitude, elle instaure du lien et de la confiance virtuelle entre des êtres en défaut de considération, d’attention, d’empathie, dans un monde réel impersonnel. Des êtres tellement désemparés qu’ils dévoilent leur intimité à de parfaits inconnus.

     


    La grande force du premier film d’Henri Alex Rubin, est de présenter les deux facettes d’Internet, média à la fois destructeur et réconciliateur. La communication à distance rapproche des pères de leurs fils, recompose le puzzle compliqué des relations en face-à-face. A proposer dans toutes les écoles du Royaume et de la République.

                                                   Résultat de recherche d'images pour "disconnect"


    Les participants à l’atelier ont dégagé les thèmes majeurs du film, inspirés par les situations et les personnages. Je cite en vrac : manque d’amour, fragilité, confusion, manque d’amour, solitude, culpabilité, confiance, déprise sur les événements…
    Il leur était encore demandé de choisir le personnage qui les avait particulièrement touchés et d’imaginer son évolution. L’histoire personnelle, les valeurs et les croyances de chacun ont inspiré des récits variés et attachants. Cette expérience écrite et narrée est généralement très appréciée car elle laisse libre cours à l’imagination et aux projections : happy end, romance, revirement, prise en mains de son destin. C’est très gai d’être auteur d’une nouvelle histoire ou de réécrire les événements. Le but ultime des ateliers de ciné-thérapie est de glisser de l’histoire du film vu à la narration revue de sa vie vécue.

     

                                                                   Résultat de recherche d'images pour "disconnect"


    Nous n’en sommes pas encore là. Lors de ce deuxième atelier, l’empreinte forte du film a orienté  le déroulement vers une parole libératoire, exprimant une prise de conscience inattendue de l’emprise tentaculaire de la pieuvre numérique.
    Parole, créativité, partage et réflexion, la journée fut belle, antidote efficace à l’indifférence et au repli sur soi. Merci à tous !
    Dans un prochain article, je décrirai le troisième temps de l’auto-observation lors d’une projection à visée thérapeutique.

     


  • Commentaires

    1
    Michel
    Mardi 24 Février 2015 à 10:14

    Voilà qui donne envie de voir ce film et de pouvoir prolonger la vision par l'échange...

    2
    madmich
    Vendredi 6 Mars 2015 à 19:35

    Toujours très intéressant. Cela se rapproche un peu de l'analyse d'un rêve d'un participant par les autres participants qui vont automatiquement rebondir par résonnance (positive ou négative d'ailleurs).

    3
    Samedi 7 Mars 2015 à 08:08

    Oui, une séance de cinéma est vécu comme un rêve éveillé. Pour continuer dans l'esprit du commentaire à ton commentaire sur les histoires en cascade, l'inconscient est structuré comme une histoire. Les narrations, récits donnent du sens à ce qui nous apparaît d'abord confusément.L'image représente ce qui est absent. Nous lui donnons sens par nos mots et ceux des autres..

    4
    Samedi 7 Mars 2015 à 11:39

    Je rectifie : l'inconscient est structuré par une histoire.

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