• Piqûre de rappel

     

                                                              Le Vent de la liberté : Affiche

     

    Il y aura trente ans cette année que le mur de Berlin est tombé.

    Hasard ou coïncidence,  je termine un très beau roman sur la chute du mur de la honte tandis que le cinéma me propose un voyage en ballon au-dessus de l’ex-frontière entre les deux Allemagne, épopée vécue réellement par deux familles en 1979.

    J’ai regardé en ayant à l’esprit les pages qui décrivent l’ambiance mortifère régnant  en Allemagne communiste. Le voisin, le pharmacien, l’institutrice, le commerçant, le passant sont tous des délateurs potentiels. La moindre visite tardive, une musique diffusée trop fort ou une pique à l’égard du socialisme, et boum, vous avez la Stasi sur le dos. Invivable! À moins de se contenter de peu comme le père d’un des fugueurs : « je suis content avec ma petite maison, mon petit jardin, ma famille. J’ai tout ce que j’avais rêvé… Mais tu n’es pas obligé d’avoir la même vie, dit-il en prenant le bras de son fils.»

                              Le Vent de la liberté : Photo David Kross   Le Vent de la liberté : Photo Alicia von Rittberg

    C’est parti pour une deuxième tentative. Ballon et nacelle seront plus grands, quatre adultes et quatre enfants mettent les coutures doubles. L’étau de la police politique se resserre. La tension est à son comble.

    "Un sacré effort", dira deux fois le lieutenant-colonel à leurs trousses, par ailleurs glaçant..

    Comme cette époque paraît révolue. J'avais presque oublié le rideau de fer et le mur bien solide qui condamnaient la libre circulation des frères allemands.Trente-deux mille tentatives de franchir le mur ont échoué et quatre cent soixante-huit personnes ont laissé leur vie au pied de l'enceinte. Les ordres étaient de tirer à vue, même sur les femmes et les enfants. J’avais effacé de ma mémoire cette pesanteur idéologique, génératrice de désespoir, ne retenant que la soirée magique du 9 novembre 1989, date qui scelle l’effondrement pacifique d’une ignoble construction.

    Le vent de la liberté se termine là où commence Trois jours à Berlin. La  boucle est parfaite. Lecteur et spectateur sont ravis, sous l’emprise des tournants imprévus de l’histoire, avec H ou h.

                                                    Le Vent de la liberté : Photo Friedrich Mücke, Jonas Holdenrieder, Karoline Schuch, Tilman Döbler

    Après chaque film que j’aime, j’ai l’impression de vivre avec plus d’intensité, comme au cinéma : mes sens se sont aiguisés, j’ai envie de danser, les couleurs chantent, les sons amplifiés, tout est plus lumineux. J’entends le moindre bruit, la moindre parole avec une acuité nouvelle  (p.119).

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    Coumarine
    Samedi 27 Avril à 15:47

    C'est ce qui se passe pour moi quand je lis un livre qui m'interpelle: l'impression de vivre avec plus d'intensité!

    2
    Coumarine
    Samedi 27 Avril à 16:11

    je ne savais pas que tu avais recommencé ton blog de cinéma... je m'y suis promenée un peu: Passionnant!!!

     

    3
    Samedi 27 Avril à 16:30

    Oui, je m'y suis remis avec moins d'assiduité et moins d'ambition. Les films de qualité manquent, je fréquente moins les salles peu éclairées. La lecture me nourrit davantage, avec notamment la découverte d'une éditrice curieuse, Sabine Wespieser. Ce qui a remis mon clavier en route,  c'est l'audience persistant alors que je n'écrivais plus. Cette audience a augmenté puis diminué. Mais ce qui me tient surtout, c'est le plaisir d'écrire et  d'attirer l'attention sur des œuvres intéressantes et peu soignées par les médias. Si un jour, tu as l'occasion de voir Work ohne autor, ne rate pas ces trois  heures de grand cinéma qui passe comme l'histoire que l'on a tendance à oublier. Merci pour tes encouragements récurrents.

    4
    Polly
    Samedi 10 Août à 10:51

    Le film parle du pouvoir des femmes. La capacité de montrer votre personnalité et votre caractère, comme dans les films https://sokrostream.cloud/  sur.

     

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