• Pression maximale

     

     

    Puis-je vous présenter Elisabeth Sloane,Miss Sloane - Movies - Castanet.net agent d influence à Washington. Talons aiguille de douze à quinze centimètres, robes de grands couturiers, montre de marque, rouge à lèvres carmin, la lobbyiste cornaque une dizaine de collaborateurs à sa botte. Elisabeth n’a aucun scrupule, ne dort jamais, a toujours un coup d’avance sur ses adversaires. Elle paraît indestructible jusqu’au jour où cette travailleuse quasiment psychotique se heurte à des faiblesses soigneusement masquées à coup de psychotropes. On ne lui connaît aucun ami, ni aucune liaison sentimentale. Elle recourt au savoir-faire sexuel tarifé de jeunes hommes bien proportionnés, payés en liquide et remballés aussitôt la petite affaire faite. Elisabeth prend plutôt son pied à relever des défis impossibles. Elle n’épouse une cause que si elle est sûre de gagner. Nous sommes en présence d’une tigresse cynique et vorace, déterminée à utiliser toutes les ressources disponibles pour gagner, y compris le drame privé d’une collaboratrice jetée en pâture

    aux médias.

    Jessica Chastain envoûte dès la première image. Elle maintient un tempo hallucinant jusqu’à sa comparution devant une commission sénatoriale. Son interprétation est surnaturelle dans une composition extraordinaire. J’ai rarement vu une telle intensité personnifiée au cinéma. Miss Sloane (8 mars) est un suspense haletant (thriller) politique qui dévoile le monde occulte du lobbying aux spectateurs sidérés. La National Riffle Association dépense des sommes colossales pour contrer une réglementation timide des armes. Mais les porte-flingues ont une tireuse d'élite en face. Elisabeth utilise tous les moyens – légaux et illégaux – pour anéantir la puissance de feu d'un lobby omnipotent aux États-Unis.

                                                               

    La guerre est terrible, indécise, et prenante malgré les séquences bavardes qui décryptent les stratégies et les enjeux d’un combat au couteau. La manipulatrice hors pair cite régulièrement le credo des agents d’influence : toujours surprendre l’adversaire et ne jamais être surpris/garder sa dernière carte et ne la jouer qu’après l'ultime atout de l'adversaire. Vous l’aurez compris, des nerfs d’acier sont indispensables pour triompher sur l’échiquier de la pression. Du tout bon cinéma anglo-saxon, (le réalisateur John Madden est britannique) qui allie action et contenu. A voir en cette année électorale dans plusieurs pays européens, à commencer par les Pays-Bas aujourd’hui.

      Aux antipodes du cynisme et de l’arrivisme, Patients (1 mars) charrie camaraderie, humanité et dignité. Grand Corps Malade (aidé de Mehdi Idir ) met en images son roman autobiographique dans lequel il décrit sa rééducation dans un centre spécialisé. Ben a perdu toute autonomie après un accident. Il a besoin d’aide pour manger, uriner, s’habiller, marcher. Et d’une sacrée dose d’énergie pour remonter la pente. Heureusement, l’ex athlète peut compter sur ses copains tétras, paras, traumatisés crâniens. Cette communauté solidaire manie une autodérision salutaire et minimise des handicaps graves. Nous vivons de l’intérieur la vie d’un centre où « tout le monde est en galère ». Nul apitoiement, ni mièvrerie mais une émotion qui vous étreint quand l’humour échoue à surmonter le désespoir.

    « J’ai un téléphone adapté, une fourchette adaptée, un fauteuil adapté mais je n’ai pas encore d’espoir adapté ». Une fameuse leçon de vie ! Écoutez ICI l’intégralité de la chanson Espoir Adapté, clip officiel du film.

                                           Patients : Photo Franck Falise, Moussa Mansaly, Pablo Pauly, Soufiane Guerrab


  • Commentaires

    1
    Coumarine
    Samedi 18 Mars à 15:54

    par la frce des choses (je veux dire pas par choix!) je vais souvent à la clinique S.L

    je rencontre des personnes amputées ou simplement malades(?) comme moi!

    Leur vie est difficile tu penses bien... mais le courage bien présent.

    Patients j'irai le voir... quand je pourrai

    (je te lis toujours, même si je ne commente pas ou peu, mais là je pouvais pas me taire...) 

      • Dimanche 19 Mars à 07:36

        Merci de ta fidélité à travers les épreuves que tu vis. Patience et longueur de temps... il n'est plus temps de se taire, ni de se terrer. La bande à Ben s'accorde pour nous secouer.

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