• Orfèvre dans l'âme

     

    En ce dimanche peu inspiré, l’idée me vient d’assembler un texte sur le montage à partir de citations sur la façon de monter un film et d’élaborer une narration de film après une projection.  Je contourne ainsi la difficulté de rédiger un article trop éprouvant pour mes neurones paresseux. Je rends ainsi hommage au monteur, clé de voûte d’un long-métrage.

     

    Michael Ondaatje - Conversations avec Walter Murch.             «J’ai toujours été intéressé, jusqu’à l’obsession

    peut-être, sur le fossé en apparence  infranchissable  qui sépare le premier brouillon d’un livre, le premier jet d’un film, de l’œuvre achevée. Comment se déroulé concrètement le périple de l’un à l’autre ? »

    Le monteur  Walter Murch répond brillamment à cette question de l’écrivain Michael Ondaatje  dans quatre entretiens étalés sur l’année 2000, publiés sous le titre sobre  « Conversations avec Walter  Murch, l’art du montage cinématographique. Je vous recommande la lecture de cet  ouvrage passionnant né de la rencontre des deux créateurs  sur le tournage du Patient anglais.

    « Walter a collaboré à des œuvres qui sont devenues capitales dans l’histoire culturelle de notre époque (Trilogie du Parrain, Apocalypse Now, Conversation secrète, American Graffiti…). Et lorsqu’il évoque ces œuvres, il s’attache plutôt à décrire les techniques pour résoudre un problème ou rendre un passage plus fort. »

    The Conversations: Walter Murch and the Art of Editing Film Exemple : un changement imperceptible à la septième minute peut avoir des répercussions –voire sauver-.                                            une scène à la cinquante-troisième.

    Résultat de recherche d'images pour "walter murch" « Le monteur peut passer des heures à étudier et peaufiner un geste esquissé par le personnage. Il connaît les acteurs de façon si détaillée et minutieuse qu’il sait même tirer profit de leur signes subliminaux pour rehaussser leur jeu.  Certains acteurs vont tourner la tête à gauche avant de dire MAIS, ou cligner de l’œil sept fois de suite lorsqu’ils réfléchissent. »

    En montage, Walter Murch  visionne encore et encore tout le matériau disponible pour une scène. L’agencement des plans dépend d’une compréhension instinctive des acteurs.

    « Il faut avoir – et entretenir- une connaissance intime, profonde des acteurs. Dans un registre très limité, on en arrive à les connaître mieux qu’eux-mêmes, et probablement mieux que quiconque au monde. On les voit en lecture avant, en lecture arrière, à 24 images par seconde, à 48 images par seconde, encore et encore et encore. On les étudie comme un sculpteur étudie un bloc de marbre avant de choisir l’endroit où il portera le premier coup de ciseau. Par conséquent, je dois connaître toutes les veines cachées, les forces et les faiblesses du bloc sur lequel je travaille afin de savoir où placer mon ciseau.»  

     

    Du grand Art!

    Walter est un citoyen du monde, éclectique dans ses goûts et ses occupations. Fils d’un peintre, il compose des pièces pour piano, traduit Malaparte en anglais et ne regarde jamais la télévision. Il ne va pas au cinéma non plus quand il monte un film, c’est-à-dire onze mois sur douze.

     Ici raccord cut  (passer d’un plan à un autre sans effet de liaison)  Le vocabulaire du cinéma - 4e édition

    «Le montage a le plus souvent une fonction  narrative. Il consiste à découper une scène en plans filmés de différents  points de vue, qui instaure des relations à la fois sémantiques et formelles entre les plans successifs par le jeu et l’alternance des points de vue (dans le champ-contrechamp par exemple) et par les raccords.»  (in Le vocabulaire du cinéma, Marie-Thérèse Journot, Armand Colin).

      Résultat de recherche d'images pour "marie-thérèse journot"

    Nous aussi spectateurs, nous devenons des monteurs lorsque nous racontons un film après l’avoir vu.

    Je tire le fil du film et je dénoue ma pelote intérieure. Je raconte ce que j’ai vu, ce que j’ai éprouvé, ce que j’ai perçu. Je transforme la continuité d’images en un récit oral, articulé de mes mots. Je rembobine un court-métrage personnel. Le débit bégaie avant de se couler dans une parole vive épousant le film monté  au gré de l’éclosion de mes visions intérieures. (Le cinéma,  une douce thérapie, Ed. Chronique sociale).

                                              Un brin de promotion

    Je sélectionne des séquences marquantes, je les relie et je me fais mon film. Et si nous sommes plusieurs à remonter et à nous approprier l’oeuvre originale, nous composerons peut-être une troisième version commune.

    « Nos récits nous disent, nous fondent, nous façonnent et façonnent nos relations. Nos  narrations structurent l’expérience vécue. Elles donnent un sens à nos actes et aux événements. L’existence est un chapelet d’expériences enfilées en récits. »

    Regarder un film, le raconter à sa façon, le transformer avec d’autres spectateurs, amorce une version originale de soi. C’est ce que j’entends initier  dans l' Atelier de ciné-thérapie du 6 juin prochain.

     

                                                  Devenir monteur d’une version originale de soi.

                                                     Quitter le discours dominant construit par la société

                                                            Sortir du scénario dominant de vie

                                                             Amplifier les versions alternatives 

     

     

     

     

     

     

     

     


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