• Mélodie douce-amère

     

    Le titre est long et ne sera pas traduit, peut-être même pas distribué en France où il est annoncé « prochainement ». The Only Living Boy In New York a trouvé une case dans la programmation belge le 11 octobre. Une envie de légèreté m’a poussé à voir ce film « indie » à la sauce Noah Baumbach ou Woody Allen. Donc, au menu : la grosse Pomme, bavardages à gogo et doutes existentiels, le tout recouvert d’un vernis bourgeois. Le principe d’un indie (indépendant), c’est d’exister avec peu de moyens, hors des sentiers battus de tournage. Néanmoins, Marc Webb s’offre une belle distribution avec Pierce Brosnan, Jeff Bridges, Kate Beckinsale et le prometteur Callum Turner.

    Les interrogations métaphysiques prennent une tournure inattendue à la moitié du récit des aventures de Thomas, vingt-deux ans, satisfait de flotter dans une vie aux contours assez flous. Jusque là, j’avais un sentiment de déjà vu. Le jeune désœuvré est amoureux de Mimi qui se contente d’une amitié complice. Lors d’une sortie en amis, ils surprennent le père de Thomas en compagnie d’une beauté canon, plus jeune que le père mais moins âgée que la mère, fragile et déprimée.

    Preux chevalier,Thomas entend protéger sa mère. Il entreprend la splendide Johanna sur le mode « c’est pas beau ce que vous faites ». Vous devinez la suite… Oui, c’est bien ça… Ensuite ça se corse et  là, ça devient vraiment intéressant.

    Puisque la parole abonde, je vous livre quelques petites phrases bien senties. Celle de Johanna quand Thomas lui fait la leçon.

    * Vous êtes encore innocent,Thomas et  vous n’avez aucune idée de la façon dont le monde fonctionne. Vous ne connaissez rien à la monstruosité de la vie (au début, ils se vouvoient).

    * Pas question pour le père de renoncer à sa belle aventure. Il avait trop souvent renoncé dans le passé pour renoncer à son futur (en voix off d’un narrateur, par ailleurs énigmatique mentor de Thomas).   

                                      

    La mère de Thomas, lucide, à son fils :

    * Tu connais la distance la plus éloignée sur la terre : celle entre la vie que tu vis et la vie que tu avais rêvée.

    Et deux petites perles de WF, le voisin philosophe, guide spirituel de Thomas :

    * La vie est aléatoire comme elle est délibérée, drôle autant que tragique.

    * Laisse la vie faire les choses, trouve un créneau, et bondis.        

                                       

    Thomas prend des râteaux, s’accroche, séduit et grandit au fil de ses déboires.  Au risque de perdre sa pureté, chère à Mimi, qui le voit si différent du cynisme new-yorkais, au point de rompre avec son petit ami et de déclarer sa flamme à son grand ami Thomas. Je ne dévoile rien, ce n’est qu’une péripétie de la deuxième partie très enlevée de la chronique d’un petit monde à double fond.

    Mark Webb saisit la lumière chaude nimbant les gratte-ciel, avec toujours une trouée de verdure entre les géants de verre et de béton. Une âme romantique bat sous les cœurs de pierre. Certains suivent leurs pulsions, d’autres les dénient, d’autres encore assument leurs responsabilités.

    Le destin tisse sa partition dans les accords ténus d’un piano judicieusement placé, tandis que Simon & Garfunkel chantent la mélodie éponyme du film. Douceur et mélancolie estompent mon vague ennui initial. J’étais toujours curieux de connaître la suite, j’ai apprécié le rebondissement inattendu, véritable cachet de cette ballade à NY. En finale, une image émouvante pour moi, probablement jusqu’à mes derniers jours : une conversation tranquille entre Thomas et son père, au crépuscule, dans les allées de Central Park.

                                 

     

     

     

     

     

     

     


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