• Parasitage

     

     

                                 Des gens comme les autres                                   De l'influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites

     

    Scénaristes et acteurs passent derrière la caméra avec des bonheurs divers. Généralement, les acteurs réussissent mieux sur la durée le saut vers la réalisation. Je pense notamment à Robert Redford et à Paul Newman, qui ont signé des œuvres sensibles et ancrées dans le quotidien dès leurs débuts. Des gens comme les autres et De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites tiennent encore admirablement la route 42 et 34 ans après leur sortie. Ces films scrutent la famille américaine en crise et bénéficient d’une remarquable direction d’acteurs sous la houlette de metteurs en scène en pleine connivence avec leurs pairs.

     

    Omar m'a tuer        La réalisation réussit également à Roschdy Zem. Après Omar m’a tuer, film engagé sur l’instruction à charge d’un jardinier d’origine maghrébine, accusé d’avoir tué sa patronne, l’acteur français s’intéresse à l’univers particulier du culturisme dans     Bodybuilder  (sortie le 1er octobre en France et en Belgique). Il réussit un film réaliste avec le champion du monde senior en tête d’affiche.   

     

    J’avais beaucoup aimé Dans la vallée d’Elah, de Paul Haggis, le scénariste de Million Dollar Baby. Je me suis donc rendu les yeux fermés à la vision de presse de son dernier film, Puzzle (The Third Person, sortie le 1er octobre en Belgique uniquement).

     

                                                                        Third Person

    Je n’ai pas prêté attention à l’histoire, me fiant à la valeur sûre du scénariste, mais j’avais noté l’éclatante distribution : Liam Neeson, Adrien Brody, Mila Kunis, James Franco, Kim Basinger, sans oublier la pulpeuse Moran Atias.

    Le film montre un écrivain, apparemment en panne d’inspiration, rédiger un journal intime censé nourrir son prochain livre. On suit une kyrielle de personnages à Paris, New York et Rome. Rapidement largué par l’entremêlement complexe des intrigues, je me suis obstiné à chercher les points communs entre les protagonistes. Je me demandais comment Haggis allait finir par réunir ces destins éparpillés. Cette obsession a parasité ma vision. Plusieurs contradictions dans le déroulement des histoires alternées m’ont également énervé. Bref, le film m’a paru interminable (2h17’) et j’ai loupé la clef du dispositif imaginé par le scénariste roué.

    Les lumières rallumées, mon voisin me souffle, « mais enfin pourquoi donne-t-il si tôt la clef du film, après 35 minutes, quand l’écrivain dit … » J’ai acquiescé sans mot dire, consterné de ne pas avoir saisi l’astuce éventée rapidement. Je me suis immédiatement demandé comment j’aurais vécu le film si j’avais été aussi perspicace que mon copain. Je ne pousserai pas le zèle jusqu’à revoir ce Puzzle tarabiscoté. Ma projection du jour a été un exercice purement intellectuel. J’ai laissé l’émotion au vestiaire, agacé par l’artifice d’un scénario saturant la texture du film. L’humeur du moment conditionne indiscutablement la jouissance de la séance.

     

                                                                  

     

     


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