• Natale attraction

     

     

    Enfin  pouvoir parler d’un film à peine sorti. L’envie était vive, l’appétit bien aiguisé et le souci aussi de répondre au cri d’alarme des exploitants de salles, j’y reviens plus bas.

     

                                                             L'Enfant rêvé : Affiche

    Donc, à 12h15, je suis curieux de découvrir L'enfant rêvé. J’avais apprécié les deux films précédents de Raphaël Jacoulot , j’aime bien Jalil Lespert (de plus en plus clone de Gérard Lanvin) et le thème m’intéressait sur le désir d’être père. Noémie et François veulent un enfant mais il se fait attendre, au point d’envisager l’adoption. Une assistante sociale sonde le futur papa.

    - Pour vous, c’est quoi être père ?

    - C’est… c’est… être là, près de lui, pour lui,  construire un environnement pour qu’il s’épanouisse.

    François est bien embarrassé. Quand il a rencontré Noémie, il lui a dit immédiatement qu’il voulait des enfants, un fils en particulier, avec l’idée latente de transmettre la scierie familiale. Seulement, son désir forcené de paternité le pousse aux pires idioties. J’ai rarement vu un personnage au cinéma aussi irritant et aussi couard, disons-le franchement. Les images de forêt sont très belles, le travail de la scierie, très bien rendu, mais le versant psychologique de ce mélodrame forestier s’effiloche dans les copeaux.

     

                                                       L'Enfant rêvé : Photo Jalil Lespert, Louise Bourgoin, Mélanie Doutey

            « L’enfant rêvé n’est jamais celui que vous avez imaginé », prévient une deuxième assistante sociale.

    Effectivement, j’attendais mieux, beaucoup mieux que cette histoire d’un projet égoïste, irrespectueux des êtres, insupportable pour l’enfant à naître, livré d’emblée à une vie bancale.  La seule bonne surprise, c’est Mélanie Doutey (Noémie), d’une sobriété exemplaire dans le rôle d’une femme fragile et déterminée.

    La déception est grande ; mon souci soutenir le cinéma en salle prend un coup dans l’aile. Les bons films sont rares. En outre les locomotives américaines restent en gare. Le vingt-cinquième James Bond est reporté au 31 mars. Les recettes de Tenet, seule grosse production sur les écrans, sont insuffisantes aux yeux d’Hollywood. Du coup, l’écurie US retient ses chevaux. Sa part de fréquentation a reculé de 88% en France sur la période juillet-septembre tandis que les films français ne cédaient que 14%.

     

                                                         Post partum : Photo Mélanie Doutey

    Il y a d’ailleurs sept productions hexagonales dans les dix meilleures recettes de la semaine, dont six comédies..., mieux vaut en rire. Les chiffres globaux sont consternants : 94 millions de spectateurs en moins en France au cours des trois premiers trimestres de 2020. La décrue avait commencé dès le début de l'année, avec 20% de recul en janvier et février. Si les distributeurs continuent à retenir leurs films vedette, le serpent continuera à se mordre la queue.

    Ma femme et des amis m’ont convaincu d’aller voir Mon cousin, en haut de l’affiche cette semaine. J’y vais avec des yeux de plomb. Le meilleur sera certainement le repas pris ensemble après la projection. Au moins le cinéma nous extrait de notre retraite sanitaire.

     

     

     

     

     


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