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    Affiche du film La dixième victime

                           Elle a la poitrine qui tue. Caroline attend maintenant sa dixième victime désignée, synonyme de pactole et de célébrité.

    Un ordinateur à cartes perforées désigne Marcello. La Grande Chasse aura lieu à Rome, au temple de Vénus, loué par un producteur de thé. La mise à mort unterviendra durant le tournage d'un spot publicitaire. Ursula Andress et Marcello Mastroianni jouent à balle chasseur sous la houlette d'Elio Petri. L'habillage est signé Courrèges, nous sommes en 1965. Ursula (8 films en trois ans) surfe toujours la vague de fille à James Bond, Marcello veut casser son image de séducteur latin et Elio a envie d'un film "Pop", adapté d'une nouvelle de Robert Sheckley.

     

                                              

    La dixième victime (1965) détonne dans la filmographie d'Elio Petri, auteur de films politiques remarquables dans les années 70. Le film d'anticipation satirique plante le décor d'une société à la violence canalisée dans une Grande Chasse légale. Les combats sont individuels et contrôlés. Pas question de trucider dans une école, un restaurant ou un hôpital. Si le tueur se trompe de cible, il prend trente ans de prison. 

     

                                                              "Un ennemi par jour, le bonheur pour toujours."

                                    "Plus besoin de contrôler les naissances quand on peut augmenter la mortalité."

     

                                                   

    C'est amusant, agréable à regarder ; les décors entrelacent Rome antique et art contemporain. Le film est précurseur, il dénonce l'emprise de la publicité et préfigure l'ère Berlusconi de la télé lessive vingt ans avant l'avènement du caïman. Il y en a un vrai dans le film qui dévore la victime tuée. Mais il y a aussi un aspect ignoré par la critique à l'époque, la désacralisation du mariage. L'amour, oui; les enfants, tant que tu veux; l'union légale, mille fois non.Vive l'amour libre, même entre traqueuse et traqué. Trois femmes pourchassent l'homme au visage figé : la tueuse, son ex-femme et sa maîtresse. Et ça, c'est vraiment tuant. Les rôles sont renversés, les femmes sont les prédatrices, les hommes de pâles jouets entre leurs pattes. La virilité du beau mâle transalpin est mise à mâle.

     

    Couverture du livre L'Autobiographie dilatée par Jean A. Gili 

                                                               Pour les passionnés de cinéma italien, lire L'autobiographie dilatée, une série

                                                               d'entretiens avec Nanni Moretti, un cinéaste engagé dans la lignée de Petri, Rosi ou Risi.

    Le cinquième film de Petri dormait sur l'étal d'un vendeur au marché matinal. J'ai encore acheté son premier long-métrage, L'assassin, toujours avec Mastroianni et Micheline Presle. De nombreuses actrices et acteurs étrangers ont tourné en Italie début des années 60. Ce premier opus ressemble un peu à Garde à vue (1981. Lino Ventura, Michel Serrault), un suspect face à un enquêteur tenace. Après La dixième victime, il y a eu notamment Rollerball (1975), La mort en direct (1980), Le prix du danger (1982), Chasse à l'homme (1993) et Hunger Games (2012-2015) sur les thèmes de la violence canalisée et la télé spectacle.

     

                                                              

    Dans la fièvre du samedi matin, j'ai également choisi un film de 1944 et quelques contemporains. Le plus ancien, Les clés du royaume est tiré d'un roman de A.J. Cronin, avec Gregory Peck, missionnaire en Chine. Le plus récent (2020), sorti un peu avant le premier confinement, Les traducteurs (2020), est le deuxième long-métrage de Régis Roinsard, sept ans après le succès de Populaire.

     

                                              Les Traducteurs: Lambert Wilson, Olga Kurylenko, Anna Maria Sturm, Manolis Mavromatakis, Alex Lawther, Frédéric Chau, Sidse Babett Knudsen, Riccardo Scamarcio, Eduardo Noriega

     

              Voilà pour l'aperçu de mon retour vers le passé. J'espère qu'approche le jour où je reparlerai de nouveautés. 

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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