• Plus chaud que le climat

     

     

    Nous sommes le premier jour du dernier mois de l’année.

                 C’est aussi la date de mon premier jour sur terre.

    Irène Jacob publie son premier roman, passerelle entre la mort et la vie. Mort du père et vie du nouvel enfant à naître.

    J’ai acheté Big Bang à Paris, à la librairie des abbesses où elle a lu des passages de son livre vendredi dernier. Si j’étais parisien, j’aurais été l’écouter. J'ai des souvenirs flottants de ses deux interprétations lumineuses dans La double vie de Véronique et Rouge, chaque fois profonde et mystérieuse.

                                                                             La Double vie de Véronique : Photo Irène Jacob, Krzysztof Kieslowski

    Nous avons en commun un père physicien et un séjour à Genève en début de vie. Comme elle, mon père m’a fait visiter le CERN, dans un état d’excitation fébrile, passionné par la recherche sur les origines du monde. Est-ce pour cela que la lecture de son premier roman m’a paru comme une évidence, sa photo m’accueillant à la sortie du métro à Montmartre ? Les premières pages m’ont en tout cas convaincu de transporter le Big Bang en Belgique. Résonance, résonances...

    L’actrice trop rare sur les écrans vit le deuil de son père adoré avec la promesse d’une nouvelle vie dans ses entrailles. Du néant va surgir la vie alors qu’une vie est retournée au néant. Irène Jacob relate d’une plume enjouée et poétique l’éternelle oscillation de l’être. Le balancier du cœur englobe états d’âmes, moments heureux ou malheureux, reliant le fil des jours au tissage de l’existence.

    C’est la grâce des histoires de pouvoir rassembler ce qui est dispersé, contenir rêves et réalités, mêler en une même phrase  le présent et le passé, la peine et le sourire, la présence et l’absence, l’intimité de la solitude et le fabuleux partage.

    Aujourd’hui, je commence l'histoire au présent du premier jour du reste de ma vie, l’occasion d’orienter le futur. En ce jour qui borne le passé, j’ai envie de partager quelques impressions après un mois dédié au cinéma politique.Trois cinéastes octogénaires m’ont remobilisé sur les thèmes de la précarité, du déni démocratique et de l’injustice. Ils ont conforté ma volonté de m’engager davantage pour les générations futures.

    J’ai donc marché pour le climat vendredi en compagnie de publics très divers.

    * J’ai parlé avec des gilets jaunes belges (oui, ils existent) lancés dans un cycle de formation conférences sur les institutions de la Belgique.

                                              

    * J’ai fait un bout de chemin avec la mère d’une jeune activiste écologiste. Sa fille Adélaïde est à bord du voilier censé rallier le Chili pour la COP 25.La conférence des Nations-Unies sur le climat a été déplacée en Espagne. Les passagers seront hors délais, le bateau au est trop lent. Ils participeront donc  aux échanges de Madrid via Skype.Le voilier mouille actuellement au Brésil. L’an dernier, 137 brésiliens ont payé de leur vie la défense de la forêt amazonienne.C’est Adelaïde qui a informé sa mère.

    - C’est elle qui m’a tiré dans la rue depuis un an. Ici c’est calme; quand on voit le Brésil, la réalité beaucoup plus rude qu’ici. Cela dit, Adélaïde était déçue de rater Madrid.

    *J’ai demandé à une mère d’Extinction Rébellion si elle n’avait pas mal au dos avec son dernier né en portage, son deuxième dans une poussette tandis que l’aîné de huit ans marchait vaillamment durant la longue marche à travers Namur.  

    - J’ai l’habitude. Je les ai porté tous les trois. J’ai le dos solide. Ce n’est pas comme mon mari qui doit renoncer après  vingt minutes.

    C’est bien connu, les femmes portent plus que nous. Les figures de proue du mouvement Youth for Climate sont  d'ailleurs des filles.

    En rentrant, j’ai adhéré à Grands-Parents pour le climat avant de suivre un colloque sur l’éradication des pesticides avec mon épouse.

     

    Big bang

                                                                     Et j’ai lu ceci avant de m’endormir du sommeil du réveillé, p.112 de Big Bang :

     

    Pars donc vers la source cachée de toute chose.

    Quitte tout et tu trouveras tout.

    Prends le temps de vivre amicalement avec toi-même.   

    Respire.

    Reprends haleine.

    Apprends

    Dans le repos du calme et de l’esprit

    La calme lenteur de toute germination

    (…)

                                                Merci à tous de m’avoir accompagné jusqu’ici et à venir. 

     

     


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