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                                  Mise à Mort du Cerf Sacré : Affiche

    À la fin de Mise à mort du cerf sacré (1er novembre), je me suis demandé ce qui m’avait poussé une fois encore à voir un film qui je le pressentais, allait me déplaire. J’étais pourtant prévenu. J’avais regardé la veille le début de The Lobster sur le petit écran. J’ai tenu une petite demi-heure. Yorgos Lanthimos provoque le spectateur jusqu’à l’immerger dans un malaise irrépressible. Son cinéma est glacial et glaçant, regard clinique sur une famille lisse et impersonnelle, engoncée sous le vernis de la réussite clinquante. Le fils d’un patient mort entre les mains du père chirurgien ensorcèle les deux enfants du couple. Le bistouri coupable est sommé d’exécuter un membre de la famille pour lever le sort. La loi du talion orchestre un récit morbide. La blancheur uniforme des décors et des lieux accentue la froideur ambiante.

    Une citation de Charles Juliet monte en ligne :

    Un artiste qui ajoute à ce que notre société a de plus déliquescent, est comparable au médecin qui, au lieu de soigner un malade, s’emploie à aggraver sa maladie.

    Mise à Mort du Cerf Sacré : Photo Colin Farrell, Nicole Kidman

    J’aimerais voir le talent indéniable du réalisateur grec se déployer dans une vision plus nuancée de l’être humain. Ce sujet tordu ne provoque que dégoût et rejet. Et s’il fallait ranger la Mise à mort dans une catégorie, ce serait celle des films repoussoirs stériles. Cette dissection de l’inhumanité abaisse la vibration vitale globale. Remuer avec délice les bas instincts ajoute à la déprime générale.

    Ça sert à quoi, tout ça ?
    Ça sert à quoi, tout ça ?
    Ne me demandez pas de vous suivre.
    Ça sert à quoi, tout ça ?
    Ça sert à quoi, tout ça ?
    Il nous reste si peu à vivre,  

    chante Maxime Le Forestier.

    Je décide de baisser mes exigences d’éclectisme cinéphile et de suivre mon bon plaisir. Donc, je bouderai A Beautiful Day de Lynne Ramsay, qui avoue une tendance marquée à sonder la part obscure de l’homme. J’avais détesté We Need To Talk About Kevin, portrait d’un sociopathe en rupture de ban avec sa mère. Comme Lanthimos, Lynne Ramsay recueille les faveurs de la presse spécialisée. La critique cherche le sensationnel, la nouveauté, la mise à nu des penchants les plus abjects. Sans moi ! Marre de ces films qui gèlent le cœur et atrophie l’empathie envers l’Autre.

    Ciné  Story Spécial Angoisse                                                        Le cinéma a toujours eu un faible pour les monstres et la monstruosité humaine. La revue Ciné Story dresse un inventaire exhaustif des toiles de l’angoisse dans un numéro spécial. La peur sur grand écran a généré des chefs d’œuvre, en résonance avec notre anxiété innée. Voir ses peurs exposées en miroir désamorce l’angoisse latente qui nous mine à notre insu, amplifiée par les bruits chaotiques du monde. Il est temps de distinguer les films édifiants des films consternants et de restituer aux premiers l’attention gaspillée avec les seconds. Mon attention se porte prochainement sur L'atelier et Le petit paysan.

     

     

     

     


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