• Nuits d'éveil

    Insomnie : nie le sommeil (som) en moi (in).


    L’insomnie laisse poindre la somme en moi,ce que nous sommes et pouvons être. Je ne retiens de l’insomnie que les veilles nourricières, qui relient les bribes éparses de nos tourments, qui éclaircissent nos soucis. Les pensées carambolent à folle allure, tellement choquantes qu’elles nous poussent au lever pour coucher sur papier ces enchaînements d’idées voués à l’éphémère s’ils ne sont inscrits bleu sur blanc.


    Dans Insomnia, un enquêteur (Al Pacino)

     

    vit trois jours sans dormir, dans les journées sans nuit de l’Alaska. La lumière persiste deux mois ininterrompus dans le grand Nord. Les idées du policier s’emmêlent, il perd le nord et ne voit plus clair au long de ses fausses nuits. De surcroît, un brouillard épais opacifie la traque d’un tueur. Le héros est las, fatigué de vivre. L’insomnie le maintient sur le qui vive, mais il subit le non-sommeil au lieu de le sonder au plus éveillé de son être.


    Un médecin me disait que si l’on dort six heures et demie d’une traite, la nuit est faite. Six heures trente, c’est rassurant.  Aujourd’hui, mon compte est bon. Et puis, l’insomnie ne me dérange plus depuis que j’ai lu un texte extraordinaire d’Anne Dufourmantelle (citée et en lien dans l' article du 12 septembre). La philosophe analyste pose que l’hospitalité à l’insomnie donne accès « à une autre solitude, ni accablante, ni coupable… ». L’insomnie ouvre une porte au cœur de la nuit.

     

     

                                                      
                   


    « Car si la nuit est la terre de nos peurs, elle est aussi une réserve inépuisable    d’idées, de rêves, d’inventions que de manière inattendue l’insomnie nous fait parcourir à rebours. Consentir à l’insomnie ; l’espace intérieur est à ce prix. L’amour peut-être aussi."                                                                            (Extrait de En cas d'amour, Ed. Rivages poche/Petite Bibliothèque, 2012).

     

     

    L’insomnie créative, nous voilà bien loin du trouble du sommeil néfaste. Anne Dufourmantelle manie doucement le contrepied au fil d’une œuvre riche, dense, sensible, d’une lisibilité qui séduit les plus réfractaires à la philosophie et à la psychanalyse. Elle aime les récits surprenants et émouvants.

    « Le fait de nommer les émotions, de redonner une histoire, une couleur, une vérité à un événement et de le partager avec un autre, est déjà en soi thérapeutique.» (in Se trouver, Ed. JC Lattès, 2014).


    Cette citation constitue un tremplin idéal vers les ateliers de ciné-thérapie que j’animerai à partir de novembre prochain.
    De l’histoire du film à mon histoire du film,
    De mon histoire du film au film rembobiné de mon histoire.


                                                           Et si on se racontait un autre film…


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :