• Paris ratage

     

     

    Elle a adoré Edmond, j'ai subi Doubles vies, coincé en bout de rangée dans une salle comble. Elle a ri et pleuré, j'ai rongé mon frein. Heureusement, mon épouse est prête à revoir la naissance de Cyrano ensemble.

    J'ai cédé à l'illusion de pouvoir pénétrer le marigot parisien de l'édition. Je n'ai eu que verbiage, commérages de réseaux sociaux, étalage de duperies. De vraies questions sont posées sur l'avenir du livre papier, la déglingue de la culture, l'usure du couple, mais les réponses sonnent faux, emplies de vacuité snob.

    L'autofiction assure le succès en librairie, quitte à exhiber l'intimité d'une relation rompue.

    Une amante lit les textos sur le téléphone de son amoureuse.

    -Tiens, tu lis mes textos maintenant...

    - Depuis toujours.

    - Ah!

    Point final (Titre d'un roman publié à l'influence).

     

    Doubles Vies : Affiche Le narcissisme, qui n'est autre que l'amour de soi, est parfois une source de pathologies,       mais il est d'abord indispensable à chacun. Il permet notamment le jugement personnel et l'autonomie de pensée, qui sont fondés sur le fait de se faire confiance à soi-même. Ce narcissisme sain ne s'oppose pas aux relation interindividuelles, au contraire, il les nourrit et les soutient...

    ...Il semble bien guidé aujourd'hui par un appétit croissant d'annexer à soi plus de choses, et, pour cela, d'en montrer plus.Ce désir participe de ce que nous avons appelé une "culture de l'extimité" : être connu par un très grand nombre de gens, c'est avoir l'illusion de multiplier les miroirs de sa propre identité et de mieux se connaître.

    écrivait Serge Tisseron en 2001 dans L'intimité surexposée.

    La plupart du public râlait  hier sur le temps perdu. Il arrive qu'un bon réalisateur fasse un mauvais film, dit un spectateur indulgent, peut-être pour se consoler d'un choix fait sur la bonne réputation d'Olivier Assayas.

    Moins bon, c'est un euphémisme, rajoute un autre frustré. C'était très mauvais.

    La critique encense, le public sanctionne, médite cette phrase hélée au vol d'une conversation de salon :

    "L'art a perdu son intégrité et son sens, normal qu'il soit gratuit" (sur Internet).

    Ainsi ne soit-il pas.

     

     

     

     

     


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