• Premiers émois

     

     

                                                            Raviver la flamme. Réanimer l'énergie amoureuse. Revivre la première fois.

    Retourner au 16 mai 1974, date du coup de foudre de Victor pour Marianne. C'est l'ordonnance du fils à un père viré par sa femme après quarante de mariage. Victor suit la prescription à la lettre. Il est embarqué dans la reconstitution minutieuse de la brasserie où tout a commencé. La mise en scène ne recule devant aucun artifice : acteurs, objets d'époque, scénario précis basé sur le récit du client et ses dessins, puisque Victor est un illustrateur largué par les nouvelles technologies. En coulisses, Antoine, scénariste- réalisateur souffle les répliques à l'oreillette des personnages sur le plateau.

     

                                     La Belle époque : Photo Daniel Auteuil, Doria Tillier

    Chacun joue son rôle, sauf Victor qui retombe amoureux... du double de sa muse. La réalité dépasse la fiction. Le vrai se mêle au faux dans un ping-pong virevoltant entre les époques, les sentiments et les situations improvisées selon l'humeur du jour. C'est corsé, jamais corseté; le double de Marianne dégrafe volontiers son corsage pour les beaux yeux d'Antoine, son compagnon intermittent. les deux amoureux ennemis règlent leurs comptes par oreillette interposée. C'est d'autant plus pimenté que Nicolas Bedos,auteur du film et Doria Tellier, le rôle principal, sont compagnons à la ville. Ces fragments d'amour vache (vécu?) parasitent La belle époque reconstituée au grand bonheur de Victor, qui en redemande tant et plus.

     

                            La Belle époque : Photo Daniel Auteuil, Doria Tillier            

    C'est drôle, pétillant, délicieusement rétro-romantique bien que parfois trop cru de langage pour mon éducation.Le cinéma donne dans le théâtre. On sait que c'est faux mais on a furieusement envie d'y croire. Victor y croit dur comme fer. Il avale sa cure de jouvence telle une potion magique.Le public séduit applaudit à la fin. Il a vu un film d'époque aux vertus régénérantes, avec des comédiens au mieux de leur forme. On sort de la salle le sourire au cœur, la démarche alerte en saluant la maestria d'une comédie réussie sur un sujet indémodable : le couple.

    Le couple est un objet précieux et fragile, une entité à part entière qui réclame une certaine attention. Si vous le traitez avec considération, il saura continuer à vous apporter un enrichissement personnel et une tranquillité intérieure. (La danse du couple, Serge Hefez)

    Notre boulier conjugal dénombre quarante-deux ans et demi de vie commune. Je n'ai pas encore été congédié. Merci Martine (Minou), je n'aurais pas les moyens de me payer un retour vers le passé. La belle époque, c'est maintenant et à deux mains (la main dans la main).

                                                    La Belle époque : Photo Daniel Auteuil, Guillaume Canet


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