• Phénoménal

     

     

    Expérimenter avant d’analyser,

    bouger au lieu de subir,

    dire avant de comprendre,

    ici et maintenant. 

     

                                                   Perfect Sense : Photo Eva Green, Ewan McGregor

     

    Un cuisinier et une biologiste tombent amoureux en pleine pandémie. Un maladie sournoise frappe le monde entier ; elle annihile les perceptions sensitives. Susan perd la vue, Michael perd le goût. Privés progressivement de communication corporelle avec le monde, Susan et Michael s'efforcent de garder le contact avec leur idylle naissante. L'amour les tient, ils puisent dans leurs émotions partagées le vaccin espéré contre la privation des sens. Leur couple existe, donne du sens à une vie qui sinon, serait devenue désespérément fade. Perfect Sense oblige le spectateur à ressentir ces pertes de sens, du moins à les imaginer.

    Ce film est remonté du tréfonds de ma mémoire lorsque je suis sorti tôt matin humer l'humeur du jour. J'ai vu la lumière encore blanche du soleil, j'ai senti fraîcheur le long des bras, j'ai respiré un parfum familier, souvenir de réveils matinaux en Provence. J'ai éprouvé chaque sensation l'une après l'autre, éludant toute pensée, toute analyse, le cerveau mis au repos. L'épidémie actuelle réveille notre attention, nos perceptions, soutenues par le temps reconquis et le silence réapparu.

    Quel bonheur de goûter ces moments de suspension du cérébral, tous sens éveillés, à l'affût de sensations oubliées. Et si je perdais ce contact tactile et sensuel... Cette pensée à déterré Perfect Sense, (2012) me fournissant un point de départ au billet du jour. Puis une chanson entendue à la radio, m' a emmené à Paris, sur les Champs-Élysées, où une voix surgie de nulle part m'avait figé, puis fixé sur un banc, à l'écoute d'une chanteuse que je ne connaissais pas. Le timbre de sa voix, son énergie, ses paroles m'avaient complétement séduit. 

     

                                                          

    Je veux d' l' amour, d' la joie, de la bonne humeur,

    ce n'est pas votre argent qui fera mon bonheur.

    moi, j' veux crever la main sur le cœur.

    Allons ensemble découvrir ma liberté, oubliez donc tous vos clichés, 

    bienvenue dans ma réalité.                                                             ( Zaz, Je veux), la chanson du jour.

     

    Nous sommes peuplés de souvenirs conscients et inconscients, explicités et implicites. Notre mémoire émotionnelle inconsciente réagit au quart de tour, dans un réflexe archaïque de survie, avant que le cortex ne décortique l'émotion ou la sensation afin de la mettre en relation avec le passé ou de forger une réponse adéquate à l'inconnu. J'adore ces parfums, ces matières, ces images qui réveillent des histoires enfouies. Je laisse ces éclairs de conscience se déployer dans la quiétude d'un monde assigné à résidence, résidence première, base du renouveau, Le long de la route).

                                                                            

    Prenons−nous la main,
    le long de la route.
    Choisissons nos destins
    sans plus aucun doute,
    J'ai foi et ce n'est rien
    qu'une question d'écoute,
    d'ouvrir grand nos petites mains
    coûte que coûte.

     

                                  Je fuis la cacophonie du déconfinenent,

                                  je redoute l'après,

                                  mais là, ici, présentement,

                                  je suis content d'avoir éprouvé, bougé et dit.

     


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