• On n'aime jamais trop

     

    Le cinéma puise volontiers  ses thèmes d'inspiration dans la réalité. Et parfois la réalité reprend le dessus. Agnès Le Roux a disparu en novembre 1977. Sa mère mène une croisade judiciaire trente ans après la perte de sa fille. Elle veut la peau de l'assassin supposé d'Agnès, l'ex-avocat du Casino Palais Méditerranée de Nice. Acquitté, condamné, Maurice Agnelet a été  accusé par son fils du meurtre d'Agnès lors d'un nouveau procès au moment où André Téchiné terminait la post-production de "L'homme qu'on aimait trop"(sur les écrans le 16 juillet en France et le 23 en Belgique),inspiré des mémoires de la mère d'Agnès.      

                

    On n'a jamais retrouvé le corps d'Agnès, ni prouvé formellement la culpabilité de l'avocat séducteur, qui s'est pourvu en cassation contre le dernier verdict le condamnant.

    L'énigme passionne moins Téchiné que l'écheveau affectif et familial dans lequel se débat Agnès, poussée à trahir sa mère par désir de s'affirmer et par besoin éperdu d'amour et de tendresse. J'ai finalement aimé "L'homme qu'on aimait trop" parce qu'un récit linéaire des tourments de la famille Le Roux m'a permis d'épaissir les motivations psychologiques de protagonistes en proie à la haine, l'amour et l'esprit de revanche.

     

    Agnes Le Roux Maurice Agnelet montage 140406

    Agnès en 1977                    Maurice en 2014

      Adèle Haenel    Guillaume Canet

    Adèle Haenel                    Guillaume Canet

     

    J'ai meublé les blancs d'une réalisation se refusant à installer une tension narrative. L'émotion au vestiaire, j'ai eu le temps d'imaginer les contours psychiques d'êtres aux attitudes intrigantes et de repenser à ce qui m'avait mis en mouvement vers cette vision de presse sur le coup de midi.

    En lisant le scénario, je me suis souvenu avoir suivi à l'époque la guerre des casinos dans la presse française. Le refrain de Que sera, que sera  m'est également revenu en tête, par analogie avec le titre. C'était la chanson titre de "L'homme qui en savait trop", de Hitchcock (1956), chantée inlassablement par ma mère, avec une pointe de mélancolie dans la voix.

    Curieux détours qui  guident vers une salle de cinéma, presque malgré soi. Ces bouffées de mon passé m'ont amené à plonger dans l'histoire d'une famille, plongée qui a enrichi mon histoire de vie.

     

       L'Homme qu'on aimait trop

    Le cinéma, une histoire sans fin!


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