• Musique maestro, s'il vous plaît

    La fouille systématique d’un revendeur de DVD réserve de belles surprises.

    Le directors’ cut de Blade Runner,   Blade Runner

     

    par exemple, avec la fin tel que l’avait conçue Ridley Scott avant que les producteurs d’Hollywood n’exercent leur droit de final cut, censé répondre aux goûts présumés du public.

    Ou encore Nocturne Indien

     

                                                                              Nocturne indien

    que je cherche depuis des années

    et     

                                        La Double vie de Véronique                      

     

    Quelle joie de pouvoir revoir ces films quand bon me semble.

    Dans le lot raflé avec jubilation, une curiosité : Quand j'étais chanteur accompagné de la musique et de quelques dialogues du film, gravés sur un CD. Depardieu joue un chanteur quinquagénaire qui égaye les bals populaires et les fêtes d’entreprise. Il rencontre Marion (Cécile de France) et tente sa chance. Alain revendique sa ringardise.

    « Je deviens ringard parce que je dure. Les chansons disent toutes la vérité, surtout quand elles sont sentimentales.»

                                                                                       Quand J'étais Chanteur : photo Cécile de France, Gérard Depardieu, Xavier Giannoli

    En écoutant ces extraits de dialogue, je revois illico ce couple improbable de la belle Marion et du chanteur ventripotent, fier de sa carrière de marchand de  bonheur. La bande originale reprend les tubes de Delpech, chantés crânement par Depardieu ainsi qu’une une suite symphonique  d'Alexandre Desplat que je n’arrive pas à resituer dans le film. Cette pièce de 9 minutes charrie une douce mélancolie.

    La musique au cinéma est souvent plus vibrante qu’une musique composée sans le soutien des images, comme si elle rendait l’émotion éprouvée par le compositeur à la vision du film. Le plus souvent, la musique intervient après le tournage. Pourtant, Ennio Morricone a écrit une des plus belles partitions mises à l’écran en écoutant simplement Sergio Leone lui raconter Il était une fois en Amérique. Ennio a réfléchi à l’histoire, a écrit la musique, enregistrée avant le premier clap avec l’aval du réalisateur. Le monteur a veillé à suivre le rythme des morceaux.

    En 2013, l'exposition Musique & Cinéma, le mariage du siècle, se demandait ce qu’est une bonne musique de film. Est-elle seulement au service de l’image ou a-t-elle une identité propre ? Doit-elle se faire entendre ou se faire oublier ? Images et musique font corps. Tantôt elle souligne une émotion, tantôt elle est son contrepoint. Parfois la musique vous emporte, parfois elle angoisse. Toujours, elle amplifie l’image, l’émotion, le rêve.

    Il y a des musiques qui restent. Les moulins de mon coeur

     

    dans l'Affaire Thomas Crown   (version anglaise)                                   

     

                                                                        l-affaire-thomas-crown

     

    l'air lancinant qui soutient les pérégrinations pédestres de Marlène Jobert et de Lino Ventura à la recherche d’une fillette dans Dernier domicile connu. Dernier domicile connu

    Je salue au passage François de Roubaix, trop tôt disparu. En dix ans, il a signé de magnifiques  compositions pour le cinéma français, telles Le Vieux fusil et Les Aventuriers                                                                                                                               Les Aventuriers

    Plus le musicien est impliqué dans la confection du film, plus la musique joue un rôle moteur dans le cours du long-métrage

    Bruno Coulais notamment a été étroitement associé à l’avènement de   Les Adieux à la reine

     

     

    Il a écrit un concerto avant le tournage, diffusé pendant les prises de vue. Les acteurs apprenaient leur rôle en écoutant la musique. Bruno Coulais et Benoît Jacquot ont travaillé ensemble trois fois.

    Des tandems se créent et traversent l’histoire : Leone/Morricone;  Fellini/Rota; Truffaut/Delerue ; Hitchcock/Hermann ; Burton/Elfman…

    Certains réalisateurs recourent à des musiques préexistantes, comme Woody Allen depuis 1975. Ils remettent des grands compositeurs à l’honneur. Les « classiques » servent étonnamment le cinéma. Impossible de dissocier Richard Strauss des images primitives et  sidérales de 2001, L 'odyssée de l'espace  ou Gershwin nimbant l'ouverture de Manhattan.

     

                                                                        Les musiques de films sont éternelles.


  • Commentaires

    1
    Xavier
    Mercredi 29 Octobre 2014 à 19:02

    Dans le rayon des musiques de film, je repense à "La dernière tentation du Christ"... Voilà un mariage du son et de l'image fabuleux! Non?

    2
    Jeudi 30 Octobre 2014 à 05:52

    Venant de toi, je prends inconditionnellement. Mais je n'ai jamais été tenté de voir la Tentation. Pardonnez-moi, Seigneur.

    Merci du conseil. Pat

     

     

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