• Pétard mouillé

     

     

    Un homme en pleurs, couché sur un lit en position fœtale, raconte le drame de sa vie.

    « Je l’ai conduite à l’hôpital. Elle était méconnaissable, le visage enflé par les coups. Elle était inerte, sauf ses yeux grands ouverts. Elle a fixé son regard sur moi. Des larmes ont coulé et puis elle a décliné sur quelques jours. Je n’arrive pas à m’ôter cette image de la tête. Je n’arrive pas à ôter cette image de ma tête », hoquète José.

     La colère d'un homme patient     (26 avril)

    Le braquage de sa bijouterie et la mort de sa femme remontent à huit ans. Huit années que José polit sa soif de vengeance. Il a contenu sa rage, son dépit, son chagrin. Un cocktail détonnant qui va exploser à la gueule des trois braqueurs. José contraint Curro, le chauffeur de la bande, à remonter la piste de complices qu’il n’a jamais dénoncés. Lui seul a purgé sa peine aux yeux de la société. José inflige à Curro le châtiment supplémentaire d’assister à sa vengeance sourde et irréversible. Le premier film de Raúl Arévalo tient la route tant que le mystère plane sur les motivations de José, implanté dans un quartier populaire au-dessus de sa condition. Il séduit Ana, la compagne de Curro, il joue au poker avec ses nouveaux potes, boit son café crème et rentre chez lui dans sa grande maison.

    Ensuite, la tension se dilue dans l’application linéaire de la loi du talion, malgré un souci de renouveler le genre en échelonnant la sentence du bourreau. Les condamnés ne flairent rien, ils se laissent approcher, et puis… bam ! Finalement le processus est plus intéressant que l’exécution sanglante.

    Je restais sur l’excellente impression laissée par La isla minima, dans lequel jouait d’ailleurs Raúl Arévalo. Cette enquête dans le marais andalou signait une narration épaisse, doublée d'un fond métaphysique. J’espérais un plaisir semblable en mettant mes yeux dans La colère d'un homme patient. J’ai déchanté après trois quarts d’heure. Dommage. Mon désenchantement provient aussi de la sécheresse de personnages suscitant peu ou pas l’empathie du spectateur. Je n’étais pas disposé non plus à encaisser une violence brute. Les quarante-cinq premières minutes initiales valaient néanmoins un bref billet témoignant de la volonté des cinéastes ibères de renouveler les canons du film policier.

     


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